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    Pressions contraires Karine Monfray -
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Pro D2

Oyonnax - Bayonne : Pressions contraires

Si les dynamiques des deux équipes ne sont pas extra depuis quelques semaines, les Bayonnais ont su assurer l’essentiel en barrages pour se déplacer dans l’Ain sans pression. Tout le contraire d’Oyonnax Rugby qui, devant son public, n’aura pas droit à l’erreur.

Si la phase finale est censée constituer le moment fort d’une saison, difficile dans le cadre d’une saison aussi longue et éprouvante que le Pro D2 d’exiger que les équipes parviennent à les disputer au mieux de leur forme… Et cette problématique-là, Oyonnaxiens et Bayonnais la connaissent mieux que personne, étant entendu que les deux équipes présentent actuellement des dynamiques loin de leurs meilleurs standards, avec seulement cinq victoires chacune lors de leurs dix derniers matchs. Défaits à domicile par Brive (10-22) lors de leur dernière sortie à Mathon, les Haut-Bugistes ont également été défaits à Aix-en-Provence lors de l’antépénultième journée, avant de sauver leur place de demi-finaliste direct dans les vingt dernières minutes de la saison régulière à Angoulême, grâce à un doublé de Ben Botica.

Quant aux Bayonnais ? L’actualité est encore moins reluisante… Défaits à Jean-Dauger dans le derby basque début avril (14-19), ces derniers ont souffert mille morts pour arracher un succès à 15 contre 14 face à Nevers, et se sont surtout montrés incapables de gagner un match à l’extérieur depuis le début de l’année 2019 (dernier succès à Colomiers, 0-6, le 7 décembre). De quoi affubler les hommes de Yannick Bru de l’agréable costume de l’outsider ? N’en déplaise aux Oyomen, c’est bien ce dont il s’agira, oui… "Contre Nevers, nous avons pu voir toutes nos qualités et tous nos défauts, avec cette première transformation manquée et cette pénaltouche non trouvée qui nous met sous pression toute la fin de match de manière totalement inutile, soulignait l’ancien entraîneur des avants du XV de France. Mais bon, nous ne préparons pas le Stade toulousain… Nous préparons une équipe jeune, qui est en formation et avec qui il faut être tolérant. Nous ne serons évidemment pas favoris à Oyonnax, et nous y irons pour montrer une belle image de l’Aviron. La seule pression que l’on aura sera celle de bien faire."

Fin de cycle à Oyonnax

Un discours facile, bien sûr, dont les Oyonnaxiens ne sont pas dupes. Reste que celui-ci souligne en creux une vérité : descendus du Top 14 la saison dernière, désignés favoris des entraîneurs pour la montée en début de saison, les hommes de l’Ain évolueront avec une pression énorme sur les épaules, pour la dernière sortie à domicile de l’entraîneur Adrien Buononato ou de l’ouvreur Ben Botica (entre autres) qui sonneront comme la fin d’un cycle. Ou le début d’un autre, en fonction du résultat…

Un contexte émotionnel forcément très lourd et étouffant, dont l’enjeu pour les Oyomen sera de tirer le positif pour vaincre le stress. Plus facile à dire qu’à faire, à l’évidence, d’autant que le dernier match couperet joué par Oyonnax Rugby (certes à l’extérieur) s’est soldé par une gamelle sur la pelouse du stade des Alpes, dont tout le monde se souvient du côté de Charles-Mathon. Le genre de tabou qu’on souhaitait surtout occulter du côté de l’Ain, en se focalisant sur le positif des dernières semaines. "On a vu que lorsqu’il se met en situation périlleuse, ce groupe savait aussi en sortir, disait Adrien Buononato après la victoire des siens sur la pelouse d’Angoulême, son futur club. Seul Brive avait jusqu’alors gagné ici, cela montre bien notre force de caractère au moment de conserver notre destin entre nos mains."

Bayonne a trouvé la recette

Reste qu’il faudra faire beaucoup mieux pour écarter la menace de Bayonnais qui se déplaceront sans pression négative à Charles-Mathon, où ils conservent le souvenir - déjà lointain - d’avoir chuté de très peu lors de la phase régulière, le 6 septembre (18-16). Un match que seul le pied gauche de Ben Botica avait permis de faire basculer en faveur des siens en fin de match, associé à la puissance d’un pack qui était notamment parvenu à inscrire deux essais sur ballon porté. Le genre de donnée que le disque dur de Yannick Bru a évidemment intégré depuis longtemps et ne surprendra pas l’Aviron cette fois-ci, comme cela n’avait déjà pas été le cas lors du match retour, plutôt dominé par les Basques avant un trou d’air d’un quart d’heure qui avait permis aux Oyomen de s’adjuger sur le fil le bonus défensif (30-25). Un match qui avait vu l’Aviron prendre à la gorge Oyonnax d’entrée de jeu, et surtout faire déjouer Ben Botica, pris à la gorge par le pressing défensif adverse. Une méthode que les Bayonnais chercheront évidemment à reproduire, dans le but avoué de faire douter et déjouer Oyonnax Rugby dès les premières minutes… L’unique solution, au vrai, pour faire taire un stade Charles-Mathon rempli jusqu’à la gueule. Et empêcher ce dernier de mettre la pression sur l’arbitre M. Brousset, donnée tout sauf anodine dans un match éliminatoire disputé sur terrain non neutre…

"Nous ne serons pas favoris à Oyonnax, où nous irons pour montrer une belle image de l’Aviron. La seule pression que l’on aura celle de bien faire."

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