• Les Palois de Marvin Lestremau ont dominé sans trembler de pâles Grenoblois, incapables d’inscrire le moindre point. Photo David Le Déodic
    Les Palois de Marvin Lestremau ont dominé sans trembler de pâles Grenoblois, incapables d’inscrire le moindre point. Photo David Le Déodic
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Top 14

En chantier durant l’été

Les Palois ont clôturé leur saison à domicile par une bonne note. mais Ils doivent vite se projeter sur le prochain exercice pour se reconstruire après une année noire sur tous les plans.

Il est temps que la saison prenne fin pour les Palois qui ont raté leur ultime sortie devant leur public. Bon, cette fois-ci l’honneur est sauf. La Section a mathématiquement assuré son avenir en Top 14. Le score de 22 – 0 ? Très flatteur et qui ne reflète pas du tout la physionomie d’une rencontre où une fois de plus, Pau a livré un brouillon de jeu offensif et laissé des portes grandes ouvertes dans sa défense. Les Palois ont aussi gaspillé encore de trop nombreuses munitions en touche (6). Leur victoire, ils l’ont acquise grâce à l’indiscipline chronique et rédhibitoire du FCG, à deux essais refusés justement à la vidéo aux Isérois qui auront eu la mainmise sur la rencontre. À vrai dire, la dernière prestation à domicile des Béarnais aura permis au duo d’entraîneurs Godignon-Manca, qui devrait être aux manettes l’an prochain de prendre conscience de l’étendue du chantier qui les attend.

Trois mois pour se remettre d’aplomb

Tout est à reconstruire rugbystiquement ou presque. Ce constat, le nouvel homme fort du staff Béarnais, Nicolas Godignon en convenait sans sourciller. "Je me suis vraiment ennuyé. Il nous a manqué beaucoup de choses en termes d’énergie, de déplacement et dans le secteur de la touche. Bon pour la première fois on n’encaisse rien. Le plus important était de maintenir la Section en Top 14. C’est fait, le bonus est anecdotique." Bien qu’arrivé au club début janvier, lui aussi n’était pas malheureux de voir la saison se terminer. De pouvoir enfin tourner la page d’un début de séjour dans le Béarn compliqué. "Oui, il nous tardait de finir. Le club a vécu des moments difficiles : trois changements d’entraîneurs, des résultats qui ne sont pas convenables. On est soulagé. On va pouvoir passer dans la préparation de la saison prochaine." L’ancien coach des Brivistes y travaille depuis plusieurs semaines. Le maintien validé, il va pouvoir concrétiser son recrutement et notamment l’arrivée de deux ex-joueurs du CABCL, Samuel Marques, qu’il avait déjà lui-même recruté en Corrèze, mais aussi le pilier Lucas Pointud (qui remplacera le néo-retraité Thomas Domingo) sous contrat avec le Stade toulousain mais en partance certaine de la ville rose. Pour le reste tout est à jeter donc ? Non, une de ses premières décisions, à savoir le changement de capitaine, semble avoir été pertinent. Les Palois ont enfin trouvé un leader digne de ce nom en la personne de Quentin Lespiaucq-Brettes, irréprochable chaque fois qu’il a pu tenir sa place cette année. Un leader par l’exemple, qui possède suffisamment de charisme et d’autorité pour montrer la bonne voie. Et même quand il se trompe. Samedi en fin d’après-midi, il analysait sa propre prestation sans chercher de faux-fuyant. "J’ai cherché la perfection et je ne l’ai pas trouvée. Les ballons perdus en touche, c’est pour moi, c’est de ma responsabilité. Cela montre que j’ai encore beaucoup de travail à fournir et être plus régulier." Et sur son nouveau rôle ? "Cela ne change pas grand-chose, je ne suis pas seul. Il y a cinq ou six leaders de jeu. Bon, je parle un peu plus avec les arbitres." La Section a trois mois pour se remettre d’aplomb. Trois mois pour aussi "retrouver la stabilité du club qui en faisait sa force", selon les propos de Thibaut Daubagna et vite oublier, digérer toutes les affres d’une saison où le club a fait plus que flirter avec la ligne rouge.

GOU Pierre-Laurent
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