• Les supporters de Bayonne lors de la finale de Pro D2 contre Brive
    Les supporters de Bayonne lors de la finale de Pro D2 contre Brive Icon Sport / Icon Sport
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Edito

La fièvre

L'édito d'Emmanuel Massicard... Le temps s’est accéléré, d’un coup. Depuis quinze jours, porté par les barrages de Pro D2, le rugby français tout entier a pris un nouvel élan, gonflé par l’esprit si particulier des phases finales. On dit souvent qu’il s’agit d’une nouvelle saison débutant au printemps, avec ces matchs vérité pour pimenter la fin de saison.

Cette formule de « Coupe », qui fédère les hommes autour d’un destin concret, permet d’écrire une histoire parfois méconnue, en dehors de toute logique, parfois sans lien avec la majeure partie de la saison qui s’est écoulée. Chez nous, messieurs-dames, les premiers (du classement) ne sont pas forcément les derniers à jouer, jusqu’en finale. Et le champion, au bout du compte, n’est pas toujours le meilleur sur l’échelle de la régularité.

Castres l’avait prouvé l’an dernier, porté par de profondes convictions qu’avait su mettre en scène Christophe Urios. L’histoire ne se répétera pas dans le Tarn, mais rien ne dit qu’elle ne trouvera pas un terreau favorable du côté de Montpellier qui est revenu des tréfonds du classement pour décrocher au dernier moment son billet pour les barrages.

Au vrai, le MHR semble avoir trouvé tout ce qui lui manquait : des repères collectifs, du liant, une âme. Assez pour redevenir crédible sportivement et faire peser une menace sur les autres concurrents au Brennus. Un an plus tard, la pression s’est inversée. Montpellier porte aujourd’hui l’habit d’outsider quand Toulouse ou Clermont font figure, eux, de grandissimes favoris.

Reste à savoir si les victoires accumulées et la dynamique positive sur laquelle surfent ces deux équipes, depuis de longues semaines, feront la différence. Reste à savoir, enfin, si le Stade et l’ASM ont encore une marge de progression, pour accélérer et tenir leurs rivaux à distance.

Dans cette course folle qui s’engage, toutes les cartes sont rebattues et le destin bascule souvent autour d’un dessein collectif et d’une vague d’enthousiasme populaire. Le CO s’était laissé porter l’an dernier, au gré d’une aventure qui avait dépassé le strict cadre du rugby. On pourrait parier que c’est cette même énergie populaire qui a déjà permis aux Bayonnais de Yannick Bru, en Pro D2, de déjouer les pronostics pour s’offrir une drôle de « remontada ». Chapeau à eux.

Et ce pourrait être cette même flamme qui va faire la différence d’ici au 15 juin, entre le Stade Rochelais, Lyon, le Racing, Montpellier, Clermont ou Toulouse. La fête s’annonce grandiose et on croise franchement les doigts pour qu’elle soit à la hauteur des promesses affichées depuis le début de saison par les prétendants au Brennus.

Alors, si certains se plaisent régulièrement à décrier la formule, ne touchons pas aux phases finales. Ce joyau ravive chaque année une drôle de flamme, l’amour d’un maillot et les souvenirs d’enfance. Ce sprint final porte en lui toute la magie de notre discipline. 

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