• Longtemps dans le coup, les Rochelais et Ihaia West ont manqué de précision pour faire plier les Clermontois.
    Longtemps dans le coup, les Rochelais et Ihaia West ont manqué de précision pour faire plier les Clermontois. Vincent Duvivier -
Publié le / Modifié le
Challenge Cup

Les armes à la main

Les Maritimes n’avaient pas grand-chose à regretter, leur jeu fait de vitesse a finalement bien fonctionné. Mais le cinq de devant adverse était trop fort. La défaite ne les a pas abattus.

Les Rochelais ont payé pour voir. C’était le discours ambiant d’une équipe, sinon surclassée, du moins facilement maîtrisée par plus forte qu’elle. Difficile d’en vouloir à une équipe qui a fait ce qu’elle voulait sur le plan stratégique, mettre un maximum de vitesse avec son trident Rattez-Retière-Andreu. Jono Gibbes le reconnaissait, beau joueur et sans faux-semblant : « La vitesse, c’est le point fort de notre équipe. On leur a mis la pression, mais on n’a pas marqué assez de points. Forcément c’est dur de perdre une finale, mais quand on fait l’analyse de la semaine, je me dis que ce groupe a passé un test qui va le faire mûrir. C’est un moment dur à vivre, mais on est capable désormais de cibler des choses à travailler pour finir la saison vraiment fort. »
Son arrière Vincent Rattez ne regrettait pas grand-chose non plus : « Nous n’avons finalement pas de regret, nous avons joué notre jeu. On a percé à plusieurs fois le rideau, mais nous n’avons pas concrétisé. Nous sommes morts les armes à la main. Je crois que nous avons fait de bonnes relances car l’objectif, c’était de ne pas leur rendre trop de ballons. Mais au final, on prend vingt points quand même. Peut-être que si Levani Botia n’avait pas été repris in extremis par Fritz Lee, la fin du match aurait été changée… »

Beaucoup de franchissements


Les Rochelais ont parfois déstabilisé la défense clermontoise. Les statistiques des franchissements le prouvent, plus qu’on ne l’aurait pensé d’ailleurs (neuf à sept en faveur des Rochelais). Liebenberg réussit une percée qui aurait pu être magistrale. Alldritt a joué le rôle qu’on attendait de lui. Mais il manqua toujours, le soutien ou la passe nécessaire pour aller au bout. Quelques mauvaises inspirations de West ont aussi pesé (pourquoi ce coup de pied à suivre pour Retière en fin de rencontre ? La Rochelle était en supériorité numérique, la carte de la patience aurait été plus judicieuse). « Nous n’avons pas été récompensés, oui peut-être par manque de patience, par précipitation, par une succession de mauvais choix, des ballons « jetés ». Après nos franchissements, nous nous sommes isolés » confirmait Xavier Garbajosa. On a pourtant cru voir des Rochelais souffrir en puissance, se faire bouger dans les zones de contact et sur les mauls, atout inattendu des Clermontois. Les Maritimes ont aussi perdu quatre ballons dans des regroupements, contre un seul gagné, une des statistiques vraiment parlantes de la défaite rochelaise. Nous avons cru les voir souffrir en mêlée en fin de partie. Mais Xavier Garbajosa tempérait. « Vous me parlez de puissance ? Non pas vraiment, ça ne s’est pas trop joué là-dessus. Je crois que Clermont a surtout bien maîtrisé son système, très simple et très efficace. C’est nous qui avons fait des fautes évitables, surtout en deuxième période. J’ai quelques souvenirs : on ne sort pas d’un ruck, on écroule un ballon porté alors qu’on est dans leur camp et on recule de quarante mètres.»
Pour exprimer la défaite des Jaune et Noir, le différentiel de pénalités, onze contre cinq, reste le critère le plus parlant, d’autant plus qu’il s’est creusé au fur et à mesure du match. Les Rochelais n’ont jamais pu remonter la pente qui s’est dessinée d’entrée de jeu. On se souviendra pourtant de ces sidérantes dix premières minutes qui les ont vus défendre comme des fous face aux assauts adverses, d’autres équipes auraient craqué. C’est une petite consolation. Marc Andreu exprimait bien ce sentiment de déception plutôt que de frustration. « On a appris ce soir. On espère que ce sera une motivation pour la fin de la saison. Après tout, on a su créer pas mal de désordre grâce à nos points forts. Mais dans une finale, il y a une chose qui est capitale, c’est l’évolution du score et nous avons toujours été derrière. » Nous n’avons pas senti une équipe abattue dans les couloirs de St James’Park. Une défaite pour une première finale était finalement dans l’ordre des choses, elle a peut-être donné un label aux Rochelais qui leur servira pour la phase finale de Top 14 qui s’annonce, même si elles ne sont pas encore certaines.