• Rouen a réussi à renverser la tendance pour s’imposer dans les derniers instants et remporter le titre de champion de France. Photo Jean-Daniel Desplanches
    Rouen a réussi à renverser la tendance pour s’imposer dans les derniers instants et remporter le titre de champion de France. Photo Jean-Daniel Desplanches Jean-Daniel Desplanches / Jean-Daniel Desplanches
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Fédérale 1

Rouen, champion à l’arraché

Bousculés dans le premier acte, les Normands ont renversé le cours du match pour s’offrir le titre.

Les remontées fantastiques sont à la mode. Et Rouen est en vogue puisque le club normand réussit à remporter une finale sans avoir mené au score du match si ce n’est au coup de sifflet final face à Valence-Romans (25-30). Les Normands ont diablement souffert face aux Drômois. D’abord dominés dans le jeu au sol et sur toutes les phases de combat, les joueurs de Rouen semblent avoir mal digéré les festivités de la montée ou les difficiles joutes face à Dax et Albi aux tours précédents. "C’est à l’image de notre saison, sourit le deuxième ligne Jonathan Giraud. Nous sommes capables du meilleur comme du pire. En une période, nous avons fait le pire du pire. Nous ne nous sommes pas respectés…" À la mi-temps, les Rouennais se regardent droit dans les yeux. Ont-ils le droit de laisser filer ce titre aussi facilement ? "Nous sommes ressortis déterminés, reprend Jo Giraud. Nous savions qu’il fallait jouer au ballon car ils flanchaient physiquement. Nous n’avions pas pu le faire contre Albi car ils étaient très agressifs défensivement." L’entraîneur Richard Hill confie : "À la mi-temps, tout le monde avait la tête baissée mais heureusement, les joueurs se sont ensuite réveillés. La préparation physique et le banc ont fait la différence, comme notre profondeur de groupe. Et puis les joueurs ont montré du caractère, la volonté de ne jamais perdre." Ses joueurs signent alors un 3-21, avec trois essais dont un dernier inscrit à la 85e minute.

"Nous avons fait une remontada énorme, apprécie Jonathan Giraud. Et à la fin c’est "Coco" (Corentin Brutus, N.D.L.R.) qui marque, un mec qui ne sera plus là la saison prochaine, tout un symbole. Même si nos matchs de phases finales ne sont pas très jolis, c’est comme cela". Le président Jean-Louis Louvel apprécie le caractère de son équipe. "J’adore mes joueurs car jusqu’à la dernière minute, ils ne lâchent rien, clame le dirigeant. Le contrat moral avait déjà été respecté avec l’accession. Mais c’est important de montrer que notre place en Pro D2 est méritée et de ramener le bouclier dans les terres du nord".

Cap sur le Pro D2 !

Le bouclier, les Rouennais auront peu le temps d’en profiter. "La saison prochaine, nous allons arriver sur la pointe des pieds", lance Jonathan Giraud. Très vite, il faudra très vite enfiler le bleu de chauffe. D’ailleurs, l’entraîneur Richard Hill prévient : "En Pro D2, nous ne pourrons pas commencer les matchs comme cela, il faudra débuter beaucoup plus fort." Le club normand veut s’appuyer sur son engouement populaire. "Cette équipe va pouvoir compter sur le public qui commence à la suivre, assure l’ailier Gabin Villière. Le club ressemble à celui de Vannes. Je suis sûr qu’ils y arriveront". "Nous avons réussi à gagner le cœur des Normands en jouant jusqu’au bout en finale face à Bourg l’année dernière alors que le match était déjà perdu, fait écho le président Jean-Louis Louvel. À l’époque, nous n’étions pas prêts. Honnêtement, c’était un mal pour un bien. Cette fois-ci, le club et l’équipe sont renforcés." Rouen vient de gravir deux marches quasiment coup sur coup et il faudra se mettre au niveau rapidement. "Notre ambition sera de faire honneur à notre accession, reprend le dirigeant normand. Éviter d’être trop en bas de tableau pour ne pas se mettre la pression de la relégation. Et être patients en début de saison le temps que l’équipe se forge. Il faudra faire confiance à Richard Hill." Et ne pas trop mal démarrer la saison. Car en Pro D2, les remontées au classement sont difficiles.

Julien Veyre
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