• Martin Bustos Moyano et Grégory Arganèse (Bayonne)
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Pro D2

Bayonne : Bustos, Arganèse, ces artisans de la montée de 2015, qui veulent bien finir

Buteur précis, joueur de caractère, Martin Bustos Moyano aura marqué de son empreinte les six années qu’il a passées à l’Aviron. Il a l’occasion de terminer son aventure avec une finale de Pro D2, dimanche, trois ans après celle d’accession remportée contre Aurillac.

Avec l’Aviron, Martin Bustos Moyano a tout connu ou presque. Les sourires, les joies, les peines. L’époque Afflelou, les déplacements à Anoeta, la course au top 6 qu’il n’accrochera finalement jamais et la lutte pour le maintien. L’Argentin était arrivé au Pays Basque en 2013, en provenance de Montpellier. « Il y avait Joe Rokocoko, Marvin O’Connor, Scott Spedding, Gaby Lovobalavu, Mark Chisholm, Mike Phillips, Stephen Brett… Nous avions une équipe de stars » se souvient "MBM".

À ses débuts, Bustos se contenta d’une place à l’aile. Il faut rappeler que la concurrence était rude dans les lignes arrières de l’Aviron et que le fond du terrain était gardé par un Scott Spedding, alors au sommet de sa forme. Le natif de Córdoba dut finalement attendre 2015 et l’arrivée de Vincent Etcheto, pour retrouver à plein temps son poste de prédilection. « Il était un peu frustré de n’être que considéré comme un ailier buteur reconnaît le technicien. Je l’ai replacé à l’arrière et sur les trois dernières années, il a donné sa pleine mesure à ce poste. »

Montée, naissance… 

La saison 2015-2016 restera celle du grand Bustos. D’abord, il prit part à 22 rencontres de Pro D2, s’installa un peu plus comme un cadre de l’équipe et emmena les siens, grâce à des performances rugbystiques de hautes volées, vers les sommets du classement. « Je ne le connaissais pas bien quand je suis arrivé se remémore Vincent Etcheto. Martin, il a la classe ! C’est un fin joueur qui est bon dans l’évitement et sous les ballons hauts. C’est un faux lent parce qu’il va quand même vite. C’est un super joueur et un mec bien. Il avait été un élément essentiel de la montée. »

Auteur de sept pénalités en finale face à Aurillac et de tous les points de son équipe, il avait permis à l’Aviron de retrouver le Top 14. « En termes de résultat, ma meilleure année était la première que j’ai faite à Montpellier. J’avais joué presque tous les matchs et nous avions perdu en finale du Top 14 contre Toulon. Par contre, au niveau rugbystique, celle de la montée en Top 14 avec Bayonne était la plus belle. » Et la naissance de sa fille, quelques jours après la finale, n’était venue que renforcer le caractère exceptionnel de ce mois de juin 2016.

Fin compliquée

Cette saison fut en revanche plus délicate pour l’Argentin qui n’a disputé que quatorze rencontres (onze titularisations). La faute, en partie, à une clause de reconduction automatique de son contrat, s’il prenait part à quinze matchs pendant l’année. Ladite modalité fut finalement rompue par l’ancien montpelliérain en février. Une façon, de la part du joueur, de montrer sa soif de terrain. « Je regrette qu’il n’ait pas plus joué reconnaît Vincent Etcheto. Par contre, il a été pro jusqu’au bout et son attitude a été exemplaire. J’ai aimé travailler avec lui. » Aurait-il voulu poursuivre l’aventure au club ? « Oui, mais ça n’a pas été ma décision » répond l’intéressé.

Rebondira-t-il ailleurs ?  « Je dois prendre un peu de temps pour réfléchir et en parler avec ma femme glisse le concerné. Plusieurs clubs m’ont contacté, je vais peut-être continuer un an de plus. Mais avec les enfants, c’est difficile de bouger et de trouver un endroit mieux qu’ici, au Pays Basque… » « Je pense qu’il en a encore un peu sous la pédale » estime Etcheto.

Auteur d’une belle et efficace entrée sur la demi-finale à Oyonnax, en inscrivant 12 points en 20 minutes, Bustos Moyano l’a en tout cas prouvé. Dimanche, il aura l’occasion de quitter le club par la grande porte en cas de victoire. Si c’est le cas, le public ciel et blanc pourra alors chanter une dernière fois, le fameux "Ar-gen-tina Ar-gen-tina" qu’il chérit tant. Sinon ? Une seconde chance suivra le week-end d’après.

Pablo ORDAS
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