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Top 14

Perpignan - Racing 92 : pour l'amour du maillot

Enzo Forletta, pilier de Perpignan et enfant de l’Usap, le gaucher catalan revient sur sa prolongation de trois ans avec le club sang et or, malgré la relégation en Pro D2 et une offre de Clermont.

Jean-François Imbernon, Bernard Goutta, David Marty… D’une décennie à l’autre, Perpignan n’a cessé de nourrir son identité si singulière dans le sillage de ses joueurs emblématiques. Chaque épopée du club catalan dans l’histoire du ballon ovale ne peut être dissociée de ces hommes au caractère bien trempés, que les supporteurs catalans ont adulé et que les clubs adverses ont adoré détester. Symboles de tout un territoire, ces enfants de l’Usap ont tour à tour préservé l’âme de cette entité particulière du rugby français.

Racing 92 - Perpignan
Racing 92 - Perpignan - Icon Sport

À 24 ans, il serait prématuré d’affirmer qu’Enzo Forletta s’apprête à prendre le relais de ses illustres prédécesseurs. Il n’empêche que le pilier gauche catalan a fait preuve d’une fidélité exemplaire envers son club cette saison. En dépit d’un exercice cauchemardesque en Top 14, et malgré l’offre que lui proposait le Clermont de Franck Azéma - tremplin idéal pour une future sélection en équipe de France - Enzo Forletta a décidé, en décembre dernier, de prolonger son contrat de trois ans avec Perpignan. Cinq mois et une relégation en Pro D2 plus tard, la coqueluche d’Aimé-Giral réaffirme haut et fort sa décision. « J’ai fait un choix, je l’assumerai. »

Après quatre années d’apprentissage en deuxième division, le pilier passé par Argelès-sur-Mer a découvert, comme nombre de ses coéquipiers, le monde impitoyable de l’élite du rugby français. À plusieurs reprises cette saison, Enzo Forletta n’a pu cacher sa mine grave en conférence de presse. « Ne jamais voir le sourire dans le vestiaire à la fin des matches, c’est le plus compliqué. On a envie de se faire plaisir et de faire plaisir à nos supporters… mais ça ne vient pas. On n’a pas triché, on n’a pas lâché mentalement, et on ne s’est jamais dit : « C’est bon on arrête, c’est fini » , confie ce dernier.

Qui pourrait y croire à notre place ? 

Alors, au moment de décider de son avenir en plein milieu de la tempête, Enzo Forletta s’est rattaché aux racines du passé ainsi qu’aux espoirs du futur. « Je trouve que ce club veut avancer, renouer avec le haut niveau. Je pense que le projet que met en place le staff et la présidence est en train de prendre forme. Et moi, je veux en faire partie. L’Usap n’a pas le budget le plus important et doit pouvoir compter sur les jeunes qu’elle forme. Si nous-mêmes, qui faisons partie de ce club depuis tout petit, ne croyons pas à ce projet, qui pourrait y croire à notre place ? », s’interroge celui qui est devenu l’un des leaders du vestiaire sang et or. « Je suis attaché à l’Usap, parce que je suis né ici, mais aussi parce que j’ai vécu de belles choses lors de mes années Reichel, Crabos…

C’est ce qui nous a donné la chance de jouer au haut niveau. Aujourd’hui, de croire en ce projet, de vouloir remettre le club là où il était, c’est une manière de le remercier », insiste-t-il. Enfin, à ceux qui lui reprochent cette décision peu commune, Enzo Forletta l’assure à sa manière : « Je ne reste pas ici pour ne rien branler et pour me reposer sur mes lauriers. Je veux essayer de passer un cap, comme j’aurais pu le faire à Clermont.

Quand un joueur passe à l’ASM, il évolue forcément. Et moi, par l’engagement que je vais y mettre, j’aimerais arriver à passer ce cap à Perpignan, individuellement et collectivement. » Samedi face au Racing, le pilier gauche catalan connaîtra sa 120e feuille de match sous le maillot de l’Usap chez les pros. Loin d’être la dernière.

Emilien VICENS
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