• Par ses prises de balles, ses accélérations et ses défenseurs battus, Damian Penaud a encore montré l’étendue de son très grand talent ce samedi. Photo Icon Sport
    Par ses prises de balles, ses accélérations et ses défenseurs battus, Damian Penaud a encore montré l’étendue de son très grand talent ce samedi. Photo Icon Sport
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À la bonne heure !

Clermont Après une entame manquée, les Clermontois ont au moins eu le bon goût de réaliser une dernière heure pleine, corrigeant leurs errances des dernières semaines. De quoi s’offrir la première victoire de l’histoire du club à Jean-Bouin, et pratiquement assurer une place en demi-finale.

On ne fera pas l’injure aux Clermontois d’affirmer qu’ils semblaient s’être déplacés en touristes à la capitale. Mais force est de constater qu’entre la composition d’équipe alignée par Franck Azéma (mise à l’herbage des Slimani, Parra, Lopez, Fofana, et on en passe…) et les résultats de leurs concurrents castrais, lyonnais ou franciliens la veille, les Auvergnats ne se trouvaient pas dans les conditions idoines pour attaquer une rencontre la bave aux lèvres… Interrogé par nos confrères de Canal +, le manager auvergnat ne faisait pas d’autre constat à la vingtième minute, lorsqu’il déplorait que ses joueurs manquaient cruellement d’envie et d’agressivité dans les vingt premières minutes. "On les regarde depuis le début du match, on n’est pas agressifs du tout, j’espère que les gars vont commencer à s’énerver un petit peu", s’agaçait Franck Azéma au bord de la pelouse. Un manque d’enthousiasme patent assorti d’erreurs techniques manifestes, à l’image d’un énorme surnombre vendangé par Nanai-Williams à la 19e, négligeant Moala et Betham sur sa droite pour s’engouffrer dans un faux trou. Comme si le fameux "trou d’air" de vingt minutes déploré par les Clermontois lors des quatre dernières rencontres s’était cette fois déplacé dès l’entame de la partie…

Fin de match maîtrisée

Un "transfert " qui offrait au moins le mérite de pouvoir être rattrapé pendant l’heure qui restait à jouer… L’énorme erreur de Nanai-Williams ayant en outre le mérite d’avoir été le fruit de la première action positive des Jaunards, qui provoqua un carton jaune à l’encontre de Julien Arias et réveilla les velléités clermontoises. C’est ainsi que dans le sillage de ses individualités Damian Penaud, George Moala ou Peceli Yato, l’ASMCA sut réenclencher la marche avant. D’abord en fin de première mi-temps, où un plaquage haut de Fickou sur Laidlaw provoqua un essai de pénalité, immédiatement suivi par une première réalisation de Naqalevu. Ensuite au retour des vestiaires, où Nanai-Williams retrouva son inspiration pour offrir le doublé à son centre à la retombée d’un intelligent petit par-dessus, avant qu’Ulugia ne plante la banderille décisive (60e). De quoi offrir un matelas de neuf points assez considérable, mais aussi faire ressortir les fantômes de ce dernier mois. "On a payé cash nos baisses de régime après l’heure de jeu lors de certains matchs, prédisait en direct l’entraîneur de la mêlée Didier Bès. Sur ces dernières rencontres, on a commis l’erreur de vouloir gérer lorsqu’on semblait avoir de l’avance, alors qu’il s’agissait surtout de redoubler de virulence, de tenir le ballon plutôt que laisser l’initiative du jeu à l’adversaire. J’espère qu’on en aura tenu les leçons…"

Promesse tenue

Résultat ? S’ils ne se sont pas encore montrés des plus "tueurs" durant cette période critique (à l’image de quelques munitions bêtement égarées), les Clermontois ont su gérer avec suffisamment de métier les vingt dernières minutes pour conserver leur avance au score en maintenant les Parisiens à deux marques, à l’image d’un Laidlaw impeccable, passé avec brio de la mêlée à l’ouverture. La bonne défense des Jaunards, enfin concernés jusqu’au bout, achevant de consacrer une superbe opération comptable, Étienne Falgoux profitant d’une énième mésentente entre joueurs parisiens pour assurer un bonus offensif déjà acquis. De quoi s’adjuger une première victoire historique à Jean-Bouin quasiment synonyme de place de demi-finaliste, mais surtout de la guérison de Clermontois enfin maîtres de leur fin de match. "On s’est un peu trop regardé en première mi-temps, et le staff nous a mis un tir mérité aux vestiaires, qui nous a un peu réveillé, avouait l’ailier aux jambes de feu Damian Penaud. Le banc nous a aussi apporté de la fraîcheur. Ce qui est bien, c’est qu’on s’était dit des choses dans la semaine, et que l’équipe a su tenir ses promesses." Quand bien même, pour chipoter, on avancera que les Auvergnats disposent encore d’une marge de progression en ce qui concerne la régularité sur 80 minutes. Ça fait peur…

ZANARDI Nicolas
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