• Instance de divorce entre Labit et Travers
    Instance de divorce entre Labit et Travers Icon Sport / Icon Sport
Publié le / Modifié le
Top 14

Petites histoires de grands managers (1/4) : Travers - Labit en instance de divorce

Entre les appels du XV de France (Labit et Mignoni), un scénario de saison incroyable qui lui vaudra une modification de sa mission (Cotter) et une arrivée différée au club (Gibbes), les managers qui s’affronteront ce week-end ont, tous, vécu une saison à rebondissements. Premier épisode et focus sur le duo du Racing 92 en instance de divorce. Hommes, méthode, gros coup et gros raté, tout est passé au crible.

Les hommes

Travers et Labit, ce sont quinze années d’une amitié réelle et dont les racines se perdent en 2004, date à laquelle Lolo (Labit) demanda à Toto (Travers) de le rejoindre à Montauban, alors en Pro D2. Cette relation persiste-t-elle aujourd’hui ? Pour être honnête, le départ de Laurent Labit pour le XV de France a quelque peu desserré les liens qui existaient jusque-là entre les deux hommes. "Je ne vais pas faire de langue de bois, nous confiait le très mesuré Chavancy, lundi dernier. L’annonce de Laurent Labit a provoqué quelques remous au club. Moi, je ne lui en veux pas. Ce sont les aléas du professionnalisme." Travers, lui, s’est estimé trahi par celui avec qui il avait toujours fonctionné en binôme, à salaire égal.

De son côté, Labit, pensant que le duo commençait à ronronner, s’est surtout dit que le train de l’équipe de France ne s’arrêterait qu’une fois devant sa porte. Depuis ? Les relations sont cordiales (contrairement à ce qui a été dit, les deux hommes échangent encore au sujet des compositions d’équipe et du plan de jeu) mais selon plusieurs joueurs, leurs rapports ont clairement perdu de leur chaleur d’antan. À ce sujet, Labit fut tenu à l’écart de toutes les réunions dirigées par Travers lorsqu’il était question de choisir le nouveau staff du Racing. Normal ? Oui, si l’on considère que ledit Lolo ne sera bientôt plus concerné par le sujet. Non, si l’on juge que l’expertise de l’entraîneur des trois-quarts franciliens aurait pu être utile, à l’heure de désigner un spécialiste de l’animation offensive. 

La méthode

Les deux Laurent sont paternalistes à l’extrême et ont axé une large partie de leur management sur le rapport très étroit qu’ils entretiennent avec leurs joueurs. Certains d’entre eux, tels Brice Dulin, Marc Andreu, Wenceslas Lauret ou Bernard Le Roux, iraient au bout du monde pour leurs coachs. Pour autant, on a aussi raconté, au Plessis-Robinson, que Travers et Labit, gênés par la barrière de la langue, avaient eu du mal à gérer les stars comme Johnny Sexton, Jamie Roberts ou, à degré moindre, Johan Goosen, par ailleurs "ingérable". Dans les Hauts-de-Seine, Laurent Travers est en charge de la défense depuis le départ de Ronan O’Gara et d’une partie de la conquête, la mêlée restant le job de Patricio Noriega. Laurent Labit, lui, analyse le jeu des adversaires et s’occupe de l’animation offensive. 

Leur gros coup

On aurait pu évoquer les recrutements de Baptiste Chouzenoux et d’Olivier Klemenczak, sortis de nulle part et aujourd’hui devenus deux belles références du Top 14, aux postes de flanker et de trois-quarts centre. Il y aurait fort à parier que le Bayonnais et l’ancien Dacquois soient du contingent tricolore, à l’occasion de France 2023. Pour autant, le plus gros coup des "Lolos" reste à nos yeux le repositionnement de Virimi Vakatawa au milieu du terrain. Meilleur marqueur du Top 14 (13 essais), le Franco-Fidjien est également le quatrième casseur de plaquages du championnat (31 franchissements), derrière Sofiane Guitoune, Noa Nakaitaci et Tobie Arnold. Avoir placé Vakatawa au centre quand le XV de France faisait des pieds pour maintenir "Viri" à l’aile, ce n’est pas loin d’être un coup de maître… 

Leur gros raté

Qu’on soit clair. Pour l’instant, les recrutements de Fabien Sanconnie et de Dominic Bird, relativement chers sur le marché, tardent à être totalement rentabilisés. Après tout, Sanconnie (neuf titularisations seulement en Top 14) est toujours considéré comme un grand espoir du poste en France et Bird, bien que peu explosif, compte trois sélections avec les All Blacks. Malgré tout, c’est la gestion du poste d’ouvreur qui reste aujourd’hui la question la plus épineuse, dans les Hauts-de-Seine. Finn Russell a été recruté à prix d’or et on a dit trop de bien du génialissime écossais au fil de la saison pour l’assassiner aujourd’hui. Pourtant, passé à côté du premier du match de phase finale qu’il eut à disputer cette saison, le jeune homme (26 ans) n’a pas encore l’étoffe d’un Carter dans les matchs importants. Sa doublure, Ben Volavola, non plus. Fatalement, l’absence du rigoureux Pat Lambie s’avère ici lourde de conséquences… 

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir