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Challenge Cup

Erik Bonneval (beINSport) : "Ça peut partir dans tous les sens !"

Erik Bonneval, ancien international et consultant pour beINSport, diffuseur des Coupes d'Europe, s'est prêté au petit jeu de l'analyse technique et du rapport de forte entre Clermontois et Rochelais. 

Avant de se projeter franchement dans cette confrontation finale, un œil sur la météo. J’ai regardé ça cette semaine, pour préparer ma valise. Et de ce que j’en ai vu, j’ai pris un manteau ! C’est un élément à prendre à compte, cela peut influer sur la rencontre. Newcastle, dans le nord de l’Angleterre, ça peut vite être un climat froid et humide qui calme les velléités offensives. Pour autant, je crois que Clermont et La Rochelle maintiendront une philosophie portée sur l’attaque. Je reste persuadé que les deux clubs vont jouer la finale pour la gagner et surtout pas pour ne pas la perdre. Au-delà de la victoire, personne ne veut avoir de regret sur ce match. Si les conditions sont favorables, cela peut même partir dans tous les sens ! Les deux équipes sont habituées au haut du tableau en Top 14. Elles étaient toutes les deux en quart de finale de la Champions Cup l’an dernier. Les retrouver là est tout sauf une surprise. Désormais, il leur faut finir le travail et ce n’est pas le moment de s’inventer un rugby. Ces deux équipes aiment l’attaque et vont y rester fidèles.

Cette orientation offensive, c’est l’ADN profond du club auvergnat, depuis de nombreuses années. Ils ont un paquet d’avants solides, certes, mais surtout très mobile qui leur permet de déplacer le ballon. L’animation collective est bien huilée, en place, ce qui leur permet de tenir le ballon sur de longues séquences sans pour autant se contenter d’un rugby minimaliste. Surtout, leur immense force, c’est la qualité de leurs individualités derrière. Penaud, Raka, Fofana… Tous ces joueurs gagnent des duels, sont capables de casser des plaquages et créer des décalages à n’importe quel moment, à n’importe quel endroit du terrain. Contre eux, le danger peut venir de partout, tout le temps. C’est une menace constante pour l’adversaire, qui ne peut jamais se livrer et s’exposer à 100 %. Les Auvergnats sont des habitués de ces grands rendez-vous. De par leur histoire et leur expérience, ils partiront légitimement favoris. Mais les Rochelais ont de nombreux atouts à faire valoir.

Déjà, ils sont eux aussi sur un projet de rugby de vitesse. Derrière, dans le fond du terrain, ils disposent de relanceurs capables de mettre le feu dans n’importe quelle défense. C’est une arme qu’il leur faudra mettre en avant. Malgré tout, on peut penser que les Rochelais auraient intérêt à resserrer leur rugby. Ils en sont capables. Je trouve d’ailleurs qu’ils sont une équipe particulièrement adaptable. En ralentissant un peu le jeu, en attaquant les Clermontois plus proches des zones de ruck pour les obliger à se resserrer, ils imposeraient certainement un rythme qui conviendra moins aux Auvergnats. D’autant que les Rochelais ont des arguments dans ce domaine, avec quelques gros porteurs de balle capables de peser sur la ligne d’avantage.

Pour y parvenir, il faudra que les Rochelais mettent la main sur le ballon. Or, ce n’est pas facile face à Clermont, qui aime justement avoir la possession pour imposer leurs longues séquences de vitesse. La clé du match se situera certainement là, comme cela avait été le cas pour Toulouse en demi-finale au Leinster. Les Irlandais sont très forts pour confisquer le ballon sur des séquences interminables. Ils vous étouffent et les Toulousains, sans munition, n’avaient jamais pu mettre de folie dans ce match qu’ils avaient finalement subi. Pour battre Clermont qui, comme Toulouse, se plaît dans le désordre, les Rochelais peuvent s’en inspirer.

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