• Pro D2 - Les joueurs de Bayonne contre Brive en finale
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La force d’un collectif

Bayonne n’était pas attendu en TOP 14. Ni par les suiveurs, ni par ses dirigeants et son staff. Une réussite éclatante avec une construction méticuleuse.

Lorsque "Tiger Woods", surnom donné à Martin Bustos Moyano par Vincent Etcheto, s’avance pour la pénalité de la victoire, la fièvre s’empare des entraîneurs restés en haut de la tribune. Éric Artiguste ne veut pas voir, cherche un chemin dans les travées pour faire les cent pas. Joël Rey monte sur la table. Yannick Bru, lui, est apaisé selon ses propres mots. Vincent Etcheto s’est placé dans l’axe du ballon pour suivre la trajectoire gagnante. Une issue qui libère les milliers de Bayonnais présents au Hameau et qui n’en finissent pas de chanter leur hymne. L’Aviron déjoue encore les pronostics.

Parti de loin, en début de saison, il s’élançait dans l’inconnu. Yannick Bru n’avait fixé qu’une barre raisonnable, voire modeste. Terminer dans les six, objectif sans cesse répété. L’appétit s’est ensuite aiguisé. L’amalgame du manager, mélange des jeunes et des plus expérimentés, un roulement incessant, permettent à l’Aviron de progresser très vite. Le patron du rugby bayonnais impose sa patte, travail et humilité, principes de base, toujours rabâchés. Mais ne déroge pas sur un point : il veut un staff de haut niveau. De Top 14. Déjà. Les faits lui donnent raison. La préparation des joueurs est chirurgicale.

Bayonne entame sa saison par une victoire sur… Brive qui descend de Top 14. Déjà un signe. Tout au long de la saison, les bleus ne quitteront pas la tête du championnat. Pour finir sur cette pénalité gagnante de l’argentin. "L’issue est extraordinaire, reste admiratif Vincent Etcheto. C’est une symbolique. Un joueur écarté, plein de talent. Qui marche à l’affectif, au mental."

Bayonne saura aussi s’accommoder des circonstances et des adversaires, lors de ces phases finales. La marque d’une équipe qui aura mûri et intégré déjà les bases du haut niveau. La finale où Bayonne était attendu sur son jeu de mouvement ne se passera pas de cette manière. "On a su s’adapter, précise l’entraîneur des trois-quarts. On n’a pas réussi à imposer notre tempo. La stratégie était ailleurs, dans l’axe."

Chacun peut, tout de même, se montrer surpris de la présence de Bayonne à ce niveau. Pas les joueurs. Comme d’Abel Boutaty, transcendé. "Les grandes équipes sont toujours au rendez-vous !" lâchait-il après une saison pleine où il n’était venu qu’en tant que joker médical… Pour trois mois. Personne valeureuse comme l’ensemble de l’effectif, bâti avec des jeunes, certes, mais aussi des joueurs expérimentés, influents, venus à la recherche de sensations, à l’image du capitaine, Antoine Battut. "Quand j’ai fait le choix de Bayonne, expliquait-il, au bord des larmes, c’était parce que j’étais en recherche d’authenticité. Aujourd’hui, j’en suis ravi. C’est une aventure humaine incroyable."

En ce début de soirée, juste avant de faire la route vers Bayonne pour une réception chaleureuse à Jean-Dauger, l’heure n’était pas à la projection sur la saison prochaine. "Les joueurs ont gagné le droit d’être déraisonnables", lâchait Yannick Bru. Vincent Etcheto, en vrai bayonnais, ne rêvait que d’une apothéose dans sa ville, avec "une omelette à six heures du matin".

Les fêtes de Bayonne avant l’heure !

Edmond Lataillade
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