• Florian Vialelle taclé par Louis Picamoles.
    Florian Vialelle taclé par Louis Picamoles. Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

Castres coulé par son défaut de maîtrise

Dominé au sol et peu aidé par une charnière qui a totalement perdu ses nerfs face à Montpellier, le CO concède une deuxième défaite consécutive à domicile après l'échec subi face aux Toulousains. Le temps se gâte sur le Tarn...

Cette saison est décidément folle. Une équipe de Top 14 peut donc y perdre consécutivement deux matchs à domicile dans le money-time et garder sa place de qualifiable. Cette équipe, c’est Castres. Cette même équipe peut aussi perdre une rencontre alors qu’elle domine en mêlée et dans les airs, le tout en écopant de seulement cinq pénalités et en battant pas moins de 32 adversaires, lesquels n’ont même pas eu de réussite dans l’exercice des tirs au but (25 % de réussite pour Aaron Cruden et Benoit Paillaugue). Vous avez dit fou ? C’est pourtant bien ce qui s’est produit samedi soir à Pierre-Fabre. Une semaine après un derby électrique (et perdu d’un souffle) face au Stade toulousain, le CO s’est encore pris les pieds dans le tapis et n’a pu remporter une victoire qu’il avait largement les moyens de décrocher…

Encore aurait-il fallu qu’il marque sur ses temps forts, à l’image de cette passe de Benjamin Urdapilleta et Florian Vialelle en première mi-temps qui aurait dû être décisive… Sauf que l’ouvreur argentin l’adressa à l’arbitre de touche, faute d’avoir vu que son coéquipier avait rentré sa course tel un centre plutôt que de rester le long de la ligne comme le font habituellement les ailiers… Encore aurait-il fallu, aussi, que le CO n’encaisse pas d’essais trop faciles. Le premier notamment où l’on vit Gabriel Ngandebe, 1,73 m sur la toise, remporter son duel aérien face à Julien Dumora, à qui il rend pourtant 11 centimètres. Et le second, où Benoit Paillaugue subtilisa la balle sur une introduction castraise (!), au nez et à la barbe de Rory Kockott avant de prolonger au pied pour le centre Yvan Reilhac qui domina une fois encore Julien Dumora dans l’en-but. Des bourdes fatales dans un match aussi serré.

Une charnière qui coince

Deux erreurs qui n’expliquent toutefois pas pourquoi le CO n’a pas été capable de marquer le moindre essai : "On n’arrivait pas à mettre de la vitesse dans notre jeu, expliquait le manager Christophe Urios après la rencontre. Montpellier est déjà une équipe difficile à manœuvrer, mais ils nous ont surtout largement dominés dans le jeu au sol et nous n’avons pas été bons dans les soutiens." Même constat du côté du deuxième ligne Thibault Lassalle, dont les efforts dans les zones de rucks n’auront pas suffi : "Montpellier avait déjà composé une équipe taillée pour le combat au sol. Nous avons été systématiquement en léger retard, et ils ont été précis sur leurs attitudes. Ils arrivaient souvent à passer les bras. Nous n’avons pas été très pénalisés, mais très ralentis." Dès lors, les Castrais n’ont pu mettre en place leur stratégie qui consistait à déplacer les lourds Montpelliérains pour les fatiguer et enfin les franchir. Ou quand la défaite d’une seule bataille vous fait perdre la guerre entière, d’autant quand vos généraux sont à côté de leurs pompes. Habituels leaders du jeu castrais, Rory Kockott et Benjamin Urdapilleta ont déçu. Le premier par sa lenteur de passe, ses mauvais choix et son comportement nerveux qui a desservi le collectif. Le second par ses erreurs de lecture, son absence de prise de responsabilités en fin de rencontre, et son impatience : "La courroie 9-10 n’a pas été bonne. C’est le problème que l’on a depuis quinze jours et je vais devoir le régler […] Il y a un truc qui ne va pas, ce collectif ne marche pas bien. Il y a un truc qui ne va pas", grimaçait Urios à l’issue du match. Espérons que l’air frais des Pyrénées aidera les Castrais à résoudre ce fameux "truc". Sinon…

VALZER Simon
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