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Messieurs les Grenoblois, c'est un acte manqué !

Pour sa "finale" en vue du maintien, le FCG a joué son pire match de la saison face à Agen. À croire que les Alpins ne croyaient inconsciemment plus en leurs chances…

La facilité consisterait à leur taper dessus. Bêtement. Sourdement. À se borner au recensement de ces 29 (sic !) ballons égarés au contact, d’une organisation offensive qui confina parfois au ridicule, de la fragilité d’une défense dépourvue d’agressivité. Se dire qu’à l’issue de cette rencontre, ce FCG a fait honte à ses propres supporters qui l’ont d’ailleurs copieusement sifflé, et conclure qu’après pareille chienlit, il faudrait être dingue pour vraiment songer l’emporter à Oyonnax, Brive, Bayonne ou ailleurs…

Sauf que, quarante-huit heures après le crash, l’heure n’est plus à l’émotion mais à l’analyse, et se poser la seule question qui vaille : pourquoi ? Pourquoi, alors qu’ils s’étaient promis de "s’envoyer comme des chiens pendant 80 minutes ", dixit Bastien Guillemin, les joueurs du FCG se sont-ils sabordés de la sorte ? Pourquoi la mêlée alpine, si dominatrice tout au long de la saison, fut à ce point dominée par des Agenais qui n’avaient a priori rien de foudres de guerre ? Pourquoi la discipline, valeur refuge des Alpins, les a cette fois trahis, pourquoi leurs mains (et leurs pieds) se sont-elles soudainement mises à trembler ? Pourquoi, alors que les rebonds semblaient enfin leur être favorable, les Grenoblois n’ont-ils pas su s’accrocher à leur étoile ? Pourquoi en somme ces derniers ont-ils réalisé, de très loin, leur plus mauvais match de ces deux dernières saisons, à l’occasion de ce qu’ils présentaient de longue date comme leur "finale " ?

À cet instant de la réflexion, autant l’écrire : que ceux qui estiment que les joueurs du FCG n’ont tout bonnement "pas de mental, ni d’envie " aillent se coucher, et vite. Parce que rien n’est plus faux, évidemment. Les phases finales et le match de barrage contre Oyonnax la saison dernière sont là pour en attester, tout comme les récents succès obtenus face à Paris et Toulon. Au vrai, sans vouloir basculer dans la psychologie de comptoir, on peut légitimement penser que les racines du mal remontent à la semaine dernière, et la défaite de Lyon contre Agen, qui relégua les Isérois à six points du SUALG. Les Grenoblois avaient probablement refoulé ce sentiment, mais tous les actes manqués constatés sur la pelouse du stade des Alpes ont fait ressortir cette réalité au grand jour : s’ils sont passés à ce point à travers dans ce match de la dernière chance, c’est probablement qu’au fin fond de leur inconscient, les Grenoblois n’y croyaient déjà plus…

déjà condamnés au barrage : Un mal pour un bien ?

Voilà pourquoi il est permis de voir, paradoxalement, cette défaite comme un mal pour un bien. Parce qu’un succès contre Agen n’aurait assuré en rien le maintien, et aurait surtout "obligé " les Grenoblois à batailler jusqu’au bout. Et donc à perdre une énergie précieuse pour probablement terminer malgré tout à la 13e place. Un peu comme Oyonnax – tiens donc – s’y perdit la saison dernière, avec le résultat que l’on sait… Au moins, le FCG a l’avantage d’être fixé sur son sort et de pouvoir d’ores et déjà se focaliser sur le 2 juin. Ce qui signifie entamer une vraie préparation, tant physique (où il s’agira de remettre à niveau certains cadres épuisés, tout en en ramenant d’autres à leur niveau) que mentale… "On ne connaît pas notre adversaire mais il faut que les joueurs se mettent d’ores et déjà dans la tête qu’ils évolueront dans un contexte difficile, avec beaucoup de bruit et d’hostilité, lâchait l’entraîneur des trois-quart Stéphane Glas. On a été dans le camp adverse la saison dernière, on sait le challenge qui nous attend." En clair, gagner le seul match à l’extérieur de la saison, ou redescendre en Pro D2. Le genre de rencontre couperet qui se joue avant tout dans la tête, et constituera pour les joueurs l’occasion de faire taire les mauvaises langues, à condition d’en avoir l’orgueil. C’est en tout cas ce bénéfice du doute qu’on laissera au staff et aux joueurs du FCG, avant ce révélateur de 80 minutes qui, lui seul, permettra de tirer les conclusions qui s’imposent… N.Z.

ZANARDI Nicolas
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