• Pro D2 - Arthur Duhau (Bayonne)
    Pro D2 - Arthur Duhau (Bayonne) Pablo Ordas / Pablo Ordas
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Aviron Bayonnais

Duhau, l’enfant du club

Licencié à l’Aviron depuis son plus jeune âge, Arthur Duhau vit ses premières phases finales avec son club de cœur. Pas impressionné par le contexte, l’ailier savoure ces moments particuliers.

Il fait partie de ces Bayonnais purs et durs. De ceux qui n’ont connu qu’un club. Alors c’est vrai, Arthur Duhau n’a pas l’âge d’un Aretz Iguiniz, ni ses 14 saisons passées avec le groupe professionnel, depuis que le pilier formé à Hendaye est arrivé à l’Aviron en 2005. Duhau est, en revanche, le seul joueur de l’effectif ciel et blanc à avoir fait toutes ses classes au club, des micro-poussins à l’équipe première, de 5 à 21 ans. Rare.

Duhau a gravi les échelons sur les pelouses de la Floride ou de Saint-Léon. Il y a croisé rapidement la route des Muscarditz, Tisseron, Luc, Lestrade ou autre, jusqu’à partager, avec eux, deux premières saisons complètes en espoirs, à l’issue desquelles le Castres Olympique essaye de le recruter. Mais l’Aviron ne le voit pas de cet œil. Pierre Berbizier et Vincent Etcheto convainquent le joueur de rester, et le club lui propose un contrat espoir de deux ans. « Que l’Aviron me retienne m’a fait plaisir. J’ai su qu’il y avait peut-être quelque chose et qu’il fallait que je m’accroche. Quand tu signes le contrat, tu vas faire partie des grands... »

Pro D2 - Arthur Duhau (Bayonne) contre Massy le 31 août 2018
Pro D2 - Arthur Duhau (Bayonne) contre Massy le 31 août 2018 - Icon Sport

Après une première saison de découverte, l’an dernier (2 feuilles de match), le joueur, qui est plutôt à l’aise sous les ballons aériens, s’est installé dans la rotation sous l’ère Bru, mais a dû faire face à une acromio de stade 3, qui l’a éloigné des terrains trois mois. « J’ai frôlé l'opération ». Le garçon, champion de France avec la sélection aquitaine en 2014 et 2015, affiche un des meilleurs ratio de l’équipe cette année. Dix matchs, six essais, soit un essai toutes les 103 minutes. « C’est mon rôle » assume-t-il. Le club n’a, dès lors, pas tardé à lui proposer un nouveau contrat de deux ans (un an espoir + un an pro), qu’il a accepté cet hiver. Titulaire lors des deux dernières journées de la phase régulière, il a pu découvrir le week-end dernier, non sans surprise, le parfum des phases finales. « C’est un rêve de gosse. Tu les vois à la télé depuis tout petit et là, de jouer dans cette équipe, c’est fabuleux. »

Il aurait joué Jonah Lomu, ça aurait été la même chose

Samedi soir, lors du barrage face à Nevers, Duhau a dû faire face au meilleur marqueur de Pro D2. À celui qui s’amuse dans les défenses (15 essais en 22 matchs), mais qui était muet depuis maintenant deux mois. « Raisuqe ou pas, comme j’aime bien défendre et plaquer, ça ne me dérangeait pas de le prendre toute une soirée, même si ça a bougé » sourit le jeune homme qui fêtera ses 22 ans dans trois mois.

Malgré un premier plaquage manqué sur le fidjien, le joueur également capable d’évoluer à l’arrière, ne s’est pas défilé face à l’ancien Parisien : « Le staff m’avait dit de ne pas lui laisser d’espace et de couper les extérieurs au maximum, explique-t-il. J’ai essayé de monter le plus vite possible et de le prendre très bas pour qu’il ne puisse pas avancer, même si sur la première action, je le prends trop bas et je ne lui enlève que le crampon. »

Pro D2 - Arthur Duhau (Bayonne) face à Josaia Raisuqe (Nevers)
Pro D2 - Arthur Duhau (Bayonne) face à Josaia Raisuqe (Nevers) - Pablo Ordas

Son capitaine, Antoine Battut, apprécie l’approche : « Quand j’avais son âge, j’aurais aimé me poser beaucoup moins de questions. Lui ne s’en pose pas du tout et il est dans l’action. C’est une qualité à cet âge-là. C’est un joueur courageux qui porte la bonne humeur sur son visage. Avec Aymeric (Luc), dans le fond du terrain, ils ont cette insouciance… Je pense qu’il aurait joué Jonah Lomu samedi, ça aurait été la même chose. Je ne lui dis pas, mais je suis assez admiratif de ce qu’il arrive à faire. »

Des fois, je me dis “qu’est ce que je fous là

Joël Rey aime également le personnage : « Arthur, c’est la joie de vivre ! Le matin, tu le vois, il est là, il est à fond. Tout ce qui lui est arrivé cette année avec l’Aviron, il se l’est gagné. La saison n’a pas été facile pour lui, mais il a bossé, et il ne s’est pas posé de question. Moi, j’adore. » Naturellement, Duhau postulera pour une place dans le bus qui partira de Bayonne, jeudi, pour rallier Oyonnax. Et samedi, il pourrait se retrouver face à Dug Codjo, dauphin de … Raisuqe au classement des marqueurs avec 12 réalisations.

« Si je joue, il sera en face de moi puisqu’il évolue à droite. Il faudra faire pareil, essayer de fermer les extérieurs, lui laisser le moins de champ possible et s’accrocher. » Et quand on lui demande d’évoquer les souvenirs qu’il a de la dernière demi-finale de Pro D2 disputée par l’Aviron il y a trois ans, Arthur Duhau conclut avec ce brin d’insouciance qui le caractérise : « Ça fait bizarre. Quand ils sont montés, c’était énorme, je suivais tous les matchs, j’allais les voir. Et quand je n’avais pas de place, je regardais à la télé. C’est mon équipe de cœur, ça fait plaisir et des fois, je me dis qu’est ce que je fous là. C’est incroyable. »

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