• Pro D2 - Yannick Bru (Bayonne) lors de la finale face à Brive
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Bru : « Humainement ça a été une superbe aventure »

Le Manager de l’Aviron bayonnais est revenu sur les phases finales magiques de son club. En outsiders, les Basques ont déjoué les pronostics jusqu'au titre de champion de Pro D2. Une aventure mémorable pour Yannick Bru.

Midi Olympique : Êtes-vous étonné de votre parcours sur ces phases finales ?

Yannick Bru : Je suis fier du travail et de la progression avec beaucoup de simplicité. Oui, je suis étonné parce que c’est la première aventure que je vis à la tête d’un staff avec beaucoup d’authenticité. Regardez, Abdel Boutaty, il est arrivé sans contrat avec une licence amateur. C’est le symbole du rugby aujourd’hui. Il s’inflige un traitement particulier (il est en plein Ramadan, N.D.L.R.). Il a été très bon aujourd’hui. Un amalgame s’est fait avec un seul but : celui de redorer l’image de l’Aviron. Franchement, tout le monde a été super cette année. Après, tu es toujours un peu étonné parce que tu te dis, "Est-ce qu’on va le faire ? Est-ce que c’est vraiment raisonnable ? " Il ne faut pas tout expliquer non plus.

Votre coaching a été important…

Y. B. : Il faisait très chaud, un peu lourd. Nous avions fait le pari de faire attaquer des vieux pour être costaud sur les fondamentaux. Nous avons utilisé le coaching, ça nous a réussi et tant mieux.

Vous avez connu beaucoup de joies avec Toulouse. Est-ce que c’est la plus belle, ce soir ?

Y. B. : Oui, parce que ce Pro D2 mérite d’être suivi davantage, même s’il l’est déjà. Il y a beaucoup d’authenticité, de simplicité et de compétition dans ce championnat parce qu’il y a de très bons staffs. Il y a beaucoup de bons jeunes joueurs, donc je pense que c’est une compétition qui est super. Ce championnat, qui est humble et authentique, il m’a remis les pieds sur terre. J’ai pris beaucoup de plaisir cette année. Nous avons construit le truc avec des jeunes joueurs qui sont en formation. C’est stimulant, donc je suis content qu’on soit là. Après, je n’oublie pas que depuis deux semaines le destin est avec nous, parce que nous provoquons les choses. Nous sommes là, à la bagarre, mais il faut bien reconnaître que nous avons eu ce petit coup de pouce du destin à chaque fois. Mais je pense que nous l’avons provoqué.

Comment vivez-vous ce dernier coup de pied ?

Y. B. : Je me dis que même si nous le ratons, la saison a été belle et que les joueurs ont donné le maximum. C’est l’essentiel. Après, nous avons essayé de provoquer le destin. Mais Martin a une telle facilité, un tel détachement et un tel talent qu’au fond de moi, je sais qu’il ne va pas la rater. Donc je l’ai vécu sereinement. Nous étions revenus dans le match, nous avions provoqué l’action qui a permis la victoire, donc nous avions fait le job.

Au printemps dernier, vous annonciez le Top 6 comme objectif. Aujourd’hui, c’est plus que le Top 6…

Y. B. : Il y a une part d’irrationnel. Évidemment, le destin nous a aidés. On ne refera pas ça deux fois d’affilée. Mais nous avons quand même bossé. Je ne sais pas si nous avons bien travaillé, mais nous avons beaucoup travaillé physiquement, techniquement. Le staff s’y est filé, les joueurs aussi. Les vieux, les jeunes. Nous avons un peu bousculé les habitudes cette année. Franchement, tout le monde a mis les ego de côté. Nous avons été soudés autour du projet de l’Aviron, parce qu’il fallait redonner une bonne image du club. Ça a été une superbe année. Il n’y a pas trop de paillettes, nous nous entraînons dans les préfabriqués, mais je peux vous dire qu’humainement, ça a été une superbe aventure. Je suis vraiment très, très content.

Vous disiez, avant Oyonnax, "on n’est pas sûr d’être à nouveau en demi-finale de Pro D2 l’an prochain ". Aviez-vous une petite idée ?

Y. B. : Je vais vous le dire très franchement. Hier, sur le multiplex de Canal, j’ai regardé Grenoble-Lyon. Notre métier, c’est d’anticiper et de garder de la raison. Je savais que nous avions des qualités et des défauts. On l’a vu, puisque nous avons perdu des ballons facilement. Nous avons loupé des touches sur pénalité. On a vu nos défauts sur ce match, mais nous avions ce petit plus. Avec le staff, nous avons essayé de garder les pieds sur terre, parce que nous savions que Brive pouvait nous battre.

Vous avez décidé de vivre la remise du bouclier depuis le terrain, pas au milieu des joueurs. Pourquoi ?

Y. B. : Parce que j’ai toujours fait comme ça avec Toulouse. C’est la victoire des joueurs, c’est à eux d’exulter, c’est à eux d’être déraisonnables pendant… On va dire une semaine. Ce sont eux qui ont fait les efforts, ils méritent le titre. Nous les avons accompagnés.

Et vous, allez-vous être déraisonnable ?

Y. B. : Je vais profiter avec mes proches pendant deux ou trois jours, parce que je passe beaucoup de temps à l’Aviron, donc je pense à eux. Je ne vais pas être déraisonnable, parce que je pense tout de suite à l’après. Je sais qu’on va vivre une année très difficile et qu’il faudra prêter le flanc à rien du tout. La fête, les excès, c’est pour les joueurs. Moi, je vais m’effacer gentiment.

Êtes-vous quand même heureux d’être en Top 14 ?

Y. B. : Je suis heureux d’avoir mené ce staff, ce travail, cette progression. C’est un symbole, vu les critères sur lesquels nous gagnons le match aujourd’hui. Je suis heureux de cette progression. D’autres problèmes vont arriver, mais là, pendant trois ou quatre jours, il faut profiter. Je vous garantis qu’à partir de jeudi, nous allons nous poser les questions pour savoir comment on peut s’en sortir et comment il faut faire pour essayer de créer un exploit.

Edmond Lataillade
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