• Manuel Ordas a su se remobiliser malgré une entame délicate. Photo Pablo Ordas
    Manuel Ordas a su se remobiliser malgré une entame délicate. Photo Pablo Ordas
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Entretiens

"Des matchs qu’on rêve de jouer…"

Manuel ORDAS - Demi d’ouverture de Bayonne Le numéro 10 de l’Aviron vivait ses premières phases finales avec son club de cœur. Il revient sur cette expérience, mais aussi cette transformation immanquable, ratée en début de match.

Est-ce qu’il y a, ce soir, le sentiment du travail accompli ?

Oui, le travail est accompli. Nous voulions absolument recevoir un barrage à domicile. C’était chose faite après Massy. Nous avions envie de faire un gros match pour offrir la victoire à nos supporters et aller chercher une demi-finale. Maintenant, on peut dire que ce n’est que du bonus.

Vous avez marqué beaucoup d’essais, mais vous n’avez pas réussi à tuer le match…

Peut-être qu’après le carton rouge qu’ils prennent, une forme de suffisance s’est installée et nous n’avons pas réussi à tuer les actions quand il fallait le faire. Nous les avons laissés espérer tout au long de la rencontre. Nous n’avons jamais creusé l’écart, mais nous sentions que nous avions le match en mains. Au final, ça se termine bien donc nous sommes très contents.

Que représentait ce barrage, pour vous ?

Ce sont des matchs qu’on rêve de jouer depuis qu’on est petit donc il y avait beaucoup d’excitation. Dans ces matchs à élimination directe, les erreurs peuvent coûter cher. Cela rajoute de la pression.

Vous disputiez votre huitième match de la saison. Il y a deux mois, vous n’étiez pas dans le groupe et là, vous êtes titulaire sur un match de phase finale. Comment vous êtes-vous senti ?

Au vu du début de saison compliqué et les nombreux pépins physiques que j’ai vécus, je ne pensais pas me retrouver titulaire pour ce barrage. Je voyais les matchs des tribunes et il y avait une grosse frustration, car j’avais envie de prendre part à la belle aventure que vivait l’équipe. J’ai su saisir ma chance lorsqu’on me l’a donnée et je suis très heureux de faire partie de ce groupe. Il y avait un peu de pression au début. Je pense que ça s’est vu avec cette transformation. En étant d’ici, j’avais vraiment à cœur de faire un gros match. Je savais que le public allait pousser derrière nous. Puis quand on se retrouve sur le terrain, on a juste envie de se faire plaisir et de faire ce que l’on sait. Après quelques minutes compliquées, j’ai bien su rentrer dans ce match et je suis content.

Que s’est-il passé, sur cette transformation ?

Je suis à dix mètres face aux poteaux, je me dis que je ne peux pas la louper et il y a une erreur de concentration, de la précipitation, un peu de pression… Et ça donne ça.

Qu’est-ce que vous vous dites, à ce moment-là ?

Je me dis qu’il faut vite que je bascule sur l’action suivante, que je ne dois pas faire gaffe à ça et que je dois me remettre dans mon match. Il fallait que je me rassure sur des points basiques comme la défense, mettre un bon plaquage ou faire un bon jeu au pied.

C’est quelque chose qui peut faire sortir du match ?

Ça peut, oui. Si après ça, on fait une ou deux actions mauvaises, c’est la chute libre. Quand je sors et qu’on prend le dernier essai, nous n’avons plus que six points d’avance. Je me dis alors, "si je l’avais mise, il n’y aurait pas tout ce suspens". Mais bon, c’était trop tard.

Est-ce que vous vous êtes

fait chambrer ?

J’ai eu le droit à quelques remarques dans le vestiaire. Mais je m’en sors plutôt bien. Chaque semaine, nous votons pour celui qui a fait la boulette du match. Celui qui est élu doit s’occuper d’un hamster toute la semaine. Ça s’est joué à pierre-papier-ciseaux entre Tristan, pour sa pénaltouche non trouvée, et moi. C’est Tristan qui l’a donc je suis soulagé (rires).

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