• Yoann Huget (Toulouse) lors du derby contre Castres
    Yoann Huget (Toulouse) lors du derby contre Castres Icon Sport / Icon Sport
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Edito

Résilience

L'édito d'Emmanuel Massicard... Bien au delà des facultés d’un champion à s’élever jusqu’à la gloire d’un titre aussi glorieux soit-il, sa principale richesse -et qualité fondamentale- réside dans sa propension à se relever d’une contre-performance. En clair, savoir grandir. Retenir les leçons. Et rebondir après l’échec pour inventer un lendemain à une histoire soudainement marquée par l’échec ou, au moins, le désenchantement...

À ce titre, le rebond du Stade toulousain, vainqueur ce week-end en terres tarnaises, face au Castres olympique, revêt une valeur autrement plus symbolique que la ruade revancharde et bravache d’une formation battue à cinq reprises dans les dernières confrontations directes entre voisins pourrait le laisser à paraître. Par-delà l’honneur d’une suprématie régionale, l’orgueil des hommes, l’opposition des histoires ou des cultures entre deux modèles en tous points opposés, les Rouge et Noir de Didier Lacroix ont su rebondir après la première déconvenue d’importance, subie dimanche dernier en Coupe d’Europe face au Leinster.

Malgré l’implacable logique qui a accompagné le succès des champions en titre, sacrément mieux organisés et armés face aux exigences des rendez-vous capitaux, la claque subie par le Stade toulousain aurait pu avoir valeur d’élément déstabilisant pour une équipe jeune, en pleine construction, qui n’avait jusqu’ici qu’une impressionnante série de succès en Top 14 et une victoire en quart de finale de Champions Cup (face au Racing) pour seules références. N’en doutez pas, le fossé est encore grand entre ce Stade, actuel phare du rugby français, et l’excellence du rugby international.

N’empêche, malgré tous les aléas favorables, le succès stadiste, samedi à Pierre-Fabre, en dit long sur la capacité de cette troupe à forcer son destin et affirmer un formidable pouvoir de résilience. Toulouse sort ainsi renforcé, grandi, de son mano a mano avec les hommes de Christophe Urios. Les meilleurs ennemis ont mis un genou à terre et les favoris d’hier, eux, se sont relancés dans un des rares matchs vérités qui leur reste à jouer en cette fin de saison, d’ici aux demi-finales du Top 14.

Cela n’augure en rien d’une suite glorieuse à court terme mais cela en dit long sur la capacité des coéquipiers d’Antoine Dupont à s’ancrer dans une quête d’excellence. Ici, s’expriment la force des caractères, la puissance d’un dessein collectif et la marque des leaders qui transforment d’un coup l’ordinaire en une chose exceptionnelle. Ici, enfin, se concrétisent les projets d’avenir qui transporteront tout un peuple autour de son équipe.

S’il n’en reste pas moins symbolique, le succès du Stade toulousain est à marquer d’une pierre blanche, signal envoyé à l’ensemble de ses concurrents. Il est aussi un signe majeur adressé, indirectement, à l’équipe de France qui peine à dessiner les contours de son futur immédiat. Après tant d’échecs, face aux difficultés du mandat Brunel, la nomination de Fabien Galthié comme pompier de service en vue du Mondial 2019 et l’officialisation de son staff qui doit mener à bien le projet « Coupe du monde 2023 » seront les premiers signes d’un changement radical entre les genres et les époques. La rupture entre le passé et l’avenir. La clé de notre réussite et, enfin, la promesse d’avoir à porter des projets ambitieux. Puissent-ils, très vite, se concrétiser…

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