• Malgré l’élimination toulousaine, le talonneur néo-calédonien a réussi son test au plus haut niveau, lui qui n’était pas un premier choix au début de la saison. Photo Icon Sport
    Malgré l’élimination toulousaine, le talonneur néo-calédonien a réussi son test au plus haut niveau, lui qui n’était pas un premier choix au début de la saison. Photo Icon Sport
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Champions Cup

Le grand bain

Propulsé premier choix à son poste après les blessures de Marchand et Ghiraldini, il a vécu un apprentissage express du très haut niveau. Et a encore répondu présent dimanche.

C’est l’histoire d’une vie qui a basculé un dimanche de décembre 2018. Un coup de fil apprenait à Peato Mauvaka le décès brutal de son papa, en Nouvelle-Calédonie. Un monde qui s’écroule à seulement 21 ans. "Tellement hâte de te retrouver. Je t’aime de tout mon cœur. Repose en paix mon père d’amour", écrivait-il en son hommage, quelques heures plus tard, sur Instagram. Une semaine folle s’en suivait. Sept jours après cette disparition dramatique, le Stade toulousain se déplaçait à Clermont et le staff avait prévu d’y titulariser Mauvaka. Le lundi matin, au centre d’entraînement d’Ernest-Wallon où le talonneur était réconforté par l’ensemble de ses partenaires, le joueur a pourtant prévenu ses entraîneurs qu’il souhaitait disputer le match face à l’ASMCA. À cet instant, il hésitait même à traverser la planète pour assister aux funérailles. Ugo Mola et ses dirigeants ne se voyaient pas le priver de cette volonté au milieu d’une telle épreuve et ont tout mis en œuvre pour assurer son aller-retour à Nouméa. Le dimanche, il portait le numéro 2 dans le dos au Michelin. Voilà qui fait grandir un homme, au-delà même d’un joueur. Et la carrière de Mauvaka s’est encore accélérée dans les mois suivants. Freiné par des blessures à répétition ces dernières années qui l’ont empêché d’exprimer pleinement son immense potentiel, le Calédonien faisait office de troisième choix à son poste en début d’exercice, derrière le capitaine Julien Marchand et l’international Leonardo Ghiraldini. Son objectif : apprendre auprès d’eux et poursuivre sa progression visible à partir de novembre avec des apparitions tonitruantes. "Peato est en train de franchir un cap, vous avez pu voir ses entrées en jeu", disait même William Servat en décembre. Ceci dans un style puissant et habile rappelant celui de Christopher-Eric Tolofua à ses débuts en rouge et noir. "Il a des qualités d’explosivité, de vitesse et de technique individuelle assez exceptionnelles, expliquait récemment Michel Marfaing, responsable sportif du centre de formation. Il a cette capacité à manier le ballon un peu dans tous les sens."

Un gage pour l’avenir

Les choses se sont précipitées pour lui durant le dernier Tournoi des 6 Nations qui a terrassé Marchand et Ghiraldini, tous deux opérés d’un genou et dont la saison est finie. Mauvaka propulsé en première ligne. Avec forcément un doute quant à sa capacité à répondre présent dans les rendez-vous à très haute intensité. La réponse, à la U Arena lors du quart de finale européen remporté à quatorze contre quinze, fut cinglante. En soixante-treize minutes sur le terrain (impressionnant pour un talonneur), Mauvaka a été colossal. Remportant tous ses duels et plaçant son équipe dans l’avancée, en plus d’être irréprochable sur ses lancers. Un gage pour l’avenir, trois semaines avant son deuxième test grandeur nature à l’Aviva Stadium. Plus fort encore. Et Mauvaka a de nouveau été à la hauteur des attentes, malgré la logique défaite des siens. D’abord en allant gratter un ballon et récupérer une pénalité dès la 2e minute. Surtout, alors que son équipe était clairement sous pression dans le premier acte, il fut l’un des Toulousains les plus en vue. Toujours disponible et dominateur à l’impact jusqu’à sa sortie à la 62e, il a définitivement prouvé qu’il était taillé pour les sommets. Rendez-vous est pris.

Midi Olympique
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