• Afaesetiti Amosa sous le maillot bordelais
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Top 14

UBB : Un match comme une saison

Les Bordelais ont vécu un concentré de leur saison. ça a démarré comme un doux rêve, ça s’est terminé comme un cauchemar. Quelle cruauté !

Avec un bonus acquis à la mi-temps, l’UBB conservait donc une petite chance de se qualifier. Avant de sombrer, elle a au moins offert ça à son public, pour le dernier match à domicile et pour les adieux de Baptiste Serin. De cette rencontre un peu ambigüe, que les Toulousains n’ont pas donné l’impression de démarrer à fond la caisse, on retiendra cette première mi-temps magnifique, marquée par le triplé en 32 minutes de George Tilsley, joueur talentueux mais très peu utilisé par Rory Teague puis Joe Worsley. Il n’avait plus été vu depuis le 19 janvier. Eternels regrets de fin de saison, une flèche capable de percer comme ça le cuir de l’ogre toulousain aurait-elle mérité d’avoir d’avantage sa chance ? N’est-ce pas un crève-cœur que de le voir partir bientôt pour un club relégué en Pro D2 ? Son coup de boutoir, son interception et sa conclusion d’une séquence magnifique entretiendront brillamment le doute.

Ses quarante premières minutes ont sonné comme un beau requiem d’une saison que les Bordelais ont longtemps passé dans le top 6 tant désiré. Le contexte leur était favorable face à des adversaires qui, quoi qu’on dise, n’avaient rien à jouer. Les Bordelais ont trouvé la bonne dynamique pour se faire plaisir, au moins pendant 40 minutes. Plus, c’était sans doute impossible… Toulouse sermoné à la pause, allait forcément revenir dans la partie.

Cela s’est passé comme ça, mais plus durement qu’on ne l’aurait parié. Bordeaux s’est vu remonter un capital de 29 points, du jamais vu. L’UBB a vécu ce match comme elle a vécu sa saison. Elle a souffert le martyr lors du deuxième acte : quatre essais encaissés en vingt minutes, deux cartons et une guirlande de pénalités (dix à notre pointage) et cette sensation qu’on avait rêvé pour rien. La malédiction bordelaise dans toute sa splendeur. Le public en fut réduit à scruter le chronomètre, comme un compte à rebours diabolique.

Le rêve s’est enfui

Puis Bonneval porta l’estocade. Ainsi se termina (quasiment) cette saison, ponctuée d’un changement retentissant d’entraîneur, en novembre après un 40 à 0 encaissé à Toulouse à cause d’un message et d’une attitude qui ne passaient plus ; puis du recrutement d’une pointure annoncée précocement. Au milieu, Joe Worsley aura fait son possible, il aura ranimé la flamme au cœur de l’hiver en maintenant l’invincibilité à domicile jusqu’au 13 avril. Les Bordelais se sont accrochés à ce radeau tant qu’ils ont pu. Même le retour de Matthieu Jalibert s’avéra vain. Puis les cruels coups du destin se sont enchaînés jusqu’au verdict implacable de dimanche. Les Bordelais ne méritaient pas de terminer sur cet après-midi commencé comme une farandole finie sur une humiliation. Sur l’ultime quête désespérée d’un match nul.

L’UBB comme une abeille prisonnière de la transparence d’une vitre, aura encore buté sur la qualification. Le rêve s’est enfui. À quoi les 27 000 spectateurs pouvaient-ils s’accrocher dans les rafales anormalement glacées pour un mois de mai? À cette sensation que l’on comprenait au fond pourquoi Baptiste Serin, très ému, avait fait ses adieux. Son talent d’international mérite sans doute autre chose que des accessits et des trains manqués, même de peu. Le RC toulonnais lui offrira peut-être ces phases finales qu’il n’a jamais connues depuis ses débuts en 2012. Ceux qui vont rester sur les bords de la Garonne, crampons aux pieds ou drapeaux à la main espérent s’en remettre aux sortilèges d’un "sorcier" nommé Urios.

L’adieu aux partants

Malgré la déception, Laurent Marti tenu à dire au revoir sur la pelouse aux joueurs qui quittent le club. Il a appelé successivement Joe Worsley, Broke James, George Tilsley, Romain Lonca, Mariano Galarza, Eto Nabuli, Greg Peterson et mêel Julien Rey, prêté à carcassonne était là. Le public a scandé une dernière fois le nom de Baptiste Serin. Celui-ci a pris la parole des trémolos dans la voix pour remercier tout ceux qu’il a croisés : "Ceux que j’ai appris à aimer." Il a aussi cité son mentor, Heini Adams sans oublier d’évoquer les bénévoles et le public et d’exprimer sa déception pour l’ultime défaite.

PREVOT Jérôme
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