• Les partenaires de Dave Dennis, plaqué ici par Will Skelton et George Kruis, avaient largement pris la mesure des Saracens (31-13) lors du match aller à Sandy Park fin décembre avant de chuter lourdement il y a un mois à Londres (38-7)
    Les partenaires de Dave Dennis, plaqué ici par Will Skelton et George Kruis, avaient largement pris la mesure des Saracens (31-13) lors du match aller à Sandy Park fin décembre avant de chuter lourdement il y a un mois à Londres (38-7) Icon Sport - Icon Sport
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Premiership

Exeter - Saracens : le nouveau classique anglais

Exeter et les Saracens vont se retrouver pour la troisième fois en quatre ans. Les londoniens restent favoris, coupe d’europe oblige. Mais Exeter a terminé à la première place.

Pour la troisième fois en quatre ans, les provinciaux du Sud-Ouest vont se mesurer aux Londoniens. En fait, jamais une finale n’a été autant attendue. Cet Exeter - Saracens, on le voyait venir depuis septembre et nous n’avons pas été déçus. Les demi-finales ont confirmé tout ça, deux promenades de santé à plus de quarante points face à Northampton et Gloucester. Les deux équipes phares de la décennie 2010 ont tenu leur rang.

Exeter a commencé par huit succès consécutifs, les Saracens ont fait encore mieux avec neuf. En décembre, le trou était déjà fait avec la meute des poursuivants et les deux entraîneurs ont pu "gérer" la deuxième partie de saison sans migraines. Les deux équipes ont pu nourrir le XV de la Rose sans le payer trop cher, elles ont "prêté" chacune six joueurs au circuit international. Ce qui a différencié les deux formations, c’est l’Europe. Les Saracens ont assumé sans faiblir leur double objectif, empochant le trophée continental au prix d’un match de feu contre le Leinster qui a beaucoup impressionné l’opinion publique.

Dixième finale des Saracens depuis 2010

Exeter, lui, ne semble pas encore capable de lutter sur les deux tableaux (élimination sans gloire en poule). C’est ce qui explique que l’équipe du Devon a terminé à la première place avec une victoire et douze essais en plus. Mais les Saracens ont encaissé sept essais de moins. En fait, on aurait du mal à trouver une statistique qui sépare vraiment les deux équipes. On dit qu’en mêlée pure, Exeter est peut-être un poil plus fort avec ses quatre piliers internationaux (Williams, Moon, Hepburn, Francis). Mais vu de loin, les Sarries, à la poursuite d’un nouveau doublé (après celui de 2016), semblent mieux armés en joueurs d’exception. Quand on peut compter sur Maro Itoje, Billy Vunipola, Owen Farrell, Jamies George ou encore Liam Williams, on n’a jamais perdu d’avance.

Reste aussi le passé commun des deux équipes. La balance penche clairement du côté des Saracens. Les Londoniens ont battu les Chiefs deux fois sur deux en finale (2016 et 2018). Les hommes de McCall se sont taillé une réputation de "machine de guerre" qui fonctionne à plein régime lors des grands rendez-vous. Trois Champions Cup en quatre ans, ça vous pose une réputation. Depuis 2010, les Saracens ont joué dix finales majeures et en ont gagné sept. Cette équipe est aussi très jalousée en Angleterre car elle est suspectée de prendre des libertés avec le fameux plafond salarial. Le Daily Mail a sorti des révélations embarrassantes en mars et Nigel Wray, le propriétaire, a dû admettre qu’il payait bien certains joueurs sous forme de participations dans des sociétés immobilières : une façon de contourner les règlements. Ce n’est pas le seul, ça se fait aussi en France paraît-il, mais les Sarries se sont fait prendre et un peu partout en Angleterre, des sourires de plaisir ont salué l’événement.

Exeter a quand même des arguments à faire valoir avec son bon rouleau compresseur près des lignes, sa spécialité. Les confrontations ne prouvent pas grand-chose, comme souvent en pareil cas, celui qui recevait l’a emporté. Si on fait la somme des deux score (38-7 et 31-13), ce sont les Saracens qui sont devant, de peu, comme par hasard.

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