• Teddy Thomas (Racing 92) contre La Rochelle
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Racing, as-tu des tripes ?

Après sa sortie de route prématurée en Champions Cup, le Racing 92 a une saison à sauver. Actuellement rongé par le doute, en a-t-il vraiment les moyens ?

En début de semaine, lorsque l’on a soumis cette idée à Laurent Travers, ledit Toto n’a pas daigné faire de commentaire, se contentant de lever les yeux au ciel, visiblement exaspéré. Cet après-midi-là, on disait donc à l’entraîneur des avants franciliens que le Stade rochelais, passé sa défaite en finale de Challenge européen contre l’ASMCA, semblait à nos yeux un peu tendre pour s’imposer au Racing, qui plus est sur une rencontre de phase finale. Et quoi ? Le dernier match couperet disputé par les Rochelais, face à Clermont à Newcastle, avait laissé derrière lui une telle impression d’impuissance du côté des Charentes-Maritimes qu’à peine un mois plus tard, on était quelques-uns à avoir du mal à imaginer les Jaune et Noir s’imposer chez une équipe actuellement bouffie d’angoisses mais bel et bien rompue à ce genre d’exercice.

Cette analyse un rien facile n’ayant pas convaincu le nouveau directeur de rugby du Racing 92, on s’est donc tourné vers un observateur du club des Hauts-de-Seine, l’ancien arrière du Racing Club de France, éric Blanc : "Je ne suis absolument pas d’accord avec vous sur le Stade rochelais, a aussitôt riposté l’ailier des champions de France de 1990. Collectivement, La Rochelle est aujourd’hui clairement supérieure au Racing. Et puis, Uini Atonio est plus fit (affûté) que jamais, Dany Priso se déplace beaucoup, Pierre Bourgarit est un poison et franchement, cette troisième ligne rochelaise me plaît beaucoup : avec Kevin Gourdon, Wiaan Liebenberg et Gregory Alldritt, Jono Gibbes a mis sur pied un trident très efficace."

Où en est le Racing 92 ?

Concernant ce quart de finale, l’une des interrogations fondamentales peut s’incarner de la sorte : où en est le Racing ? Intouchable ou presque jusqu’à son quart de finale de Champions Cup, capable jusqu’à fin mars de s’imposer n’importe où dès lors qu’il en avait décidé, le club de Jacky Lorenzetti a depuis marqué le pas, mordant la poussière contre une pâle Section paloise, touchant le fond lors du derby francilien, ne devant finalement sa qualification qu’à des victoires bonifiées face à deux adversaires (Perpignan et Agen) totalement démobilisés. Éric Blanc poursuit : "Le Racing, c’est un grand point d’interrogation puisqu’on ne peut tirer le moindre enseignement de leurs deux dernières victoires. Personnellement, je crois juste que s’ils n’élèvent pas leur niveau de jeu, ils vont à la rencontre de gros soucis."

De fait, une sortie de route en quarts de finale, deux mois après l’accident industriel du 31 mars 2019, serait des plus malvenus pour un club enchaînant les demi-finales et les finales depuis quatre saisons. Blanc, encore : "Les leaders du Racing vont-ils enfin sortir de leur cure de sommeil ? Va-t-on enfin voir Maxime Machenaud, Finn Russell, Leone Nakarawa ou Wenceslas Lauret à leur niveau ? Pour moi, la victoire du Racing en quarts de finale ne peut passer que par le réveil de leurs individualités, tant le jeu de l’équipe s’est liquéfié ces dernières semaines." Si la mêlée francilienne, secouée face aux seconds couteaux agenais la semaine dernière, tient le choc contre le Stade rochelais, il est acquis que ce quart de finale se jouera sur la capacité des individualités ciel et blanches à évoluer à leur niveau de jeu véritable. "Il y a comme un problème mental au Racing, enchaîne Eric Blanc. Sans un grand Machenaud, cette équipe a du mal à avancer et en ce moment, celui-ci semble être en plein doute. Je crois qu’il ne se voit pas aller en Coupe du monde et ça le hante." Au sommet de son rugby avant sa lourde blessure au genou, le Girondin a du mal à retrouver de bonnes sensations depuis six mois, à tel point que l’écart le séparant aujourd’hui de sa doublure Teddy Iribaren s’est considérablement réduit.

Colombes, mon amour…

Reste, enfin, la problématique d’un retour à Colombes, pour les raisons que l’on connaît tous aujourd’hui. Les Racingmen, qui jouent depuis décembre 2017 tous leurs matchs à domicile sur le terrain synthétique de Nanterre, vont-ils avoir du mal à se réadapter aux conditions "naturelles" de Colombes ? À ce sujet, Laurent Labit est plutôt clair : "Vous remarquerez que cette année, l’Arena ne nous a pas vraiment réussis. Contrairement à ce que j’aurais pu penser, nos adversaires se sont vite adaptés au synthétique et nous y avons perdu cinq fois, cette saison. Alors qui sait ? Le retour à Colombes est peut-être une chance…" Eric Blanc, lui, conclut non sans humour : "Mylène Farmer est comme Kate Moss, éternelle. Les mecs qui disent que Jacky (Lorenzetti) n’a pas de cœur se trompent. Face à Mylène, il a dû fondre, tant pis pour le match de barrage…"

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