• Jono Gibbes (entraîneur de La Rochelle)
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Petites histoires de grands managers (2/4) : Gibbes : le retardataire

Entre les appels du XV de France (Labit et Mignoni), un scénario de saison incroyable qui lui vaudra une modification de sa mission (Cotter) et une arrivée différée au club (Gibbes), les managers qui s’affronteront ce week-end ont, tous, vécu une saison à rebondissements. Focus sur le Rochelais, très pointilleux. Homme, méthode, gros coup et gros raté, tout est passé au crible.

L'homme

Au premier abord, rien ne dépasse de Jono Gibbes. L’ex-All Black de 42 ans (8 sélections) est un responsable sportif disponible et policé dans ses commentaires. Réfléchi aussi et du genre à prendre le temps avant de répondre. Lui l’Anglophone veut le mot juste en français. C’est important à ses yeux. Dès son arrivée, il a ainsi institué à son groupe que le français serait la règle et la langue pour communiquer. S’il reconnaît avoir vécu "cinq premiers mois difficiles", le Néo-Zélandais a trouvé ses marques et se laisse à présent aller à quelques clins d’œil et plaisanteries en public. Mais attention, Gibbes est un faux doux. La rigueur du monde professionnel, il la connaît sur le bout des doigts pour être passé dans de grandes écuries. Jono Gibbes est très pointilleux sur l’état d’esprit.

La méthode

"Train hard, win easy" (entraîne-toi dur, gagne facilement). Entre intensité et précision, avec aussi en permanence les yeux sur le renforcement des fondamentaux, l’ex-manager de l’Ulster a imposé sa griffe sur le dispositif de préparation rochelais. D’abord observateur ("Je vais donc prendre le temps, je vais soutenir et aider le staff", disait-il à son arrivée, il y a un peu plus de six mois), il est devenu de plus en plus décideur et acteur, avec l’inconfort en leitmotiv. "Nous avons besoin de nous entraîner à un niveau d’intensité vraiment élevé. L’inconfort, ce sont de bonnes situations pour décider de nos choix, travailler les compréhensions du jeu, la discipline", indique-t-il. Preuve que ça paye : La Rochelle a tenu sportivement sur les deux tableaux, Top 14 et Challenge Cup. 

Son gros coup

Arrivé fin 2017 en Charente-Maritime, à une période où Alexi Balès était en réussite, le demi de mêlée et champion du monde 2015 néo-zélandais, Tawera Kerr-Barlow, avait connu une première saison en demi-teinte. Depuis décembre, Kerr-Barlow affiche de la constance. Jono Gibbes en a fait son titulaire à ce poste. Kerr-Barlow est aussi associé à un autre Kiwi, l’ouvreur Ihaia West. "Avec Victor Vito et Ihaia, on peut s’ajuster en direct, racontait Kerr-Barlow, il y a quelques semaines. C’est facile de résoudre les problèmes ensemble." Toutes compétitions confondues, depuis la fin de l’année 2018, Kerr-Barlow a ainsi été titulaire à neuf reprises en douze matchs disputés. Traînant plus souvent sa peine que sa joie lors de sa première saison, il a retrouvé le plaisir, en se montrant aussi décisif lors de ses derniers matchs. 

Son gros raté

Qui est responsable ? Entre Jono Gibbes et Xavier Garbajosa, entraîneur des arrières et responsable de la transition sportive avec Grégory Patat entre juillet et novembre 2018, le mariage n’a pas eu lieu. Le 13 mai, le club a, en effet, officialisé le départ de Garbajosa, qui rejoint Montpellier. D’un côté, pour Gibbes, alors en Nouvelle-Zélande à la tête de Waikato, il y avait dès juin la confiance du président Vincent Merling. De l’autre pour Garbajosa, des ambitions personnelles de viser un poste de manager. C’est ce qu’il avait confié à Midi Olympique quelques jours avant l’arrivée de Jono Gibbes. "Je sors d’une période merveilleuse de cinq mois, que j’aurais aimé poursuivre. Si l’occasion s’était présentée, j’aurais accepté le rôle", disait-il, début novembre. Le terrain d’entente n’a pas été trouvé mais était-il possible ? 

Arnaud Bébien
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