• Solidaires et opportunistes à l’image ici de Benoit Paillaugue, les Montpelliérains se sont imposés.
    Solidaires et opportunistes à l’image ici de Benoit Paillaugue, les Montpelliérains se sont imposés. Patrick Derewiany -
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Top 14

Le cœur des hommes

Ils étaient donnés morts, perdus pour la qualification. Les Montpelliérains se sont imposés à Castres au terme d’un combat acharné et reviennent ainsi à quatre points de leurs hôtes au classement. Leur solidarité retrouvée leur permet de rêver à nouveau de phases finales.

Les larmes de Vern Cotter au coup de sifflet final, l’explosion de joie démesurée de ses troupes, l’envahissement du terrain par une poignée d’irréductibles supporters héraultais… À voir ces scènes de liesse et ces instants d’émotion, on croirait presque que les Montpelliérains viennent d’être sacrés champions. Un trompe-l’œil. Mais ces images sont lourdes de sens. Elles mettent en lumière l’esprit de corps retrouvé de ce groupe, qui a aussi enfin évacué samedi, cette défaite en finale du Top14 l’an passé. Ce traumatisme meurtrier pour son unité. Le demi de mêlée Benoît Paillaugue confirme : "Je pense qu’on a montré un beau visage, celui d’une équipe soudée qui avait envie d’aller chercher cette victoire."

Communication et responsabilisation

Un sens du sacrifice illustré à merveille par une défense de fer qui enchaîne son second "clean sheet" (aucun essai encaissé) après celui réalisé face à Grenoble. "En interne cela se passe beaucoup mieux dans le groupe. Il y a plus de sourires aux entraînements, nous sommes heureux d’être ensemble. Et cela se voit après sur notre défense. On est désormais prêts à se sacrifier pour le copain d’à côté et peut-être qu’à une époque nous n’étions pas prêts à ça. À la fin du match face à Castres, personnellement, je défendais sans savoir qui était à côté de moi mais j’étais prêt à tout pour l’aider !" explique le centre Yvan Reilhac, auteur de l’essai de la gagne.

Cette entraide est une des clés de la solidité défensive retrouvée du MHR, qui a encaissé à peine plus d’un essai par match sur les sept dernières rencontres. La communication renforcée aussi selon le numéro neuf : "On se dit plus les choses et on discute énormément ensemble. Pas mal de choses ont beaucoup changé aux entraînements, on communique plus entre nous. Et puis quand tu es en confiance, c’est beaucoup plus facile de passer les messages, car tout le monde est réactif et attentif. C’est ce qui se passe aujourd’hui. On se relève aussi très vite après avoir plaqué pour reconstituer la ligne." Des échanges renforcés et une responsabilisation individuelle enfin assumée.

Samedi à Castres, le MHR n’a concédé que sept pénalités et n’a pris aucun carton. Un record à l’extérieur cette saison, là où son indiscipline chronique l’avait encore tué il y a trois semaines au Racing. "Tout le monde a pris conscience que si nous voulons nous qualifier, il faut faire le minimum de fautes possible et être irréprochables à chaque sortie. On a compris qu’il fallait constamment défendre en équipe, car dès qu’il y en a un qui sort du cadre, ça peut anéantir le travail de tout le monde" ajoute-t-il.

Discipline et attitudes

Le numéro treize poursuit : "On a vu qu’on perdait souvent nos matchs sur des détails et dès qu’on sortait du plan de jeu. Maintenant, tout le monde le respecte et ça se voit." Les Héraultais ont fait évoluer leurs : "attitudes", dixit Vern Cotter, et cela les a aidés à devenir plus efficaces dans les rucks où ils ont été peu pénalisés dans le Tarn. "Nous sommes plus efficaces, alors qu’avant, on perdait du monde pour rien. Maintenant, on ralentit les ballons tout en restant en surnombre sur notre ligne", précise Reilhac.

Le discours des Cistes a aussi changé. Eux, qui se plaignaient dans un proche passé d’être pris pour cible par le corps arbitral, admettent aujourd’hui qu’ils étaient les premiers coupables. Leur "body langage" n’était pas bon d’après le centre : "C’est surtout ça qui joue. On a pris conscience que les arbitres nous "détestaient", avaient une mauvaise image du MHR et que souvent, c’était de notre faute. L’arbitre reste un être humain et on sait qu’il peut pencher d’un côté ou de l’autre. Et cela fait plusieurs rencontres qu’on essaye de le faire pencher du nôtre par nos attitudes. Peut-être qu’il y a quelques mois, il aurait sifflé une pénalité contre nous sur la dernière action du match contre le C.O…"

Et c’est ainsi que Montpellier, qui a décroché 28 points sur 35 possibles sur les sept derniers matchs, poursuit son impressionnante marche en avant. "On travaille tous pour l’équipe, car c’est elle qui prime et non les individualités. À l’heure actuelle tout le monde pousse dans ce sens […] On doit croire en la qualification car on est encore en vie et il ne reste que deux matchs. Mais si on n’y parvient pas, on veut mourir les armes à la main", conclut-il. Et cette nouvelle mentalité fait toute la différence…

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