• Les Héraultaises exultent : elles soulèvent le Bouclier de championnes de France. Elles viennent de venir à bout des Toulousaines en finale. Photo Valentine Chapuis
    Les Héraultaises exultent : elles soulèvent le Bouclier de championnes de France. Elles viennent de venir à bout des Toulousaines en finale. Photo Valentine Chapuis Valentine Chapuis -
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Féminines

Les reines montpelliéraines

En battant le Stade toulousain, Montpellier s’est offert son huitième titre de champion de France. Un septième sacre en huit ans qui fait définitivement entrer les Montpelliéraines dans la légende.

"On va bien profiter ce soir, mais dès la semaine prochaine, on va analyser ce que l’on a fait car certaines choses n’ont pas été. Il va falloir se remettre au travail, c’est ça qui nous fait progresser." À en croire l’emblématique talonneuse, Gaëlle Mignot, le secret de la longévité des Montpelliéraines résiderait peut-être dans cette remise en question perpétuelle. Cet art de ne jamais se satisfaire pleinement du travail accompli. Sacré pour la troisième fois de rang, Montpellier poursuit son incroyable moisson dans un rugby féminin qu’elle continue de dominer sans partage. Pourtant, en face, le Stade toulousain avait tout du profil type d’une équipe capable d’enrayer la machine bleue. Premier de sa poule, Toulouse n’avait connu la défaite qu’à une seule reprise cette saison et s’était déjà montré en capacité d’inquiéter Montpellier, comme cela avait déjà été le cas lors de la finale la saison dernière (victoire de Montpellier 15-12).

Les Haut-Garonnaises opportunistes

Le début de rencontre confirmait cette idée et les Toulousaines se montraient d’un réalisme froid en inscrivant des points sur chacune de leurs incursions dans le camp héraultais. Camille Cabalou, par un drop et un essai, puis Roxane Bilon (28e), venaient donner l’avantage aux Rouge et Noire. Fer de lance d’une équipe chahutée en première période, Romane Ménager mettait en avant l’opportunisme des Haut-Garonnaises : "On a eu du mal à rentrer dans le match et à mettre notre jeu en place, face à une équipe du niveau du Stade toulousain, cela se paye très cher."

Car à mi-chemin, c’est bien les Toulousaines qui avaient une main sur le bout de bois. Mais au retour des vestiaires et dans le sillage des éléments moteurs comme N’Diaye, Boujard ou Ménager, les Montpelliéraines parvenaient à montrer un tout autre visage. "Heureusement qu’en deuxième mi-temps on a réussi à s’adapter, sans jamais paniquer", poursuit Romane Ménager.

Fort d’une défense intraitable, le MHR défendait sa ligne à l’envi, repoussant systématiquement les offensives des coéquipières de Cabalou. "La densité physique a été en leur faveur, elles ont aussi été plus fortes en conquête et sur les fondamentaux". L’arrière toulousaine n’oublie pas de souligner l’expérience de ses adversaires du jour : " leur expérience les a beaucoup aidés là où nous avons manqué de maturité." Avec un palmarès maintenant garni de huit titres, les Montpelliéraines se rapprochent encore un peu plus du record établi par le Toulouse Fémina Sports, qui avait soulevé neuf trophées à partir des années 1970. Un objectif que ne manqueront pas de cocher les coéquipières de Mignot, qui confiait : "On ne défend pas un titre, on va toujours en conquérir un nouveau." Tout un programme.

Léo-Pol Platet
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