• Les joueurs de Mont-de-Marsan
    Les joueurs de Mont-de-Marsan Manuel Blondeau/Icon Sport -
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Pro D2

Une gifle et puis s’en va...

Humiliés par le RC Vannes, les Montois sont apparus marqués par la gifle reçue. Le plus touché ? Le manager Christophe Laussucq dont c’était le dernier match à la tête du club.

Il rêvait probablement d’une autre sortie, Christophe Laussucq. Son équipe humiliée sur la pelouse de la Rabine, l’entraîneur montois s’est éclipsé très vite, le visage rongé par la colère. On a bien essayé de lui poser une question, de le sonder sur le sentiment qui l’habitait, sur sa déception de partir sur un échec. En vain. Le futur manager du SU Agen a fendu la petite masse de journalistes agglutinées en zone mixte sans un mot. "Je n’ai pas envie", a-t-il simplement rétorqué sèchement, son amertume sans doute à la hauteur de ses espoirs d’avant-match. Il est comme ça, "Kiki" Laussucq. Entier et sans faux-semblant, dans les bons comme les mauvais moments.

Quelques heures plus tôt, installé devant un expresso serré dans la salle du petit-déjeuner de l’hôtel Kyriad prestige, il confiait son optimisme : "C’est la première fois qu’on a peut-être notre meilleure équipe cette saison et j’ai le sentiment que nous avons bien travaillé durant la semaine." Il se projetait déjà vers une éventuelle demi-finale, comme pour mieux prolonger son aventure montoise, débuté six ans plus tôt. Dans les Landes, Laussucq, c’est une finale d’accession et cinq demi-finales. Et tout ça avec l’un des plus petits budgets de Pro D2. Ça vous pose la qualité d’un technicien. "Mon seul regret avant de partir, disait-il le regard droit. J’aurais aimé faire monter le club." Et d’ajouter dans un long soupir : "Qui sait si ce n’est pas pour cette année ? Nous sommes capables du meilleur comme du pire." Las, en Bretagne, ses joueurs ont affiché en taille XXL la plus mauvaise facette. "C’est un sentiment de honte, a confirmé le demi de mêlée Christophe Loustalot. On n’a pas existé. Tout ce qu’on a parfois raté dans la saison, on l’a reproduit sur ce seul match." "Et ça fait d’autant plus mal qu’on ne s’y attendait pas, a repris l’entraîneur des avants David Auradou. Je ne veux pas accabler les joueurs aujourd’hui, je suis convaincu qu’ils n’avaient pas envie d’offrir cette sortie à Christophe." Et pour cause.

La fin d’un chapitre

Son départ pour Agen annoncé dès le mois de septembre, Christophe Laussucq a été blessé par certains commentaires venus de l’extérieur, mais aussi des propos et des comportements en interne. "Bien sûr que j’ai été touché quand j’entendais que je ne jouais pas le jeu, que j’étais déjà parti à Agen et qu’en plus je pillais le club, s’agaçait-il encore à quelques heures du coup d’envoi. Être sali de cette façon, c’est vraiment dégueulasse." Dans les coulisses du Stade montois, certains membres influents auraient réclamé la tête de celui qui a pourtant réalisé des miracles ces dernières saisons. C’était il y a quelques mois après une défaite à Bourg-en-Bresse.

Certes, pour Mont-de-Marsan, cette défaite en barrage est un échec. Mais pour Christophe Loustalot, les yeux emplis de larmes, il est collectif. "Prendre 50 points à ce stade de la compétition, c’est dangereux, a-t-il tonné. Il doit y avoir une remise en question à tous les étages du club. Sans exception." Une façon comme une autre de dédouaner aussi Laussucq, vers qui les regards vont forcément se tourner dans les jours à venir. Son départ marque la fin d’un chapitre. Son vieux complice David Auradou va reprendre la barre, avec une humiliation à digérer. "C’est forcément plus dur de repartir après une claque, d’autant que c’est vraiment une page qui se tourne avec le départ de Christophe." Une gifle en guise de clap de fin, assurément Laussucq méritait une autre sortie.

BEURDELEY Arnaud
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