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    En contact avec le Racing 92, Kieran Read a préféré s’engager avec les Toyota Verblitz. Icon Sport -
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International

Le Japon est-il vraiment un eldorado durable ?

Créé en 2003, le championnat japonais s’est taillé une réputation mondiale en se montrant capable de recruter les plus grandes stars. Mais qu’en sera-t-il après le mondial ?

Fondée en 2003 selon la volonté de l’ancien sélectionneur japonais Hiroaki Shukuzawa, la Top League n’avait pas pour vocation d’attirer les plus grandes stars du rugby mondial. Au contraire, elle visait à améliorer le niveau des joueurs nippons pour rendre la sélection nationale des Cherry Blossoms (rebaptisés Brave Blossoms) plus compétitive. Encore aujourd’hui, le championnat nippon se veut protectionniste. Par exemple, une équipe de Top League peut aligner un maximum de sept joueurs étrangers sur sa feuille de match dont trois internationaux, avec un joueur originaire d’un autre pays asiatique (Hong Kong, Corée, Chine, etc.).

En clair, même si une équipe est suffisamment riche pour enrôler les meilleurs joueurs de la planète, elle ne pourra jamais empiler ses stars dans son XV de départ. Idem pour les étrangers non capés, parfois si nombreux dans nos équipes de Top 14 ou de Pro D2. La Top League limite volontairement leur présence pour qu’au moins quatorze joueurs nippons figurent sur la feuille de match.

Des moyens financiers colossaux qui ne sont pas près de tarir

Heureusement que ces règles existent. Car n’importe quelle équipe de Top League dispose de la puissance financière nécessaire pour se composer une équipe de rêve. Pourquoi ? Parce qu’il faut rappeler que la Top League n’est pas un championnat de clubs, mais d’équipes corporatives des plus grandes entreprises japonaises. Un exemple ? Le plus petit d’entre eux (hormis Sanix) n’est autre que Yamaha Motors dont le chiffre d’affaires ne pèse pas moins de 14 milliards de dollars, soit 12,45 milliards d’euros. L’équipe de rugby de l’entreprise fait donc partie de sa stratégie de communication, exactement comme le font ou le faisaient des groupes comme Sky ou US Postal avec leurs équipes cyclistes dotées de budgets colossaux et bardées de stars. Les autres groupes tels que Toyota (Verblitz), Kobelco (Steelers), Panasonic (Wildknights) ou Suntory (Goliaths) sont encore plus riches, et n’auraient aucun mal à débloquer un million de d’euros pour recruter un Beauden Barrett par exemple. Kobelco a d’ailleurs déboursé 1,7 million d’euros par an pour faire revenir Dan Carter…

Alors, cet eldorado sera-t-il durable ? Survivra-t-il après le Mondial qui se tiendra du 20 septembre au 2 novembre prochain ? De l’extérieur, on pourrait croire que le rugby japonais vacille, surtout depuis l’annonce en mars dernier de la disparition de la franchise nippone des Sunwolves prévue pour 2021. Seulement, cette décision n’impactera pas les équipes de ses géants de l’industrie ou des télécommunications. D’abord parce que ces derniers n’ont jamais vraiment soutenu cette franchise dont l’effectif est trop international pour être qualifiée de Nipponne, ou même au service de la sélection nationale. Et ensuite parce qu’à moins d’un incroyable krach boursier, ces groupes gigantesques ne sont pas près de s’effondrer.

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