• Stuart Olding, après quelques errements extra-sportifs, est redevenu un joueur de rugby à part entière. Pour le plus grand bonheur des Brivistes qui tiennent là un trois-quarts centre polyvalent et performant. Photo Icon Sport
    Stuart Olding, après quelques errements extra-sportifs, est redevenu un joueur de rugby à part entière. Pour le plus grand bonheur des Brivistes qui tiennent là un trois-quarts centre polyvalent et performant. Photo Icon Sport
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Pro D2

Brive, Stuart Olding, de l’or en barre

"C’est très facile de jouer avec des talents pareils, bons dans tous les domaines. On n’a pas besoin de beaucoup leur parler. Au-delà de cet aspect, c’est un très bon mec, et un très gros bosseur. Il va nous apporter énormément." La confidence est d’Arnaud Mignardi, après un succès face à Colomiers (27-17) en début de saison. Ce jour-là, après s’être déjà signalé en ouverture du championnat à Bayonne par un essai, Stuart Olding avait une nouvelle fois brillé, délivrant notamment une passe décisive sur un pas pour son compère du centre.

Près de neuf mois plus tard, l’emprise du blondinet de Belfast sur le jeu briviste ne s’est pas dégonflée. Ce n’était pas forcément gagné car à son arrivée à Brive, l’homme n’avait plus disputé un match officiel depuis avril 2017.

Facteur X

Accusé dans une affaire de viol remontant à l’été 2016 avec notamment trois autres de ses amis dont Paddy Jackson, demi d’ouverture de l’Ulster et international irlandais (à l’Usap cette saison), Stuart Olding a été reconnu innocent le 28 mars 2018 au terme d’un procès très médiatique. L’affaire classée sur le plan judiciaire, l’Ulster l’a quand même licencié et la Fédération irlandaise a résilié son contrat. Brive a voulu redonner une chance à la carrière de ce grand espoir du rugby irlandais (4 sélections avec le XV du Trèfle entre 2013 et 2016), apprécié de Joe Schmidt qui louait notamment sa polyvalence et sa faculté à jouer 10,12,13 voire 15. Pour l’attirer, Jeremy Davidson, le manager général du CABCL, a fait jouer son carnet d’adresses et notamment sa proximité avec Andrew Park, agent d’Olding et ancien ailier de l’Ulster à l’époque où Davidson y jouait, à la fin des années 90. Aujourd’hui l’ensemble du staff et du vestiaire corrézien ne regrette pas. À l’ouverture, mais surtout au poste de premier centre, là où il comptabilise le plus de titularisations - 13 sur 22 durant la phase régulière- le gaucher est devenu un atout indéniable au sein de la ligne de trois-quarts corrézienne, un match-winner, leader dans les actions. C’est bien simple, les dix doigts des deux mains ne suffisent pas à comptabliser ses inpirations tranchantes et géniales. Dimanche dernier ses deux interventions décisives avant et après l’heure de jeu pour sortir Brive de l’impasse face à Bayonne ont encore rappelé toute son importance.

Renaissance et nouveau souffle à brive

"C’est un drôle de gars. Il a vraiment une personnalité très attachante, simple avec le bon regard tourné vers l’avenir et la bonne dose d’humilité. Pour son âge (26 ans), il a une maturité surprenante. Sur le terrain, c’est un très gros professionnel. Il a un niveau et un bagage rugbystique au-dessus de la moyenne. Il fait partie des grands joueurs qui lèvent la tête. Dès qu’il attrape le ballon, un truc se passe", raconte Jean-Baptiste Péjoine, le patron de la ligne arrière corrézienne. Doté d’une grosse tonicité au niveau des jambes et des appuis, ce gabarit explosif (1,78 m, 88 kg) brille par ses qualités offensives, défensives ainsi que son sens aïgu de la stratégie. Rémy Ladauge, l’entraîneur des trois-quarts de Soyaux-Angoulême a vu le phénomène à l’œuvre deux fois cette saison. " C’est un joueur extrêmement complet, fort sur l’individuel et le plan collectif. Il sait jouer les duels et les remporter notamment grâce à son crochet intérieur assez fulgurant. C’est aussi un stratège et un organisateur, un cinq-huitième avec un gros pied gauche et une bonne lecture de jeu. Si vous lui donnez l’opportunité de vous faire mal, il ne la loupe pas."

À Brive, Stuart Olding compte s’inscrire dans la durée puisqu’il a dès octobre dernier prolongé son bail jusqu’en juin 2020. "Son aventure commence et recommence. Il a les traits de quelqu’un qui peut marquer un club et amener beaucoup aux autres", pense sans détour Jean-Baptiste Péjoine. "Il se concentre sur le rugby et prend du plaisir sur le terrain avec ses coéquipiers et avec les supporters en tribunes. Il a trouvé le juste milieu pour se relancer. On compte vraiment sur lui pour élever notre niveau" abonde Jeremy Davidson. Et asseoir définitivement les ambitions du CABCL au cours des deux prochaines semaines.

Midi Olympique
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