• Paul Ngauamo, Clément Laporte et les Agenais ont montré beaucoup de courage pour dompter Lyon. Photo Jean-Michel Mazet
    Paul Ngauamo, Clément Laporte et les Agenais ont montré beaucoup de courage pour dompter Lyon. Photo Jean-Michel Mazet
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Top 14

Maîtres du jeu

Agen Face au troisième du championnat, le SUA a prouvé que sa place était en Top 14. Malgré une relâche en fin de partie, les Agenais ont triomphé par les fondamentaux du rugby.

"Une leçon". C’est par ces mots que le président lyonnais Yann Roubert décrivait la rencontre. Les Agenais ont en effet infligé une leçon de rugby aux visiteurs rhodaniens. L’humiliation subie au Stade français il y a deux semaines (défaite 25-22 à quinze contre treize) est lavée, le SUA a fait tomber le troisième du Top 14. "Je suis fier de mes joueurs, déclarait Mauricio Reggiardo. On n’a pas joué petits bras." Dans les prémices de ce franc succès, des bases bien maîtrisées. En dehors d’une envie débordante, la tactique était bien claire. "On avait la tentation de vite jouer au pied et occuper, poursuit le technicien, mais on a continué à jouer car on a su tenir le ballon avant d’occuper, quand cela était nécessaire." Une méthode apparemment simple que les Lyonnais n’ont pourtant pas su mettre en place. Titularisé pour la deuxième fois de la saison en championnat, Lucas Rubio résume avec modestie les clés de cette belle leçon : "On n’a rien inventé. On a simplement bien occupé, bien défendu et on a été efficaces dans nos moments forts."

La générosité porte son fruit

Il fallait du courage aux Lot-et-Garonnais pour renverser le Lou. Comme ça a souvent été le cas cette saison, ils ont même montré une capacité à défendre remarquable. "Le pourcentage de plaquage doit être énorme !, souffle Léo Berdeu étincelant du haut de ses 21 ans. On était partout !" Dans les rucks, ils ont été tenaces, ralentissant les sorties adverses et reprenant par quatre fois la possession. Surtout, le secteur clé aura bien été la touche. La grande force du groupe de Pierre Mignoni, son alignement, considéré comme le meilleur du championnat, a été dominé à Armandie. C’était l’un des grands axes de travail du staff de l’Argentin et l’analyse a été payante. "Rémi Vaquin (intervenant à la touche, N.D.L.R.), Tom Murday et Denis Marchois ont fait un boulot énorme, félicite l’ancien pilier. Quand on joue ce qui se fait de mieux dans le championnat, on a peur et on travaille davantage, on prête attention aux détails. Ils se sont convaincus qu’ils pouvaient le faire et ils l’ont fait. Le travail dans la semaine a payé."

Un chef d’orchestre au sommet

Pour livrer une telle partition, il faut un métronome aussi juste que précis. Dans ce registre, Léo Berdeu a frôlé la perfection. Au pied d’abord il a réussi tous ses jeux d’occupation, mettant le trio arrière lyonnais en difficulté dans sa couverture du troisième rideau. Face aux perches également il aura passé ses coups de pied face au vent fort, mettant les siens à l’abri à la pause. "Il travaille beaucoup, se remet en question, pourtant on ne lui a fait aucun cadeau, reconnaît l’entraîneur en chef du SUA. Chaque fois qu’on le voit sur le terrain, c’est qu’il le mérite vraiment. Et en retour, il réalise ce genre de match…"

Que dire de sa course de 65 mètres, conclue en plongeon dans l’en-but, après avoir déposé Noa Nakaitaci… "Paradoxalement, la vitesse n’est pas mon point fort, disait le demi d’ouverture, visiblement trop modeste. Après le coup de pied à suivre de Timilai Rokoduru, j’ai vu que Nakaitaci était "à la rue" et j’y ai cru jusqu’au bout." Ironie du sort, l’ouvreur, meilleur homme sur la pelouse, est prêté par le club de Lyon. Un clin d’œil bien malicieux qui aura au moins permis de faire sourire les Lyonnais à l’issue du match.

Le SUA a fait un grand pas vers le maintien et jouera avec une sérénité non négligeable sa survie à Grenoble samedi prochain (6 points d’avance sur les Isérois). "Notre groupe a du caractère, affirme Mauricio Reggiardo. Notre saison a débuté le premier juillet et dès lors nous étions conscients de devoir jouer le maintien. Dans la saison cela implique beaucoup de frustration, de déceptions et de défaites mais cela permet d’être bons dans le money time." Juste à temps.

Midi Olympique
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