• Les jeunes Columérins n’ont rien lâché dans cette rencontre particulièrement relevée, face à des Agenais très accrocheurs. Les Haut-Garonnais remportent le titre de champions de France Crabos
    Les jeunes Columérins n’ont rien lâché dans cette rencontre particulièrement relevée, face à des Agenais très accrocheurs. Les Haut-Garonnais remportent le titre de champions de France Crabos Virginie Deprince / Virginie Deprince
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Crabos : Colomiers à la folie

Au terme d’une véritable orgie de jeu, l’USC s’adjuge le titre de champion de france aux dépens d’Agen. Les Columérins n’ont jamais douté et terminent cette fabuleuse saison sur une 18e victoire en autant de rencontres.

Sous un soleil de plomb, les chants incessants des fidèles descendant des travées de Gaston-Vivas, l’incandescence et la tension palpable à quelques minutes du coup d’envoi, tous les facteurs étaient réunis pour vivre l’épilogue d’une aventure longue de huit mois, débuté un après-midi d’octobre 2018 pour ces deux équipes qui arboraient chacune leur parure bleue et blanche pour l’occasion. Que le chemin fut long avant d’espérer pouvoir toucher du bout du doigt, un bout de bois aux airs de huitième merveille du monde le temps d’un instant. Une fraction de seconde où tout un club bascule dans l’ivresse la plus totale pour célébrer sa jeune garde, l’avenir tout simplement.

De bout en bout

Favoris au coup d’envoi, les Columérins ont attaqué la rencontre tambour battant grâce à un essai de Labro (6e). Pris dans le défi physique d’abord, puis dans la vitesse d’exécution, les Agenais paraissaient bien fébriles durant les vingt premières minutes face à l’enthousiasme haut-garonnais. Dans le sillage de son numéro 8 Moro, auteur d’une partie titanesque, l’USC maîtrisait son sujet à la perfection. C’était sans compter sur la vaillance et l’abnégation du SUA. Grâce à plusieurs ballons portés dévastateurs, ces derniers sont parvenus à remettre la main sur le ballon et franchir la ligne par son ouvreur Boulaghrifa (29e). Un espoir de courte durée pour le Lot-et-Garonnais. Dès le retour des vestiaires et après une chevauchée de quarante mètres, l’arrière Labro venait planter son deuxième essai personnel. À cet instant, Colomiers prenait un énorme ascendant sur son adversaire. La suite du match offrait un véritable feu d’artifice au public venu en nombre ce dimanche après-midi avec notamment le triplé de l’arrière Labro sur un contre assassin de 90 mètres ainsi que deux essais de Pied et de Niero pour Agen. Les protégés de Christophe Daste ont commis beaucoup trop de petites fautes, qui, mises bout à bout, ne leur ont pas permis de se montrer dangereux dans les moments décisifs et de faire douter une formation columérine sûre de sa force.

Le mouvement, l'ADN du club

Cette volonté de se déplacer, faire vivre le cuir et remonter les ballons à la main reste une véritable religion au sein de la maison USC. Philippe Filiatre, l’entraîneur de Colomiers, souhaitait transmettre cet héritage à ses jeunes, il est apparu très fier à l’issue de la rencontre : "Ce jeu, c’est notre ADN. Sortir de son camp c’est bien, mais si c’est pour mettre du pied et jouer petit bras c’est non. Les joueurs ont de la liberté, c’est ce qu’on travaille tous les jours à l’entraînement, je suis très heureux que ça paye sur cette finale."

Malgré une farouche opposition avec notamment une paire Boulaghrifa-Garrigues pétrie de qualité côté SUA, les joueurs du président Alain Carré ont confirmé tous les espoirs placés en eux et n’ont jamais tremblé dans une finale à l’image de leur saison, incroyable. L’homme fort de l’US Colomiers était ému : "Je suis très heureux pour ces jeunes qui restent dans l’anonymat toute l’année et qui se battent. Je suis heureux car c’est la relève pour Colomiers, c’est là-dedans qu’il faut que j’aille piocher. On a vu de belles choses, c’est fabuleux ce qu’ils ont fait. Ils sont invaincus toute la saison, c’est beau." Cette saison, la Colombe n’aura pas connu le goût de la défaite, en partie grâce à un collectif qui n’a pas renié ses valeurs et qui a su préserver son identité. "Dans une équipe de rugby il n’y a pas de passagers, il n’y a qu’un équipage", disait l’illustre Pierre Villepreux, cette saison, l’équipage columérin n’aura jamais tangué.

Thomas Saint-Antonin
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