• Will Skelton (Saracens) ne pourra pas jouer la Coupe du monde
    Will Skelton (Saracens) ne pourra pas jouer la Coupe du monde Icon Sport -
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Coupe du Monde

La loi reste la loi même pour Skelton

Will Skelton ne devrait pas participer à la Coupe du monde, même après sa saison magnifique avec les saracens. La fédération australienne ne veut pas revenir sur ses principes.

Le cas de Will Skelton, deuxième ligne australien des Saracens, illustre toutes les ambiguïtés de la situation des joueurs exilés. Il sort d’une saison extraordinaire, c’est évident. Mais pourra-t-il jouer la Coupe du monde ? La réponse est non ! Il va se retrouver dans une impasse car la fédération australienne a décrété en 2015 que les joueurs exilés ne pouvaient jouer avec les Wallabies que s’ils avaient dépassé le cap des soixante sélections (la loi Giteau). Et Will Skelton en est très loin, il ne compte que dix-huit capes depuis 2014.

Fin 2016, il avait été oublié par Michael Cheika pour la tournée en Europe, le coach en avait marre de le voir en surpoids. Il flirtait allègrement avec les 148 kilos à l’époque. Ce non-choix avait forcément précipité son arrivée en Angleterre à l’été 2017. Il faut reconnaître que les Saracens sont une équipe à part, car en dix-huit mois, ils ont réussi l’exploit de faire maigrir le colosse de 25 kilos pour en faire une vraie "machine de guerre". Il a "poussé" Maro Itoje en troisième ligne et ses performances ont été tellement impressionnantes que Michael Cheika est revenu vers lui. Il a profité d’un séjour en Europe pour voir le joueur à deux reprises. Une rumeur a bruissé rapidement : la fédération australienne aurait pensé à faire une exception à la loi Giteau, en faisant à Skelton un contrat sur mesure, l’obligeant à jouer jusqu’en 2022 pour les Wallabies tout en restant aux Saracens.

Mais Raelene Castle, patronne de Rugby Australia a été claire : "Il n’y aura pas de passe-droit pour Will Skelton. Cette règle nous a demandé suffisamment d’efforts…"

La seule solution aurait été de faire signer au joueur un contrat avec Rugby Australia ou directement avec une franchise pour l’après Coupe du monde. C’est ce qu’a fait Nic White, le demi de mêlée d’Exeter qui a compris qu’il avait une chance de faire le Mondial. Il reviendra au pays en 2020. Skelton ne semble pas vouloir en faire autant, le salaire des Saracens doit avoir quelque chose de dissuasif. La prolongation de son contrat avec le club n’a pas été officialisée, mais elle ne faisait guère de doute ces derniers jours. Le manager Mark McCall a essayé de soutenir son joueur avec des propos finalement assez vagues. "Il m’en a parlé. Nous n’avons pas eu de contact avec l’Australie. Mais nous souhaitons que nos joueurs puissent participer au Mondial…" Les Saracens ne seraient pas contre le fait de libérer leur joueur. Mais visiblement Rugby Australia campe sur ses principes. Les enjeux dépassent le cas d’un simple individu aussi fort soit-il, même une victoire en Coupe du monde peut y être sacrifiée.

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