• De retour sur les terrains, Charles Ollivon se donne à fond pour son club avant de penser à l’équipe de France. Photo Icon Sport
    De retour sur les terrains, Charles Ollivon se donne à fond pour son club avant de penser à l’équipe de France. Photo Icon Sport
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La résurrection de Charles Ollivon

Alors que l’on craignait pour la suite de sa carrière, Charles Ollivon est de retour à la compétition depuis plus d’un mois. Personnage atypique, le troisième ligne retrouve peu à peu son niveau.

La joie. Le simple bonheur de pouvoir à nouveau fouler les pelouses crampons aux pieds. Depuis son retour à l’entraînement avec le RCT, courant février, un large sourire barre le visage de Charles Ollivon. Débordant d’envie. Le troisième ligne truste d’ailleurs les premières places sur chaque exercice physique et s’envoie comme un malade, durant la semaine comme en match. Loin des doutes et des craintes liés à sa rechute en septembre dernier. Alors qu’il avait passé toute la saison dernière loin des terrains, en raison d’une fracture à l’omoplate gauche, le gaillard de deux mètres était revenu à la compétition en août, récupérant même le brassard de capitaine, en l’absence de Mathieu Bastareaud. Jusqu’à ce jour où, sur un contact presque anodin à l’entraînement, il s’est effondré sur la pelouse de Berg. Quand d’autres auraient pu tout envoyer bouler, le Basque de 25 ans s’est accroché. Une nouvelle opération, une rééducation et le voilà de retour. "Charles est un joueur et un garçon atypique. Quand je l’ai eu, il n’était pas encore prêt pour jouer au haut niveau, mais il avait déjà ce tempérament. Il a montré tout son caractère dans cette épreuve. Le voir de retour, c’est avant tout une très bonne nouvelle pour lui, mais aussi pour son club et l’équipe de France", constate Thomas Lièvremont, qui l’a repéré dans les équipes de jeunes de l’Aviron bayonnais, avant de le faire monter avec les professionnels en 2011. L’ancien troisième ligne international se veut élogieux envers son ancien protégé. "Il a une vraie fraîcheur mentale. Il n’est pas gangrené par les rouages du rugby professionnel. Dans ce milieu de plus en plus aseptisé, c’est bien d’avoir des gars comme lui. Ce n’est pas forcément une grande gueule, mais il dit les choses, il est cash." Un profil qui fait l’unanimité dans les vestiaires. "Ça fait du bien au groupe de voir un joueur comme lui revenir. Tout le monde s’entend bien avec lui, il va donner le meilleur de lui-même et vite retrouver son meilleur niveau", assure d’ailleurs Anthony Meric, demi de mêlée du RCT.

Un profil atypique

Dans cette saison galère, la blessure de Charles Ollivon a été un premier coup dur pour Patrice Collazo et son staff. Suite au départ de Duane Vermeulen, le Basque devait être le numéro 8 de cette équipe, en plus d’un de ses capitaines. "Quand tu vois quelqu’un comme lui, qui s’envoie, qui n’a rien fait de mal et malheureusement connaît toutes ces blessures, c’est dur… Mais nous sommes contents de l’avoir avec nous désormais, il met de la concurrence, car c’est un sacré joueur, je le pense vraiment. Je suis content pour lui, j’espère que tout ça est derrière lui, qu’il va bien s’amuser car il a envie", lançait Juan-Martin Fernandez Lobbe, entraîneur adjoint du RCT et ancien coéquipier d’Ollivon. "Tout le monde connaît ses qualités. Il nous a énormément manqué. Il rentre dans le groupe avec beaucoup d’enthousiasme, il ne faut pas non plus le surcharger de responsabilités dès son retour. Laissons le reprendre tranquillement", expliquait de son côté Patrice Collazo, juste avant de titulariser à la dernière minute son joueur face à Montpellier, le 7 mars dernier. Un retour dans le plus grand secret, organisé par le manager varois afin de protéger au maximum son numéro 8. Pari réussi. Et si tout le monde loue son caractère et son profil de leader, Ollivon n’en demeure pas moins un joueur de très haut niveau quand il est à 100 %.

Le chaînon manquant en bleu ?

Depuis son retour à la compétition, l’ancien Bayonnais s’est montré précieux en touche, fougueux, parfois un peu trop avec deux cartons jaunes, reprenant également peu à peu ses marques dans le jeu. "Ce profil de joueur est très rare dans le rugby actuel. Il fait cette liaison avants - trois-quarts. Il a des mains, c’est aussi un dévoreur d’espaces avec une grande activité. Il sent les coups. Il est précieux en touche également. Il aime ça, les annonces, la stratégie. C’est un joueur complet", vante Lièvremont. Si son corps le laisse tranquille et qu’il continue de monter en régime, le grand Charles pourrait avoir sa carte à jouer pour la Coupe du monde. "C’est un profil que nous n’avons pas en équipe de France. De plus, il est frais et déborde d’enthousiasme. C’est également un homme saint pour le groupe. S’il n’a pas de blessure, il n’y a pas photo", tranche l’ancien sélectionneur de la Roumanie. En attendant, Charles Ollivon savoure déjà le fait d’être de retour sur les terrains, avec son club où l’on compte énormément sur lui à court et à long terme, avant de penser à l’équipe de France. Ce qui s’apparenterait presque à un miracle après les épreuves traversées. Une véritable résurrection.

Midi Olympique
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