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Entretiens

"La marge de manœuvre est étroite"

Sur touche défensive, dans quelle situation est-il pertinent d’utiliser un lancer au-delà des quinze mètres ?

Sur les touches défensives, la possibilité de lancer au-delà des quinze mètres est étroitement liée au positionnement de l’équipe adverse. Cette mode s’est estompée pour la simple et bonne raison qu’à une époque, pour défendre sur ces phases de jeu et perturber l’adversaire, on s’est mis à placer un relayeur en défense au niveau de la ligne des quinze mètres. Or, il devenait difficile de lancer à dix-sept ou dix-huit mètres lorsque le relayeur adverse se situait aux quinze mètres, prêt à intervenir… Sauf que, la mode étant passée, ce positionnement des relayeurs a eu tendance à disparaître. Et cette zone a de nouveau pu être exploitée. Du coup, avant chaque match, on essaie aujourd’hui d’observer si la défense a tendance à placer ou non un relayeur aux quinze mètres, afin de s’ouvrir, ou non, cette porte de sortie.

Offensivement parlant, à quel moment le fait de "jeter" au-delà des quinze mètres s’avère-t-il intéressant pour lancer le jeu ?

Le gros inconvénient lorsqu’on lance dans cette zone, c’est que dès qu’un joueur passe au-delà des quinze mètres, la touche est terminée et la défense peut monter. En outre, si un joueur sort de l’alignement avant que lancer soit effectué, cela peut se solder par un coup franc contre l’attaque. Du point de vue du règlement, la marge de manœuvre est très étroite. Mais on voit pourtant de plus en plus d’équipes tenter d’exploiter cette zone, tout simplement parce que cela vaut vraiment le coup.

Pour quelle raison ?

La zone de fracture de dix mètres entre le fond de l’alignement et le demi d’ouverture est offensivement l’une des plus intéressantes à attaquer, donc si l’on peut y envoyer le ballon directement, il ne faut pas s’en priver. Surtout que si le lancer est bien réalisé, le fond d’alignement permet quasiment de s’assurer la prise de balle, puisqu’il offre de se démarquer complètement de l’adversaire. Les réserves viennent surtout des facteurs extérieurs : si les conditions climatiques ne sont bonnes, si le ballon s’y prête, la fatigue du lanceur… Là encore, il s’agit de se montrer intelligent et de s’adapter. Propos recueillis par N. Z.

Laurent Travers Entraîneur du Racing 92

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