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Entretiens

Brive - Bayonne : la victoire d’une stratégie !

Technicien reconnu en Pro D2 depuis trois ans avec SAXV, Julien Laïrle, futur adjoint de Christophe Urios à l’UBB, a accepté de porter son regard sur le duel que se sont livrées les deux équipes.

Midi Olympique : Le CA Brive n’a-t-il pas payé très cher sa volonté de jouer à outrance dans l’axe alors qu’il semblait y avoir des espaces sur les extérieurs ?

Julien Laïrle : Non, je ne pense pas. L’essai inscrit par les Brivistes est représentatif du jeu qu’ils ont essayé de mettre en place, notamment en première période. Sur les vingt premières minutes, ils ont déplacé le ballon par l’axe et dès qu’ils ont réussi à jouer dans la largeur, jusque dans les couloirs, ils ont trouvé beaucoup d’avancée. C’est de cette façon que les Brivistes ont marqué. À deux reprises, ils ont créé de l’avancée, une fois par Galala, une fois par Müller. Et en suivant, ils ont une bonne conservation du ballon dans la zone de marque. Seulement, trop souvent dans ces zones, ils se sont fait beaucoup trop contester les ballons, notamment en première période. Les Bayonnais ont récupéré pas moins de quatre ballons dans les couloirs des cinq mètres alors que Brive était dans des situations de grosses avancées.

Les Brivistes n’ont-ils pas souffert d’un manque de soutien sur les zones de ruck disputées sur les extérieurs ?

J.L. : C’est exactement ça ! Ils peuvent le regretter car souvent ils ont su créer le déséquilibre. Le plus dommageable, c’est qu’en seconde période, pour sortir de la zone des couloirs, ils ont su aller attaquer de nouveau la zone du demi d’ouverture. Seulement, en première période, à deux reprises pour sortir du couloir, ils sont repassés par l’axe du ruck et se sont fait contester le ballon.

La force de Bayonne dans cette rencontre n’a-t-elle pas été de marquer des points en première période avec quelques miettes seulement ?

J.L. : C’est incroyable, ils ont su marquer neuf points avec rien. En revanche, les Bayonnais ont été excellents dans la stratégie. En première mi-temps, Galala a toujours défendu en inversée, pour fermer les extérieurs. L’Aviron a donc beaucoup joué dans l’axe avec Rouet qui a été excellent. Il a su trouver des brèches autour des zones de ruck. Ce qui est dommage, c’est qu’à chaque fois, ses soutiens se sont retrouvés trop loin. Plusieurs fois, il a essayé de se retourner pour jouer après avoir franchi, mais en vain. Ils n’avaient pas assez de joueurs opposés au sens du jeu, venus se proposer autour du demi de mêlée. Et pourtant, c’était peut-être des occasions de marquer.

Comment avez-vous jugé le jeu au pied de Brive ?

J.L. : Brive a dominé en termes d’intensité, de densité, de vitesse et sans doute de possession. Mais entre les fautes de mains et les fautes de gestion, ils n’ont pas pu prendre l’avantage. Je revois encore cette pénalité jouée vite par Marques pour Olding qui tape directement en touche… Ce n’est pas possible. Tout comme les deux autres jeux au pied direct en touche ou en ballon mort.

La mêlée n’a-t-elle pas pesée lourd sur le résultat du match ?

J.L. : Si, c’est un facteur essentiel. J’ai été surpris de la physionomie dans ce secteur de jeu. Sur la saison, Brive a eu une mêlée dominatrice, très peu sanctionnée. Tout l’inverse de Bayonne. Et sur le match, ce sont les Bayonnais qui ont eu la maîtrise.

N’est ce pas la victoire d’une stratégie bien pensée ?

J.L. : Sur le coaching, sur la tactique, c’est vraiment la victoire d’une stratégie, la victoire de Yannick Bru et son staff. Brive avait toujours pris beaucoup de largeur, comptant sur la circulation de ses avants pour défendre dans les rucks. Mais sur ce match, ils se sont fait prendre sur du "pick and go" et par Rouet autour de ces zones. Tout ça avait été vu dans la semaine par le staff, c’est une certitude. Et puis, sur le coaching, les rotations opérées, les sorties rapides de certains joueurs comme Taufa ou d’autres pour mieux les faire revenir en fin de match, c’était préparé. Et Bayonne s’est imposé dans le "money-time". Tout sauf un hasard.

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