Toulon : le début de tout

  • Après une saison en demi-teinte, les Toulonnais de Patrice Collazo vivront ce dernier match sans pression mais la tête déjà tournée vers l’avenir.
    Après une saison en demi-teinte, les Toulonnais de Patrice Collazo vivront ce dernier match sans pression mais la tête déjà tournée vers l’avenir. Icon Sport
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Avant le dernier rendez-vous de la saison à Castres, sans enjeu pour le RCT, l’heure est au bilan d’une saison marquée par la reconstruction et les bases d’un nouveau projet.

"Il faut continuellement commencer par la fin." La phrase est de Stanislaw Jerzy Lec, écrivain polonais, et elle colle parfaitement à la saison du RCT. La fin d’un cycle. Au mieux, Toulon accrochera la neuvième place, sinon il faudra se contenter du dixième rang. Pas de phases finales donc, une première depuis la saison 2010-2011, cela après avoir également échoué en Coupe d’Europe.

Alors, à l’heure des bilans purement comptables, la saison toulonnaise est un échec, loin des standards d’un club qui trustait les finales ces dernières années ou au moins les matchs couperets. "Nous ne sommes pas rentrés dans les objectifs que nous nous étions fixés, mais il faut arrêter de noircir le tableau", se défend Patrice Collazo. "Nous avons posé des bases pour le futur, des choses qui n’étaient pas présentes mais qui sont nécessaires pour l’avenir en termes de fonctionnement et d’état d’esprit. Nous avons replacé le club au centre de tout. S’emplâtrer dans le mur, parfois ça fait du bien", poursuit le manager varois. Arrivé en qualité de bâtisseur, pour un projet porté par le duo Boudjellal-Lemaitre (nouvel actionnaire), Collazo est la pierre angulaire du "RCT 2019-2023". Une vision qui mise sur les jeunes et une refonte du club avec notamment un nouveau centre d’entraînement, pensé avec et pour le natif de La Seyne-sur-Mer. "Bien entendu, j’aurais aimé disputer les phases finales. Mais je pense que le club avait besoin de passer par une saison comme celle-là, où l’on se dit les choses en face et où on parle honnêtement pour construire", abonde Juan Martin Fernandez Lobbe. L’ancien troisième ligne et désormais entraîneur a tout connu au RCT, les victoires comme l’instabilité chronique.

Le club au centre de tout

Si aujourd’hui les sourires et une sorte de satisfactions apparaissent, les choses auraient pu mal tourner dans cette saison. Notamment après la défaite à Agen, suivie de la fameuse sortie de Mourad Boudjellal visant notamment Julian Savea. Un déclic. "Avant ce match, il y avait beaucoup de non-dits. Nous avions besoin de remettre les choses dans un certain ordre. De remettre le club au centre de tout, c’est le plus important. À partir de là, nous avons commencé à amorcer une phase ascendante même si les résultats n’étaient pas forcément là. Nous ne lâchions plus les matchs et nous jouions mieux au rugby aussi, collectivement", analyse Collazo. Un état d’esprit et une équipe sont nés. Avec à la base une jeunesse dorée. Des Carbonel, Gros, Devaux, Moretti, Cottin ou encore Ory qui ont amené leur insouciance et leur amour de ce maillot.

C’est d’ailleurs ce qui a permis de conserver l’appui d’un public jugé exigeant, dur. Jusqu’au dernier match à domicile, face à Clermont, Mayol a poussé les siens retrouvant même sa fougue dans la bagarre de dimanche soir, très "mayolesque". "Les supporters ont répondu présent du début à la fin de la saison car ils ont vu qu’il était en train de se passer quelque chose au sein de ce groupe", justifie Collazo. "La toulonitude", prônée par le président en début de saison. Une vertu retrouvée, mais la patience toulonnaise est toute relative. Si la première année de reconstruction a été acceptée, pas certain que cela passe une seconde fois.

Fabrice MICHELIER
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