• Fédérale 3 - Bertrand Nicol, ici en t-shirt au centre de ses joueurs après la montée obtenue aux dépens de Villars-les-Dombes, reprendra du service et sera titulaire en huitième de finale contre Saint-Claude
    Fédérale 3 - Bertrand Nicol, ici en t-shirt au centre de ses joueurs après la montée obtenue aux dépens de Villars-les-Dombes, reprendra du service et sera titulaire en huitième de finale contre Saint-Claude Ivan Tessier - Ivan Tessier
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Fédérale 3

Courbevoie : le président titulaire en huitième de finale !

Confronté aux absences de ses deux deuxième ligne, l’entraîneur Dominique Rose alignera son président Bertrand Nicol dimanche en huitième de finale du championnat de France.

Bertrand Nicol pensait vraiment que c’était fini, qu’il avait disputé le dernier match de sa vie contre le Massif central, lors de la dernière journée de la phase préliminaire. Concurrencé en interne par la jeune garde montante, et poussé en vacances par sa famille qui le voit si peu, il s’était éclipsé au moment de la préparation des phases finales pour un congé définitif. à 46 ans, la messe était dite. Président élu depuis trois ans et tête pensante du renouveau de ce club des Hauts-de-Seine, ce coéquipier exemplaire participait tout de même aux entraînements depuis son retour. Mais il y a dix jours, le mardi soir qui précédait le match de la montée en Fédérale 2 remporté contre Villars-les-Dombles, il s’était infligé sa petite mort en remisant ses crampons au fond du sac. Figure de proue en tant que dirigeant, relégué en tribune en tant que deuxième ligne non sélectionné, il avait décidé de ne plus les remettre afin de privilégier son aura de grand responsable du projet.

Dix ans après la montée

Et puis voilà, dimanche dernier, à la 50e minute de ce match déjà gagné, puisque Courbevoie possédait une vingtaine de points d’avance qui lui ouvraient les portes de la montée, un plaquage en l’air du demi d’ouverture Victor Croze a déclenché une générale des familles. Le deuxième ligne Rodrigue Vasseur a été pris la main dans la gueule d’un adversaire. Il a été également mis dehors définitivement par l’arbitre. L’autre deuxième ligne Archibald Le Flanchec ayant été exclu dix minutes pour un plaquage haut. Lui qui se trouvait dans une période probatoire depuis un autre carton jaune reçu auparavant, il ne pourra pas postuler non plus pour le huitième de finale contre Saint-Claude. Et c’est ainsi que l’entraîneur Dominique Rose a ressorti de sa manche sa carte présidentielle.

Dimanche, Bertrand Nicol, qui sera l’un des plus vieux joueurs participant aux huitièmes de finales du championnat de France de Fédérale 3 - le plus vieux ? - sera le seul président crampons au pied. "La boucle est bouclée", s’amusait-il en début de semaine de cette ironie du sort qui lui est favorable, lui qui participait il y a dix ans à la première montée du club en Fédérale 2. Breton d’origine de Pont-Labbé, venu à Paris pour son activité professionnelle, sportif accompli ayant découvert le rugby sur le tard, en corpo, dans feu l’équipe Renault qui se disputait à l’époque le titre national entreprises avec les laboratoires Fabre de l’inusable José Diaz, Bertrand Nicol écrira dimanche, à son entrée sur la pelouse, l’une de ces belles histoires du bénévolat sublime et triomphant.

Depuis trois ans, avec son équipe de dirigeants, rénovant de leurs mains le club-house du stade Jean-Pierre-Rives, lançant des projet tous azimuts pour la formation et la culture de la jeunesse locale, sans oublier son plaisir personnel qui l’a conduit jusqu’à cet instant, il symbolisera une certaine idée du rugby, inaltérable dans la volonté de s’amuser toujours un peu plus loin. Et à bien y regarder, pour jouer contre les massifs Jurassiens, la présence miraculeuse de ce deuxième ligne à l’ancienne au ras des rucks, sera peut-être une plus-value.

Guillaume Cyprien
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