• Malgré quelques errements en défense, Pierre Bourgarit et les Rochelais ont réussi offensivement à montrer de belles qualités, qui leur seront indispensables pour la dernière ligne droite. Photo Nicolas Parent
    Malgré quelques errements en défense, Pierre Bourgarit et les Rochelais ont réussi offensivement à montrer de belles qualités, qui leur seront indispensables pour la dernière ligne droite. Photo Nicolas Parent
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Top 14

Le show et le froid

La Rochelle Comme contre Pau, Le stade rochelai a été redoutable offensivement face à l’Usap. Si les Maritimes se sont relancés dans la course aux phases finales, quelques passages à vide auraient pu leur coûter le bonus.

"C’est le Super 15 !" ironise Grégory Patat, tout sourire, quelques minutes après le coup de sifflet final. "On dit qu’il ne faut pas de rugby spectacle dans notre Top 14, nous en avons proposé ce soir, avec du suspense." L’entraîneur des avants rochelais vient d’assister à une fin de match complètement folle, et plus globalement à quatre-vingts minutes de rugby champagne sur la pelouse d’Aimé-Giral. Si le contexte particulier autour de l’Usap, délestée de tout enjeu sportif sur cette fin de saison, a favorisé un scénario de match très ouvert, les Maritimes ont une nouvelle fois livré une très solide prestation offensive. Dans la lignée de leur récital face à la Section paloise il y a deux semaines, les coéquipiers de Romain Sazy ont beaucoup joué, beaucoup franchi et beaucoup marqué. Face à Perpignan, à la philosophie de jeu semblable, La Rochelle a trouvé un nouveau sparring-partner idéal. Sans faire injure à l’Usap, qui ne s’est jamais écroulée au contraire des Béarnais, le club catalan a subi, comme souvent cette saison, le réalisme de son adversaire. Aussi joueuses l’une que l’autre, les deux formations ont régalé. Mais la capacité à scorer des Maritimes a fait la différence.

"On ne va pas faire la fine bouche,

on aurait signé pour un tel résultat"

"Franchement c’était un match bizarre. Il y a eu des opportunités de marque que l’on a saisies. Mais sinon, c’était vraiment particulier. On a été sérieux et opportuniste oui. Mais on l’a vu, quand on a été indisciplinés, quand ils ont gardé la maîtrise du ballon, ils se sont excités. Et ils s’excitent plutôt pas mal. Ils nous ont imposé des séquences qui ont fait mal. Malheureusement pour eux, ils n’ont pas scoré comme nous. C’est ce qui a fait la différence ce soir", confirme Grégory Patat. En confiance, les Rochelais ont inscrit quarante-neuf points et sept nouveaux essais. Sur les deux dernières rencontres, les hommes de Xavier Garbajosa ont passé cent vingt unités et dix-sept essais à Pau et Perpignan. Les "mal classés" réussissent aux Maritimes et leur ont permis de faire le plein et se relancer dans la course aux phases finales après une série de cinq revers consécutifs en Top 14.

Si son équipe, parfois sur courant alternatif, n’a pas eu l’entière maîtrise de ce déplacement chez la lanterne rouge, le coach rochelais ne s’est pas montré alarmiste. "On venait chez une équipe qui a de la qualité, même si elle n’a gagné qu’un match à domicile. On savait que ça allait être difficile, et il fallait se remobiliser après le contexte demi-finale de Challenge Cup. Ce championnat est cruel, nous l’avons vu avec la victoire d’Agen contre Lyon. Alors on ne va pas faire la fine bouche. La manière n’y est peut-être pas, mais il y a les cinq points. On aurait signé pour un tel résultat, car à 25-15, l’équipe subissait vraiment proche des lignes", assure Grégory Patat.

L’entraîneur des avants a également éprouvé quelques réserves sur la prestation globale de son équipe. Interrogé sur la forme de son attaque lors des deux dernières sorties en championnat, le coach rochelais relativisait : "On en marque cent vingt mais on en prend cinquante aussi. Si on veut taper en haut, il va falloir être beaucoup plus consistant en défense. Ce soir (samedi, N.D.L.R.), on a donné trop de balles faciles à l’Usap, avec la conquête, des fautes de hors-jeu, dans les rucks… Et ça, ça ne passera pas lors de matchs à fort enjeu", prévient-il. Une chose est sûre en revanche, les finalistes de la Challenge Cup pourront compter sur des trois-quarts à nouveau inspirés. Tout en haut, Arthur Retière, auteur du premier essai de son équipe et décisif sur l’ultime réalisation emmenant au bonus offensif. Avec 135 mètres gagnés ballon en main, 10 défenseurs battus, et un ratio de 100 % aux plaquages (11 sur 11), l’ailier maritime a été étincelant samedi. Le symbole d’une formation rochelaise qui retrouve des couleurs.

Midi Olympique
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