• Giorgadze (gauche) et Taofifenua (droite)
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Pro D2

Giorgadze - Taofifenua : le choc des reconvertis

Flankers de formation, les deux hommes occuperont le couloir de leurs équipes, où ils se sont installés cette saison. Attention, chérie, ça va trancher…

Le dernier affrontement face à Bayonne ne lui a pas laissé un souvenir impérissable, puisqu’il a été obligé de céder sa place au bout de 25 minutes sur protocole commotion. Autant dire qu’Otar Giorgadze nourrira forcément, outre une farouche volonté de gagner, une petite envie de revanche personnelle dans sa confrontation directe avec Filimo Taofifenua. Un sentiment qu’il s’agira avant tout pour lui de canaliser sous peine de passer à côté de l’événement, un véritable risque pour ce joueur au caractère bouillant, qui a déjà écopé d’un carton rouge cette saison pour une charge coude en avant sur le Biarrot Sven Bernat. «Otar Giorgadze a franchi un cap cette saison par rapport à ce qu’il démontrait à Clermont, mais doit passer par ce genre de rencontre pour démontrer que l’indiscipline qui a pu lui être reprochée dans le passé n’est plus un problème, nous glissait dans la semaine un fin observateur du Pro D2. Concernant Taofifenua, c’est plus ou moins la même chose… Leur style de jeu les expose plus que d’autres à être surveillés par les arbitres. Avec la vidéo qui est de mise sur la phase finale de Pro D2, leur confrontation se jouera d’abord quant à leur faculté à trouver le bon équilibre entre agressivité et discipline.»

«Tao», mieux soutenu ?

Il est en effet vrai qu’entre les deux hommes, il sera difficile de parler d’opposition de style. Portés sur le défi individuel, la première mission de Giorgadze comme de Taofifenua consistera à faire avancer leur équipe en puissance, pour ne pas dire en frontal. Et pour ce faire, chacun abattra ses propres atouts… À Giorgadze la force brute et à Taofifenua des «mains» et une technique individuelle supérieure, peaufinée tout au long de la saison sous la houlette de Yannick Bru pour parvenir à faire jouer ses partenaires debout… «Ce qui est intéressant chez ces deux joueurs, c’est qu’ils n’étaient pas forcément des premiers choix pour occuper le poste de numéro 8 en début de saison. Quand il évoluait à Dax, Taofifenua jouait essentiellement troisième ligne aile, tout comme Giorgadze à Clermont d’ailleurs. Ce sont deux joueurs qui sont relativement frais à ce poste de huit, et sont susceptibles de commettre de petites erreurs. À Bayonne, Taofifenua a l’avantage d’évoluer auprès de joueurs comme Van Lill ou Beattie, qui sont aussi capables de jouer numéro huit et peuvent le soulager sur certaines tâches, notamment la couverture du fond du terrain. À Brive, Giorgadze peut un peu moins compter sur ses partenaires de la troisième ligne, ce qui lui confère davantage de responsabilités. »

Giorgadze, l’atout fraîcheur

En revanche ? Giorgadze pourra de son côté compter - à l’image de son équipe - sur un atout que le Bayonnais ne partagera pas : celui de la fraîcheur. Parce que l’Aviron était sur le pont il y a deux semaines pour un barrage contre Nevers pendant que les Brivistes avaient tout loisir de se régénérer, d’une part. Mais surtout parce que Giorgadze a globalement moins joué cette saison que son adversaire, en raison de son alternance avec Fa’aso’o (20 matchs contre 26 et surtout 13 titularisations contre 23, soit au total 1 018 minutes de temps de jeu contre 1 797). Un delta de pratiquement 800 minutes (soit dix matchs !), que le Bayonnais pourrait logiquement payer en fin de partie.

«Taofifenua est encore jeune (24 ans), je ne pense pas que cela perturbera plus que cela son rendement d’avoir beaucoup enchaîné. Mais c’est vrai que Giorgadze présente davantage de fraîcheur, ce qui le rend d’autant plus efficace dans son style de jeu. Il a marqué 7 essais en 13 titularisations, ce n’est pas rien. De son côté, depuis le début de la saison, Taofifenua se montre un peu moins décisif (3 essais).» Or, sans aller jusqu’à évoquer l’exemple hors-norme de Billy Vunipola, c’est bien sur ce genre de match qu’un numéro 8 doit peser. À Giorgadze et Taofifenua de démontrer qu’ils sont de cette trempe… 

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