• Les Grenoblois de Gaëtan Germain n’ont jamais su trouver la faille dans la défense briviste.
    Les Grenoblois de Gaëtan Germain n’ont jamais su trouver la faille dans la défense briviste. Patrick Derewiany / Midi Olympique -
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Pro D2

Un treize qui porte malheur

Treizièmes du Top 14, les Grenoblois ont cru se sauver en menant 13 à 0 en milieu de première période avant que l’essai de Gaëtan Germain ne soit refusé. Le tournant du match pour les Isérois.

Ils ont certainement dit au revoir au Top 14 en deux minutes. Deux petites minutes au bout d’une longue, trop longue saison. Après une entame de match parfaitement maîtrisée, alors que les Brivistes multipliaient les approximations, Gaëtan Germain avait déjà réussi deux coups de pied de pénalités quand il prenait un ballon à hauteur après une magnifique séquence et filait entre les poteaux. C’était sans compter sur les ralentis de l’arbitrage vidéo qui révélait un en-avant de Lilian Saseras. Deux minutes plus tard, le FCG était mené 7 à 6. Scénario cruel au bout d’une année où les rebonds et les faits de jeu ont trop souvent été diaboliques.

"C’est le tournant du match, reconnaissait Stéphane Glas. Face à une équipe qui avait pris un coup au moral la semaine dernière en perdant sa finale, je ne suis pas certain qu’elle aurait eu les capacités de revenir à 13 à 0. On peut avoir des regrets sur ce petit en-avant. On était bien rentrés dans la partie. Nous aurions été dans une autre dynamique. Je ne suis pas sûr que les Brivistes auraient pu s’en remettre. D’autant plus que cela aurait aussi éteint un peu les supporters. Deux minutes après, nous sommes menés, on devient fébriles et on sent que tout doucement ce match commence à basculer. Il fallait faire un meilleur match que ça et nous n’avons pas été à notre meilleur niveau." Et comme trop souvent cette saison, les Grenoblois sont allés dans l’en-but adverse tout en repartant bredouilles. Une main briviste sauvant la patrie ou un nouvel arbitrage vidéo défavorable en seconde période laissaient effectivement penser que ce n’était pas le jour des hommes de Dewald Senekal, qui analysait : "Quand Brive commence à garder le ballon et à gagner la ligne d’avantage, c’est une équipe très difficile à arrêter. C’est sa marque de fabrique. Nous avons une action très importante en seconde période sur un ballon porté avec un nouvel essai refusé. Nous avions travaillé les ballons portés pendant trois semaines. On arrive à le faire et nous ne sommes pas récompensés. Une fois de plus, nous n’avons pas su tuer le match alors que nous avons eu des balles pour le faire." L’efficacité de leurs adversaires avait de quoi les écœurer. Une part de réussite qui a la sale habitude de fuir les équipes en souffrance. Le FCG n’avait plus gagné depuis le 13 avril, signant ce jour-là face à Toulon sa cinquième et dernière victoire en Top 14, avant d’enchaîner quatre défaites de rang pour se présenter finalement en Corrèze. Le constat était forcément amer pour le troisième ligne Loïc Godener : "Il nous a manqué de la conservation. Nous avons fait tomber trop de ballons, commis trop de fautes de mains et trop de fautes bêtes. Nous avons aussi eu du mal en mêlée. Après, les Brivistes ont gagné à la régulière."

Se préparer et reconstruire au plus vite

Au moment de quitter le stade Amédée-Domenech de Brive et de retrouver le Pro D2, les Grenoblois étaient forcément abattus, fatigués aussi après une année à courir après le score et un rêve de maintien, tout en étant conscient d’avoir eu un en-avant goût de ce qui les attend dans quelques mois à l’étage inférieur. Une descente qu’ils vont devoir préparer au plus vite. "On va y penser ce soir et demain, forcément, car ça ne sera pas le même effectif, soufflait Stéphane Glas, Des joueurs ont des clauses et certains voudront partir. Il va falloir alléger la masse salariale des joueurs. Ce n’est plus le même niveau et donc plus les mêmes moyens." Son acolyte Dewald Senekal tentait de dédramatiser : "On va voir quels moyens on va avoir pour reconstruire cette équipe. J’espère que nous pourrons garder des éléments. On a de bons rugbymen, qui ont progressé tout au long de la saison et je leur ai dit qu’ils ne sont pas de moins bons rugbymen parce qu’ils ont perdu ce match. Il faut construire aussi sur cette défaite. Perdre aujourd’hui sans que cela nous serve pour les prochaines années serait un énorme gâchis. Si cela nous sert à ne pas reproduire les mêmes erreurs, certaines que l’on aurait pu éviter cette année, cette saison n’aura pas été vaine sur le long terme, même si je sais que c’est dur de penser sur le long terme dans ces moments-là." C’est effectivement difficilement audible, au milieu des regrets et de la tristesse. L’heure n’est pas vraiment à la philosophie même si Stéphane Glas s’y essayait : "Bien sûr, il y a plus grave dans la vie mais pour le club, les entraîneurs, les joueurs c’est embêtant. Quand on est un club comme Grenoble, on peut naviguer entre Pro D2 et Top 14 mais c’est mieux de rester en Top 14 le plus longtemps possible." Raté.

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