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Entretiens

Romanet : "Y croire jusqu’au bout"

Précieux dans le fond du terrain et mordant sur ses interventions, l’ailier jurassien Franck Romanet fut l’un des meilleurs Brivistes et porte déjà son regard sur la finale face à Bayonne...

Midi Olympique : Vous avez été d’emblée mis en difficulté par le RCV avant de finir par reprendre le dessus. Qu’est-ce qui a fait la différence aujourd’hui ?

Franck Romanet : C’est le fait d’y avoir cru quand on a joué à quatorze. Cela nous a permis de marquer juste avant la mi-temps et de reprendre le score au retour des vestiaires. De là, on a basculé dans du positif et on s’est installé dans le match. Quand on a pris ce carton jaune, je me suis dit qu’il allait nous faire mal. Et finalement c’est là où nous avons vraiment commencé à imposer notre jeu.

Avez-vous changé votre façon de jouer à ce moment-là ?

F. R. : Disons que nous avons arrêté de surjouer. On a arrêté d’écarter des ballons dans notre camp car nos adversaires défendaient très bien et voulaient nous emmener dans ce rugby-là. En plus, nous étions contre le vent… Nous avons commencé à perdre des duels et on a déjoué. Les Vannetais se sont installés dans la rencontre et leur essai nous a un peu déboussolés.

Avez-vous songé à l’autre demi-finale, dans laquelle l’équipe qui recevait à perdu ?

F. R. : C’était un autre match. Nous savions que Bayonne était capable de faire cela, puisqu’ils ont bien failli s’imposer chez nous il y a peu (victoire 20-18 pour le compte de la dernière journée de Pro D2). Après ce match, on s’est vraiment resserrés parce qu’on est passés tout près de la défaite. On s’est dit qu’on ne pouvait pas se permettre de relâcher notre effort, même à cinq minutes du coup de sifflet final.

Vous avez su garder de la sérénité, même après l’essai de Mourot ?

F. R. : Après cet essai, on s’est dit qu’il fallait qu’on impose notre jeu. Et que cela passait par la défense. Vannes voulait donner beaucoup de rythme, mais notre défense devait nous permettre d’imposer ce rythme. Et puis il faut saluer nos avants, qui ont sorti un grand match. Ils ont fait un gros boulot en concentrant les défenseurs, et cela nous a libéré des espaces.

On vous a vu enchaîner des séquences de jeu avec les avants au ras des rucks…

F. R. : Oui nous l’avons beaucoup travaillé cette semaine. La consigne était de prendre absolument le centre du terrain avant d’écarter le ballon, et pas l’inverse. Cela a été efficace et je leur tire mon chapeau.

Vous avez fait une chute spectaculaire après un duel aérien, que s’est-il passé ?

F. R. : Je n’en sais rien, je n’ai pas eu le temps de comprendre ! On sait qu’il y a toujours un risque de retomber dangereusement quand on va à la lutte dans les airs. Mais Anthony Bouthier ne l’a pas fait exprès, il ne m’a pas vu non plus. Il a été sanctionné mais il n’y a rien de méchant dans son geste.

Quel regard avez-vous porté sur l’autre demi-finale ?

F. R. : Comme tout le monde, je me suis dit que c’était fait pour Oyonnax à la mi-temps, qui avait quasiment tué le match. Mais les Bayonnais ont été incroyables en se montrant capables de renverser une équipe aussi dense qu’Oyonnax. Ils ont de l’expérience, mais aussi de la fougue. Leur principale force c’est la vitesse qu’ils sont capables d’imprimer à leur jeu. Ils n’ont jamais peur d’aller au large. Ils jouent la moindre opportunité…

L’enjeu de la finale sera donc le même que le match d’aujourd’hui, à savoir de contrôler le rythme et le jeu de l’adversaire…

F. R. : C’est ça. La défense sera encore primordiale. Et puis comme dans tous les finales, il faudra être pragmatique et efficace, marquer sur le moindre temps fort. Et il faudra l’être jusqu’à la fin. En ce sens l’autre demi-finale est une bonne piqûre de rappel : les Bayonnais nous ont rappelé qu’il faut y croire jusqu’au bout. Ils l’ont mérité.

Brive a terminé leader de la saison régulière, et n’a pas perdu à domicile. Cette finale est-elle donc méritée ?

F. R. : Bayonne a longtemps occupé le haut du tableau aussi. Et puis je pense que nous sommes deux équipes qui ont proposé du jeu tout au long de l’année, même pendant l’hiver. Donc je ne sais pas si c’est une récompense, mais en tout cas il me semble que c’est mérité pour les deux équipes.

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