• Henry Slade (Exeter) contre les Saracens en finale de Premiership
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International

Exeter : les yeux pour pleurer

Cinq essais marqués, onze points d’avance, et toujours la même rengaine. Quelle désolation !

Il était difficile de ne pas compatir aux visages las de Rob Baxter et de son capitaine Jack Yeandle. Pour la troisième fois depuis 2016, Exeter a perdu une finale face aux Saracens. Celle de 2019 restera très cruelle car les Chiefs ont marqué cinq essais à la défense, soi-disant redoutable, des champions d’Europe. Ils ont franchi la ligne d’entrée de jeu sur le coup d’envoi cafouillé par Kruis. Ils ont même compté onze points d’avance après l’essai de Slade. Et ils n’ont fini qu’à trois points, après un ultime maul victorieux. Heureusement que Exeter a été champion en 2017 (mais face aux Wasps), sinon la vie ne serait que frustration dans le Devon.

Nous n’avons pas reconnu l’équipe qui avait été critiquée par son adversaire de la demi-finale, Northampton, pour avoir proposé un jeu soi-disant "ennuyeux" basé sur un excès de ballons portés près des lignes. Visiblement, Baxter a plus d’une corde à son arc parce que les Chiefs ont exposé un rugby très offensif, avec des trois-quarts qui ont trouvé des espaces, plutôt en finesse, là où les Saracens aiment progresser à l’impact quitte à utiliser du jeu à une passe. Jack Nowell et Henry Slade ont réussi des performances de haut niveau. "En effet, ils ont été très forts mais Ollie Devoto a sorti un gros match lui aussi. Quant à Joe Simmonds, il a été plus à son aise qu’il ne l’avait été l’an passé. Mais tout ça n’a pas suffi contre la machine infernale. Nous avons quand même fait un pas en avant depuis la finale de l’an dernier, non ?", voulait se rassurer le coach d’Exeter. "Et c’est à moi de convaincre les gars que si nous finissons si près des champions d’Europe, après les avoir fait vraiment douter, alors nous aurons encore notre chance la saison prochaine. On me demande parfois ce qu’il faut faire pour battre les Saracens. à mon avis, nous avons donné la réponse pendant une heure."

Un banc moins fort

Exeter a fini la première période avec 67 % de possession de balles, un brio offensif incontestable et, à notre avis, une décision arbitrale sévère. Que se serait-il passé si M. Barnes n’avait pas donné très tôt ce carton jaune à Henry Slade pour un prétendu en-avant volontaire ? On aime à penser que les Chiefs auraient pris encore plus le large. On pourra aussi reprocher à Joe Simmonds d’avoir manqué trop facilement Liam Williams sur une passe au pied de Farrell (grand classique) alors que les Saracens semblaient au fond du seau. Si l’on prend deux pas de recul, les Chiefs n’ont souffert que d’un truc, à savoir la profondeur de leur effectif. Ils ont été assommé par les grosses pointures adverses, les quatre étoiles que les Saracens sortent comme des lapins d’un chapeau de magicien. La différence s’est faite là.

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