• En réussissant cet incroyable retour, Bayonne a signé un des plus beaux exploits de l’histoire récente du Pro D2. Photo Carine Monfray
    En réussissant cet incroyable retour, Bayonne a signé un des plus beaux exploits de l’histoire récente du Pro D2. Photo Carine Monfray
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Pro D2

La victoire mémorable de Bayonne

Mené 27-9 à la pause, l’Aviron bayonnais a réussi son plus bel exploit de ces dernières années pour s’offrir une place en finale de Pro D2.

Dans dix ans, ils en reparleront encore. Pourtant, ce n’était qu’une demi-finale. Mais quelle demi-finale, bon Dieu ! Il leur manquera toujours les superlatifs pour évoquer cette remontée fantastique. Les sourires, en revanche, et ces étoiles dans les yeux pour parler de ce long, mais mémorable voyage à Mathon, seront toujours présents. Remporter une demi-finale à Oyonnax, quand on sait que Bayonne ne s’est jamais imposé à l’extérieur face à une équipe du top 6 cette saison, c’est fort. Le faire, après avoir accusé un retard de 18 points à la pause, c’est colossal.

Les actes de Rouet, les mots d’Arganèse…

Si la jeunesse bayonnaise a illuminé une partie de la saison de l’Aviron et si les Boniface, Latunipulu, Tisseron, Héguy, Tedder, Ordas ou Duhau ont répondu aux attentes placées en eux, difficile, aujourd’hui, de ne pas souligner la prestation majuscule de certains “anciens”, à commencer par Guillaume Rouet. Avec l’absence d’Emmanuel Saubusse, Rouet a donc enchaîné un deuxième match de (très) haute intensité en intégralité. 160 minutes dans les jambes et finalement un dernier regain d’énergie pour contester un ultime ballon qui offrit la pénalité salvatrice. Respect.

Que dire, également, de l’entrée XXL de Boutaty ? Dans la lignée de sa grosse demi-heure une semaine plus tôt face à Nevers, "Abdel" n’a cessé d’avancer dans l’axe - comme Boniface - sur toute la seconde période. Déjà porté en triomphe par Iguiniz et Mousset à la fin du barrage, le chouchou de Jean-Dauger s’est fait, un peu plus, une place dans le cœur des Bayonnais. On pourra aussi profiter de ces quelques lignes pour parler du pragmatisme de Bustos Moyano (12 points inscrits en 20 minutes), ou du leadership d’Antoine Battut. Mais on mettra surtout l’accent sur ces mots de Grégory Arganèse, à la pause, qui ont remis les Basques dans le droit chemin.

Alors qu’avant le match, Yannick Bru avait montré à ses joueurs la vidéo de la "remontada" de Liverpool face à Barcelone en Ligue des Champions, le talonneur Bayonnais - absent de la feuille de match, mais bel et bien présent pour ce voyage - prit la parole, au moment où les siens comptaient 18 points de retard. " Les gars, eux l’ont fait. Il n’y a pas de raison que nous ne le fassions pas" a-t-il lâché. " Greg nous a parlé. On sait qu’il va arrêter à la fin de l’année et ça a été très touchant confiait Manuel Ordas après la rencontre. Ça nous a tous remobilisés et on a su remettre les ingrédients pour aller chercher cette victoire." Ou comment la présence de certains joueurs importants du vestiaire, même absents du terrain, peut faire basculer une rencontre.

On ne peut plus reculer

Dimanche prochain, l’Aviron Bayonnais ira à Pau, disputer sa deuxième finale de Pro D2 en quatre ans. "Nous sommes des compétiteurs et on se décarcasse toute la saison pour jouer ce genre de match. Et bien sûr que quand on y est, on a envie d’aller au bout", annonçait Guillaume Rouet avant le barrage contre Nevers. Les siens y sont. Et peu importe si la montée n’était pas l’objectif annoncé cette année. Peu importe, également, si celle-ci causerait un sacré casse-tête à tout un staff, passée l’euphorie, en cas de dénouement positif au Hameau dans une semaine.

"On avait dit que dans deux ou trois ans, on essaierait de remonter… Aujourd’hui, nous sommes aux portes du Top 14. On va le vivre. Nous allons à Pau pour gagner cette finale ou jouer ce barrage si nous la perdons. Mais on ne peut plus reculer et se mentir à nous-mêmes reconnaissait un Philippe Tayeb, ému, au micro d’Eurosport samedi soir. Nous allons vivre cette finale pour remonter en Top 14. Nous ne pouvions pas l’annoncer il y a un an, c’était vraiment trop prétentieux de notre part." Ce matin, ça ne l’est plus. L’Aviron est à 80 minutes de retrouver l’élite.

Midi Olympique
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