• La montée en Fédérale 3 acquise, les Manceaux ont pu laisser éclater leur joie.
    La montée en Fédérale 3 acquise, les Manceaux ont pu laisser éclater leur joie. Gilles Denis / Gilles Denis
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Le refus de subir des Manceaux

En retrouvant la Fédérale 3 les Manceaux s’attellent à un chantier de consolidation qui va conditionner leur avenir.

Au sein de la ligue des Pays de la Loire dont seulement neuf clubs étaient invités cette année aux tables des compétitions fédérales (un en Fédérale 1 et huit en Fédérale 3), l’accession du Mans à la Fédérale 3 a été vécue comme la naissance d’un enfant très attendu. En sa qualité de « chef de famille», le président de la Ligue Dominique Coquelet commente volontier ce qui s’affiche comme un véritable évènement pour le département de la Sarthe : « Stratégiquement cette montée, méritée, est très importante car elle rééquilibre le territoire côté Est, Le Mans étant plus près de Paris que de Nantes. Le bassin manceau mérite d’avoir un club en Fédérale 3, c’est le fruit du travail. Depuis sept ans nous maintenons deux sections sportives sur le lycée Touchard du Mans qui viennent alimenter le club et le consolider. Mais localement, la difficulté réside dans la réalisation d’une entente du Mans avec Pontlieue, même s’il y a déjà eu des tentatives de rapprochement. La montée du Mans peut, peut-être, ouvrir la porte à des discussions. » Nous n’en sommes pas là et pour les Manceaux le temps est à savourer une performance que le club attendait depuis dix ans et la dernière montée en 2009. Du haut de ses vingt ans de présence au club, le président Jean-Michel Vauvy a vécu six ans de Fédérale 3 traversés en trois périodes. Aujourd’hui, il ne cache pas une part d’étonnement : « Cette montée est une belle émotion mais il y a un peu de surprise car on ne s’y attendait pas cette année après une saison un peu chaotique, même si nous avons tout fait pour y parvenir. Maintenant que nous y sommes on ne va pas refuser l’obstacle et nous allons tout faire pour honorer notre nouveau statut. »

Recherche d’un nouveau président


Les Manceaux ont conscience que la marche est un peu haute et pour en savoir un peu plus, Jean-Michel Vauvy a appelé quelques collègues présidents pour savoir comment ils avaient vécu la saison 2018-2019. Les réponses l’ont convaincu que le RCM allait devoir batailler ferme en luttant aussi contre la très forte concurrence du foot et du basket, « les deux locomotives du sport sarthois ». S’ajoute à cette problématique un bassin sarthois pauvre quantitativement ce qui justifie un commentaire présidentiel : « Il va falloir augmenter le budget (plus 30 % de partenariat) mais également l’effectif. Nous allons essayer de construire un club qui va défendre le rugby sarthois et nous avons déjà des ententes chez les jeunes. Cela favorise les échanges. Peut-être aussi utiliser les doubles licences, mais le faire en bonne intelligence. Il y a dans notre département quelques potentiels qui sont déjà sollicités par des clubs extérieurs. Nous allons nous battre. » Et pour mener cette bataille, le manager Mika Duckman et les entraîneurs Fabrice Garnier et Georges Tiu seront en première ligne, à un détail près relevé par Jean-Michel Vauvy : « Les coachs, bénévoles, ont la volonté de relever ce défi mais ils ont estimé qu’ils avaient besoin d’aides, de compétences complémentaires, alors nous allons renforcer l’encadrement. » Compétiteurs dans l’âme, les Manceaux ne veulent pas subir, demeure cependant en suspens un sujet qui froisse le président : « Au bout de mon deuxième mandat je n’ai pas trouvé un remplaçant, c’est un peu un constat d’échec. Je vais maintenant œuvrer pour qu’une équipe reprenne le club dans une bonne dynamique et pour cela nous devons renforcer nos structures de l’école de rugby au sommet. » En 2020 le RCM fêtera ses 50 ans et chacun espère que cet anniversaire marquera l’avènement d’un club solidement (re)bâti sur son socle. 

Gérard Piffeteau