• Boris Palu est passé au travers mais sera un des hommes clés de l’avenir du club francilien.
    Boris Palu est passé au travers mais sera un des hommes clés de l’avenir du club francilien. Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

Bal tragique à Colombes

Le Racing 92 quitte le championnat par le petite porte. mais Comment, au juste, expliquer un tel échec ?

Finalement, et malgré ce qu’ils s’étaient échinés à répéter ces jours derniers, la défaite en quarts de finale de Champions Cup face à Toulouse n’a jamais été digérée par les Racingmen et, passée cet accident industriel sans précédent ou presque, les coéquipiers de Maxime Machenaud ont lentement glissé vers une autre sortie de route, se rassurant à peine contre une Usap mort-vivant ou les espoirs agenais… Cette saison sans finale ni titre est un échec majuscule à la lumière des espoirs nés d’un début d’exercice étincelant, à une époque où le talent de Russell et Zebo éclatait aux yeux du Top 14. La faute à qui ?

Travers et Labit, coupables d’avoir laissé Imhoff hors du groupe et Nakarawa sur le banc ? Ce serait trop facile. Dupichot défend mieux qu’Imhoff, c’est un fait. Et Nakarawa, transparent depuis des mois, ne méritait pas autre chose qu’une remise en question pure et simple après des sorties ratées à Pau ou face au Stade français. "J’ai aussi un groupe à gérer, expliquait Travers à ce sujet. Les concurrents de Leone avaient répondu présent quand l’équipe en avait besoin." Rarement, avant cette fin de saison bâclée, le duo Travers-Labit avait autant fait parler de lui. Il va de soi que ces dernières semaines, un ressort s’était cassé entre les deux compères et c’est Jacky Lorenzetti qui disait le mieux comme les histoires d’amour finissent mal : "Je ne suis pas leur témoin de mariage mais je suis leur chandelle. Je vis avec eux. On se voit tous les matins, nous prenons un café ensemble et ces dernières semaines, je n’avais pas besoin de scruter pour constater les regards qui se détournent, les yeux qui se fuient."

Au boulot, les bizuts !

à l’heure où le Racing panse ses plaies autour d’un barbecue (il est prévu mardi au Plessis-Robinson) et s’apprête à accueillir Mike Prendergast et Philippe Doussy à son chevet, on a trop tressé de louanges à Finn Russell, l’un des meilleurs animateurs du monde, pour lâchement le descendre aujourd’hui. En difficultés en quarts de finale de Coupe d’Europe, l’international écossais fut aussi invisible contre La Rochelle, renvoyant les supporters franciliens à cette interrogation fondamentale : aurait-on sorti Dan Carter au beau milieu d’un match de phase finale ?

Enfin, le dernier Racing - La Rochelle a démontré que la jeunesse francilienne, si impressionnante en début de saison, avait encore du pain sur la planche avant de pouvoir regarder dans le blanc des yeux les cadors européens. Boris Palu, qui fut selon nous la révélation de la saison, est passé au travers, se mettant à la faute et lâchant des ballons. Baptiste Chouzenoux, qui sera tôt ou tard international, a lui aussi semblé éteint en quarts de finale européen quand Louis Dupichot, Cedate Gomes Sa ou Guram Gogichashvili ont tous été dominés par leurs adversaires directs, à Colombes. En conclusion, le talent est là mais la route est longue. Passée cette saison ratée, l’équilibre semble-t-il préservé du Racing ne survivrait pourtant pas à une autre sortie de route. D’expérience, on sait bien que la patience de Lorenzetti n’est pas infinie…

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