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Entretiens

"J’avais passé la nuit en jogging, avec 40 degrés de fièvre..."

 Auteur de 19 points contre La Rochelle et devenu meilleur réalisateur du Top 14 malgré une veille de match agitée, Jonathan Wisniewski se projette d’ores et déjà sur le barrage.

C’est au terme d’un match peu convaincant que votre équipe a validé sa qualification pour les barrages, que le Lou disputera officiellement à Gerland…

Ce match, c’était un mélange de beaucoup de choses. Celui de l’euphorie de jouer une première qualification pour les barrages à domicile, l’excitation de concrétiser une saison plutôt aboutie, la peur de gâcher car nous étions la seule équipe sur le terrain à avoir tout à perdre, le fait que l’adversaire présente une équipe remodelée, la pluie qui tombait sur Lyon… On savait qu’en perdant, on risquait de se mettre en difficulté pour la qualification, alors il y avait tout pour faire de ce rendez-vous un match piège. Alors, même si le contenu n’a pas forcément été au rendez-vous, on peut être satisfait de la façon dont nous avons géré ce match.

On a l’impression que votre équipe a quelques difficultés à montrer son vrai visage sous la pluie…

Les conditions étaient surtout à peu près les mêmes lorsque nous avons reçu Castres, où deux ou trois faits de jeu avaient suffi à nous sortir du match. Alors, dans ces conditions, le simple fait de gagner nous satisfait. L’avantage après ce match, c’est qu’il n’y a pas eu d’euphorie, plutôt une espèce de soulagement à l’idée d’avoir marqué l’histoire du club. Et maintenant, nous avons tous envie de passer à autre chose. Ce n’était pas un formidable match de rugby, mais nous avons su le remporter sans nous affoler, et c’était le plus important pour jouer ce barrage à Gerland. Nous avons rencontré différents scénarios lors de nos derniers matchs, à Pau, contre Clermont, contre Bordeaux… Ce qui est bien, c’est que même quand il nous manque quelque chose, on a jusqu’à présent toujours été capable de faire front. J’espère qu’on sera capable de regrouper toutes ces expériences pour répondre présent lors de cette phase finale.

Il y a de fortes probabilités pour que le match de barrage vous oppose de nouveau à La Rochelle. Ce contexte a-t-il pu peser sur la stratégie du match ?

Non, je ne pense pas que ça ait joué, parce qu’on voulait vraiment faire le meilleur match possible. Si on doit rejouer La Rochelle en barrage, on n’affrontera probablement pas les mêmes joueurs, mais les systèmes de jeu et l’organisation défensive seront les mêmes. En revanche, le contexte éliminatoire du match rendra les choses différentes. En espérant que la météo ne sera pas la même non plus…

Il paraît que vous n’étiez pas certain de pouvoir tenir votre place au matin du match…

Une sale angine… (il sourit) Quand je me suis levé, j’ai posé la question à ma femme de savoir si c’était raisonnable d’y aller. J’avais passé la nuit en jogging, avec quarante degrés de fièvre, et je n’étais pas au mieux au moment de prendre le chemin du stade.

Est-ce pour cela que vous avez évolué sans casque pour la première fois peut-être de votre carrière professionnelle ?

C’est ça ! (rires) En faisant mon sac, j’ai oublié le casque et pas seulement. J’ai oublié des tas d’affaires, la ceinture de mon pantalon pour l’après-match… Bref, j’étais un peu à l’ouest. Je ne sais pas encore pourquoi, pendant la nuit, je m’étais levé pour re-regarder la finale Saracens-Leinster, et je n’avais en plus même pas fait la sieste dans l’après-midi à cause de la fièvre. Ce n’était pas la préparation idéale…

Cela ne vous a pas empêché de vous montrer encore efficace au pied, avec un drop important et 19 points qui font de vous le meilleur réalisateur de la saison en cours…

Je n’avais pas fait attention, pour être franc… C’est sûr que jusqu’à maintenant, je ne réalise pas une trop mauvaise saison, mais je sais pertinemment que les coups de pied qui vont compter, ce sont ceux qui arriveront maintenant. Cela ne sert à rien de se montrer régulier pendant 25 journées si c’est pour tout gâcher lors de la phase finale.

Dans cette optique, on observe que vos adversaires vous ciblent de plus en plus sur les transformations, où ils cherchent à profiter de votre routine pour vous contrer. Pierre Aguillon y est d’ailleurs presque parvenu, et ne vous a pas manqué à la retombée…

Ça, ça ne m’était jamais arrivé de ma vie ! Je crois que je n’avais d’ailleurs jamais vu ça, sur n’importe quel terrain. Ça m’a un peu perturbé, parce qu’il me charge quand même assez franchement après le coup de pied, et que l’arbitre ne donne même pas une pénalité à la place du renvoi ! J’espère que cela ne va pas donner d’idées à d’autres (rires). Et j’espère surtout que ce cas ne fera pas jurisprudence.

ZANARDI Nicolas
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