• La deuxième ligne briviste, Peet Marais en tête, a régné sur le match par sa puissance. Le Sud-Africain a notamment gratté quatre ballons importants dans les rucks en seconde mi-temps. Photo Diarmid Courrèges
    La deuxième ligne briviste, Peet Marais en tête, a régné sur le match par sa puissance. Le Sud-Africain a notamment gratté quatre ballons importants dans les rucks en seconde mi-temps. Photo Diarmid Courrèges
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Pro D2

Des Brivistes sacrément gaillards

Franchement bousculés pendant près de 38 minutes, les Brivistes ont ensuite fait parler leur dimension physique supérieure et leur force de caractère pour terrasser les Bretons. Se montrant ainsi fidèles à leur identité.

Jeremy Davidson avait prévenu et l’a encore répété après-match : "Vannes est une très belle équipe. Ils sont venus avec des ambitions, on le savait et ils ont fait une première mi-temps fabuleuse. Ils nous ont mis en difficulté d’entrée en touche où nous n’avons pas eu de ballons. En mêlée fermée aussi, ils nous ont fait mal." Le manager nord-irlandais sait que son équipe s’est sortie d’un drôle de bourbier après une première mi-temps nerveuse, contrariée et contrariante.

Demandez donc au jeune droitier international bleu Demba Bamba et au gaucher Vivien Devisme, de retour de blessure, comment ils ont vécu leur début de rencontre face à leurs vis-à-vis, le Géorgien morbihannais Nika Neparidze et le Tongien, ancien sociétaire de Tulle et donc corrézien, Pagakalasio Tafili. Ou alors demandez à François Da Ros, auteur à la surprise générale car non coutumier du fait de trois lancers pas droits. Franchement, on a connu équipe plus sereine sur ses bases et nul doute que cela a dû cogiter un petit peu dans les têtes du staff corrézien.

Surtout que Brive, déjà sevré de ballons, se retrouvait à quatorze avant la pause et que Retief Marais avait dû délaisser six minutes plus tôt ses partenaires après avoir effectué un grattage essentiel dans les 22 mètres bretons grâce à une bonne chasse de Sevanaia Galala sur Christopher Hilsenbeck. Un des moments forts qui ont sans doute lancé la machine corrézienne. De celles qui vous forgent un succès. Le moment choisi également par l’escouade briviste pour "faire preuve de solidarité et repasser devant". Comment ? Grâce à six minutes plus tard donc un travail de sape colossal de ses avants, avec du jeu peu spectaculaire à une passe, mais diablement efficace, axé sur une puissance physique dévastatrice.

Dans le sillage d’un François Da Ros perforant, Matthieu Voisin signalait son entrée en jeu probante avec un essai pour permettre à Brive de repasser devant. Et de ne plus lâcher les rênes. Brive a délaissé sa nervosité, a rebondi et "s’est servi de l’intensité pour finir le boulot" comme le faisait remarquer Jeremy Davidson. Et gagner à l’usure tout en gardant le rythme.

La clé du sol et la capacité à durer 80 minutes

Les Corréziens ont aussi pu s’appuyer sur un seizième homme exceptionnel, il faut le noter. Mais en faisant des choses simples, fidèles à ce qu’ils ont montré toute la saison, le CABCL ne s’est pas travesti dans ses préceptes. Bataillant dans les phases statiques et se montrant intransigeant dans le jeu au sol. À l’image d’un Saïd Hirèche, capitaine exemplaire qui mettait ses griffes sur la gonfle dès la 18e ou alors d’un Peet Marais doublement précieux sur cette phase à la 43e avant l’essai de Giorgadze et à la 54e à 23-13. Le deuxième ligne sud-africain, véritable travailleur de l’ombre a une nouvelle fois livré une détonante partition, gagnant en tout et pour tout quatre rucks.

Dans la lignée de sa saison régulière déjà pleine -27 feuilles de matchs, 23 titularisations- le joueur de 28 ans a laissé ses émotions de côté au moment de la sortie de son petit frère Retief. Il a ferraillé sévère dans bon nombre de rucks et de ballons portés, ses plaquages et charges ont fait mal telles un rouleau-compresseur. Son absence d’un mois entre début avril et début mai après une commotion du côté d’Aurillac avait déjà signalé tout le poids et l’importance qu’il avait pris pour sa cinquième saison avec le maillot noir et blanc.

Profil puissant -1,99 m sous la toise pour 120 kg sur la balance- l’ancien joueur des Sharks de Durban a aussi agrandi sa palette, y rajoutant selon ses dires "une mobilité bienvenue" qui lui permet donc d’arriver très vite sur les phases de rucks désormais. Preuve d’un changement dicté par le staff et Jeremy Davidson cette saison. Dimanche prochain, face à Bayonne, une équipe qu’il juge lui-même comme "très équilibrée dans le rapport puissance-vitesse", ces qualités ne seront pas de trop.

Enzo Diaz
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