• Pour Dany Priso, ce sont des petits trucs qui font la différence en phase finale et qui faisaient défaut jusque-là aux Rochelais. Photo Icon Sport
    Pour Dany Priso, ce sont des petits trucs qui font la différence en phase finale et qui faisaient défaut jusque-là aux Rochelais. Photo Icon Sport
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Top 14

Les Jaune et Noir voulaient voir Bordeaux

Portés par leur enthousiasme, les Jaune et Noir disputent ce week-end contre Toulouse la seconde demi-finale de Top 14 de leur histoire. Et s’ils allaient plus loin…

Chanteront-ils dans le car les menant à Bordeaux ? Si les Rochelais cherchent une mélodie à leur épopée du moment, on pourrait leur suggérer Vesoul de Jacques Brel. Ils voulaient en effet voir Bordeaux, ils verront Bordeaux. Cette chanson peut coller aux phases finales voyageuses de Top 14 ainsi qu’au plaisir entraînant des Charentais-Maritimes.

À leur bonheur même de se retrouver là, deux ans après leur première à ce niveau face à Toulon à Marseille, où ils avaient été crucifiés par un drop d’Anthony Belleau (18-15). Le contexte qui les a conduits en demi-finale est, on le sait, complètement différent qu’en 2017 (premier de la phase régulière). Cette saison, les Rochelais étaient en dehors du Top 6 à la veille de la dernière journée, avant de finir cinquièmes de la phase régulière et d’aller cueillir le Racing 92 à Colombes en fin de semaine dernière en barrage (13-19).

Anthony Belleau marque le drop de la gagne contre La Rochelle
Anthony Belleau marque le drop de la gagne contre La Rochelle - Icon Sport

Il y a quelques mois, on ne les voyait pas forcément en haut de l’affiche, dans le top 6. Les raisons ? Le départ du manager Patrice Collazo à la fin de la saison précédente, l’arrivée de Jono Gibbes en novembre, un début de saison balbutiant, à l’extérieur notamment.

Les cinq défaites consécutives, dont deux à domicile, de mi-février à début avril, donnaient de l’eau au moulin des récalcitrants qui voyaient les Jaune et Noir s’arrêter comme la saison dernière à la fin de la saison régulière. En gagnant à Perpignan avec le bonus (29-49) puis contre Toulon à Deflandre (30-21) dans un match tendu et riche en émotions pour les retrouvailles avec Patrice Collazo, les Jaune et Noir ont repris place parmi les qualifiés.

Les hommes de Jono Gibbes ont vaincu les épreuves, pas perturbés plus que ça par le départ à Montpellier du coach des arrières depuis cinq ans, Xavier Garbajosa. «Des joueurs, des entraîneurs s’en vont et arrivent, ça fait partie de la vie d’un sportif ou d’un entraîneur. Si ces choses te perturbent, c’est que tu es naïf» soulignait l’ailier Marc Andreu, à la veille du match au Racing 92. Affaire classée.

Marc Andreu et ses coéquipiers rochelais
Marc Andreu et ses coéquipiers rochelais - Icon Sport

Avec cette demi-finale à Bordeaux contre Toulouse, les Rochelais retrouvent à la fois la ville où ils sont montés en Top 14, il y a cinq ans, et le leader de la phase régulière, auteur d’une saison à records. Ils ne pouvaient rêver de meilleurs symboles, à seulement deux heures de route de chez eux où 5 000 de leurs supporters sont attendus. «On va essayer d’aller le plus loin possible, surtout avec les demi-finales qui se disputeront à Bordeaux», glissait, il y a une quinzaine de jours, Jérémy Sinzelle.

Bordeaux, ville symbole

Oui, ils voulaient voir Bordeaux et ils verront Bordeaux. Sans que ce ne soit un aboutissement. «Cela fait trois ans qu’on joue le haut de tableau mais qu’on ne se paie pas forcément. Au fur et à mesure des années, on apprend mais sur la fin, il nous manque des petits trucs que d’autres équipes ont», explique le pilier Dany Priso. Parmi ces petits trucs, il y a le vécu des matchs décisifs, vital en phase finale.

La Challenge Cup contre Clermont (36-16) a montré le chemin restant à parcourir. Autre question : les Rochelais auront-ils totalement récupéré de leur barrage à Colombes ? Même s’il y a eu des rotations, certains ont énormément joué cette saison. Tel le capitaine Romain Sazy qui dispute la saison la plus dense de sa carrière en nombre de matchs (trente-trois avant ce week-end). Serait-ce lui qui lancera le refrain «On voulait voir Saint-Denis, on verra Saint-Denis?» Il y a deux ans, les Rochelais avaient failli voir le Stade de France.

Midi Olympique
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