• Jono Gibbes (La Rochelle) : "Ne pas faire de calcul"
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Gibbes : « Ne pas faire de calculs »

Le Néo-Zélandais revient sur les enjeux de la fin de saison des Jaune et Noir, en course pour les barrages. 

Midi Olympique : Dans quel état d’esprit abordez-vous ce dernier match de phase régulière contre l’Union Bordeaux-Bègles ?

Jono Gibbes : Ma mentalité, ça reste de ne pas faire de calculs. La mienne, c’est de mettre les choses en place pour que l’adversaire soit sous pression, que le plan de jeu soit bien exécuté pour être capable de marquer des points. Mon rôle, c’est de préparer l’équipe pour la performance et l’engagement. Je pense que tout le monde connaît le classement. Toutes les équipes peuvent influencer le classement et ce n’est pas mon rôle de les aider pour ça.

Sentez-vous une fatigue mentale ou physique à ce moment de la saison ?

J.G. : Non, je ne pense pas. Pour Lyon, nous avions huit jours entre la finale de Challenge Cup et le match, c’était assez pour la récupération du groupe. La semaine dernière, nous avions modifié le programme des premiers jours car le défi n’était pas physique mais plutôt mental, pour se sortir la tête de la finale perdue. Physiquement, ça va et ce n’est pas une excuse pour ce week-end.

Lors de la dernière journée, Montpellier vous a sortis du top 6 grâce à son succès bonifié contre Paris (42-25). De votre côté, vous avez perdu à Lyon (29-19) sans prendre le moindre point. Quel sentiment dominait dans le groupe à la fin du match ?

J.G. : Dans le vestiaire, il y avait un sentiment de déception mais je suis satisfait du niveau d’investissement, de certaines individualités qui ont saisi l’opportunité pour montrer leur niveau, et de l’état d’esprit général du groupe. Aussi, deux jours avant le match, j’avais dit que la préparation avait été propre mais nous avons perdu deux joueurs, vendredi (la veille du match) à l’entraînement (Victor Vito et Jean-Charles Orioli). C’est dommage pour Victor qui avait fait le maximum pour revenir. Il avait déjà manqué la finale de Challenge Cup à Newcastle. Il était nécessaire de faire des changements, en tenant compte aussi des vacances des internationaux.

N’avez-vous pas des regrets ? Tout va se jouer lors de la dernière journée pour les barrages.

J.G. : Sur ce match de Lyon, le groupe s’est investi et ce fut peut-être notre meilleur match dans la générosité en défense. Nous avons eu des opportunités mais nous avons manqué de précision dans les moments clés. Pour progresser, il faut faire mieux à ces moments précis. L’adversaire a aussi mis la pression avec une défense bien organisée. Une équipe comme Lyon ne donne pas beaucoup d’opportunités, il faut bosser fort pour s’en créer et les saisir.

Contre Lyon, vous avez encaissé un nouvel essai sur un ballon porté. Contre Clermont, la semaine précédente, ce fut déjà le cas. Vous êtes à présent ciblé, non ?

J.G. : Oui, encore un autre, même si nous avons bien défendu. C’est un aspect fort des Lyonnais qui savent très bien l’utiliser. Nous savions que c’était une ressource pour eux et une menace pour nous. Dernièrement, c’est une chose sur laquelle nous n’avons pas bien été organisés, surtout dans les moments clés. Mais ça n’a pas toujours été le cas ! Contre Toulon (lors de la 24e journée), nous étions en place sur les premiers ballons portés. C’est sûr que nous avons besoin de cibler cette zone pour être prêts, bien coordonnés et propres dans ce secteur.

La finale de Challenge Cup perdue contre Clermont (36-16), il y a deux semaines à Newcastle, est-elle totalement digérée ? Le groupe a rapidement tourné la page ?

J.G. : L’émotion première après le match, c’était les regrets. Il y a eu beaucoup de réflexion, de frustration et de douleur en raison de la défaite. Mais les regrets concernent certaines actions du match où nous avons eu des opportunités de marquer des points. Clermont a su rester tranquille dans certains moments durs du match. Puis, les Clermontois ont été patients et efficaces quand ils ont eu des opportunités. Nous avons trop vite cherché à marquer des points quand nous venions dans leurs 22 mètres, après trois ou quatre phases d’attaque.

Avec le recul, diriez-vous que Clermont était plus fort ?

J.G. : La différence entre eux et nous, c’est peut-être l’expérience en finale. C’était la première expérience du groupe à ce niveau. Ce sont des petites choses qui font la différence entre une victoire et une défaite en finale. Mais pour nous, cette finale contre Clermont reste quelque chose de positif contre une équipe de qualité qui met beaucoup de pression. Nous avons besoin d’utiliser cette expérience pour les prochains matchs, même si les contextes seront totalement différents. Les enseignements sont: comment générer de la pression sur l’adversaire; quelles réponses tu y apportes à sa pression.

Le club a annoncé, le 13 mai, le départ de l’entraîneur des arrières, Xavier Garbajosa, à la fin de la saison. Ce départ ouvre-t-il selon vous un nouveau chapitre à La Rochelle, le vôtre ?

J.G. : Non, pas pour moi. Le travail reste d’assister l’équipe pour faire le maximum, de continuer le travail. Tout était en place quand je suis arrivé en novembre avec beaucoup de compétences. Petit à petit, de petites choses évoluent mais on va continuer le travail de la même manière. On va finir cette saison, dans j’espère trois semaines (sourire). On verra après.

Cette annonce, à ce moment de la saison, peut-elle perturber le groupe ?

J.G. : C’est aux joueurs de vous répondre, pas à moi ! Je n’ai pas perçu de changement dans le comportement du groupe. Le professionnalisme de Xavier reste vraiment haut, il est focalisé sur le boulot en cours.

Vous apparaissez de plus en plus à l’aise dans vos fonctions à La Rochelle. Vous confirmez ?

J.G. : J’ai passé cinq premiers mois difficiles mais c’est ce qui arrive quand vous débarquez en novembre. Maintenant, j’ai fait plus connaissance avec l’effectif, avec le staff aussi. Je suis en train de comprendre mon rôle de mieux en mieux et les prochaines étapes qui seront nécessaires.

Arnaud Bébien
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