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Top 14

Pris à la gorge

Racing 92 Les Franciliens ont été "mangés" en première mi-temps. leurs coachs ont fait des changements forts. Et ne leur parlez pas du contexte.

Le Racing voulait frapper un grand coup en Béarn pour se rapprocher d’un quart de finale à domicile. Il ne ramènera qu’un petit point de bonus avec une vraie contrariété de Laurent Travers, passablement énervé par la première mi-temps de ses hommes. Si l’on repasse au crible cette performance, on reste frappé par une statistique : le Racing n’a pas construit une seule action avant la 18e minute. Même sa première pénalité vint d’une "faute offensive" adverse. Était-ce l’éternel scénario du rugby, l’équipe qui DOIT gagner (Pau) à domicile contre l’équipe qui, simplement, voudrait bien gagner (le Racing) ? Ou était-ce là le désastre d’une équipe perturbée par le probable départ de Laurent Labit vers le XV de France ?

L’idée flottait dans l’air. L’autre Laurent l’a balayée prestement. "Non, ce serait trop facile. Dans le sport, il y a des aléas au sujet des joueurs comme des entraîneurs. Si on va chercher ce genre d’excuse, on fait fausse route. Il reste trois matchs et à chaque fois, on va se réfugier derrière ça ? Stop. Bien sûr qu’il y a des discussions, bien sût que ça peut perturber. Mais les joueurs et les entraîneurs doivent faire abstraction de tout ça." Pour Laurent Travers, ses hommes ont tout simplement été trop apathiques. "Déjà sur le coup d’envoi, on s’est fait lober." Les Parisiens ont ensuite perdu trois ballons en touche d’affilée sur leurs lancers pour diverses raisons. Ils ont "dopé" la possession paloise. "Vous savez, la précision est liée à l’intensité, et on a manqué d’intensité…" poursuivait Travers. On le comprend quand on repense à son équipe bousculée, même en mêlée (qui n’est pas le point fort de la Section a priori).

Cette première mi-temps cauchemardesque eut des suites immédiates. Les piliers Kakovin et Gomez-Sa sont sortis à la pause, confirmant l’idée que le second est paradoxalement plus à l’aise en Coupe d’Europe et sur le circuit international qu’en Top 14 où les mêlées sont plus disputées. Russell fantomatique les a imités à la 50e. La sortie très précoce de Wenceslas Lauret a aussi posé question, l’événement est inhabituel.

Volavola et Vakatawa méritaient mieux

Travers ne nia pas l’aspect sanction de ses décisions : "Oui, oui, il y a eu une remise en question à la mi-temps. Qu’elle soit collective ou individuelle." On pourrait dire que Simon Zebo a eu de la chance de rester 80 minutes sur la pelouse tant sa performance fut médiocre. Comment a-t-il pu saccager un "deux contre un" petit côté (avant l’heure de jeu) ? La passe volleyée de Vakatawa était si magnifique.

Jordan Joseph aussi doit une petite revanche aux supporteurs ciel et blanc. Un duel important perdu face à Gunthert en fin de partie, une faute de main affreuse sur une occasion qui aurait pu tout changer (71e) : son bilan n’est pas à la hauteur de sa réputation.

Évidemment, la bonne nouvelle, c’est que le duo Travers-Labit a plein de leviers à actionner pour aiguillonner son effectif. Avec un premier acte aussi désastreux, terminer à 27-29 en dit long sur le potentiel de l’équipage francilien. Un exemple : la dernière demi-heure de Ben Volavola. L’ouvreur international fidjien a montré une classe étincelante sur le plan offensif. Prises de balle tranchantes, passes justes, courses efficaces. Avec dix minutes de plus, il aurait sans doute généré une attaque victorieuse supplémentaire. Mais les observateurs rapportent qu’il est trop faible en défense pour être un premier choix. Possible… Notons qu’il a été titulaire à sept reprises cette saison.

Le match du Racing nous a aussi rappelé tout le potentiel de Virimi Vakatawa. Son bilan est éloquent, surtout dans le contexte d’un match perdu : deux essais, une percée décisive sur le troisième, plus une poignée d’interventions de classe. Sa partition ressemblait à un message envoyé à Jacques Brunel… Pourquoi est-il ainsi snobé chez les Bleus ? Si Labit doit les rejoindre, on se dit que l’ex-Fidjien aura forcément sa chance à nouveau… J.P.

Midi Olympique
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