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    Les jeunes de l'Aviron bayonnais Pablo Ordas -
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Aviron Bayonnais

Face à l'exode, Bayonne veut garder ses jeunes

L’Aviron Bayonnais a vu, récemment, des jeunes talents quitter le club alors qu’ils ne comptaient aucun match chez les professionnels. Pourtant, les bleus ont bien leur place dans le projet de Yannick Bru.

Ils s’appellent Cheikh Tiberghien, Max Spring, Théo Costossèque ou Roman Oupin. Ils ont, tous, un point commun. Passés par les équipes jeunes de l’Aviron et de l’équipe de France, pour trois d’entre eux, membres du Pôle espoirs du Lycée Cassin à Bayonne, ils ont rejoint les grosses écuries du Top 14 alors qu’ils n’avaient pas disputé le moindre match chez les professionnels. L’an dernier, donc, Théo Costossèque (2000) s’est engagé avec le Racing, alors que Roman Oupin (2002) filait à Clermont. La saison prochaine, Cheikh Tiberghien (2000) s’en ira à Clermont, pendant que Max Spring (2001), posera ses bagages dans les Hauts-de-Seine. La liste peut s’allonger si on y ajoute les départs d’Adrien Lapègue (Stade Français), de Rémy Sellan (Nevers) ou encore de Franck Lascassies (Section Paloise) survenus sur les deux dernières saisons, même si tous avaient un âge plus avancé et un bagage international moins important.

Historiquement, Bayonne, comme son voisin Biarrot, a toujours attiré les meilleurs jeunes du département, voire de la région. Costossèque arriva à l’Aviron en provenance de Peyrehorade. Spring, de Nafarroa. Historiquement, aussi, l’Aviron a souvent vu ses meilleurs éléments quitter le club. Ce qui frappe, ici, c’est l’âge de l'exode de ces talents. "Sur ma seconde année avec les professionnels, lorsque nous sommes montés en Top 14 (2017), les clubs ont commencé à être intéressés se souvient Martin Laveau. Avant, je n’avais pas vraiment eu de sollicitations. Il y a trois ans, j’ai l’impression que ça ne se faisait pas trop. C’est depuis qu’ils ont augmenté les quotas de JIFF qu’on voit ça." Thomas Darracq, l’ancien directeur du centre de formation de l’Aviron, n’est pas étonné de ces départs : "Les clubs cherchent à récupérer de jeunes joueurs français. À partir de là, la concurrence est de plus en plus féroce, dès le plus jeune âge" note-t-il. "J’étais à la recherche d’un nouveau défi pour tenter ma chance en Top 14, explique Tiberghien. L'Aviron aurait aimé me garder en prêt. Clermont m’a proposé quelque chose d’intéressant et j’aurai la chance, si je fais ce qu’il faut pendant la préparation, de jouer avec les pros puisque c’est une année Coupe du Monde."

Les jeunes de l'Aviron bayonnais
Les jeunes de l'Aviron bayonnais - Pablo Ordas

Sur les traces d’Iturria, Ollivon, Étrillard…

Étrillard, Chouzenoux, Iturria, Ollivon, Ugalde, Laveau, Ancely, Ducuing… La liste des joueurs, passés récemment par le centre de formation de l’Aviron, qui s'épanouissent désormais en TOP 14 est belle. Sans compter les Sayerse, Bordenave, Etcheverry, Loustalot ou autres, qui font les beaux jours des clubs de Pro D2. Pour tous ceux qui évoluent en Top 14, le scénario fut le même, ou presque. Après une ou deux saisons avec l’équipe première, leurs prestations individuelles ont frappé dans l’œil des recruteurs des formations de l’élite et il fut difficile, pour ne pas dire impossible, sur les bords de Nive, de les retenir. Martin Laveau a quitté l’Aviron l’an dernier. "Je voulais aller voir plus haut, explique l’ailier. Ça faisait trois ans que je jouais en première, nous étions en Pro D2 et quand des clubs de Top 14 t’appellent, c’est tentant. Je voulais me tester au plus haut niveau."

Les facteurs qui entrent en jeu

L’argent, le nerf de la guerre, et les infrastructures sont deux critères qui peuvent s’avérer importants pour les futurs recrutés. "Dans mon choix, l’aspect financier n’a pas trop pesé" assure Tiberghien. "Les contrats entrent en jeu, il ne faut pas se le cacher affirme de son côté Laveau. Tu le regardes, mais après, chaque joueur a ses propres valeurs. Au tout début, je comptais rester à Bayonne et j’ai négocié avec l’Aviron avant d’avoir la proposition de Castres. J’ai demandé des conditions et le club n’a pas répondu à mes attentes. Puis je suis parti dans un club qui comptait me faire jouer, avec un manager qui me voulait."

Par contre, Laveau et Tiberghien, sont unanimes : les installations sont importantes. "Je pense que si le joueur est sérieux, il ne peut que progresser avec les infrastructures et les moyens mis au niveau du staff" juge le futur arrière de Clermont, convaincu après avoir visité le centre d’entraînement de l’ASM. "Quand tu es jeune, que tu visites un club et que tu vois qu’il met tout en place pour que les joueurs réussissent, ça impressionne. C’est sûr que ça rentre en compte » conclut l’actuel joueur du Castres Olympique.

Pablo Ordas
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