• Le troisième ligne sud-africain a réusi son passage chez les Maritimes avec panache et toujours autant de combativité. Photo MO - DP
    Le troisième ligne sud-africain a réusi son passage chez les Maritimes avec panache et toujours autant de combativité. Photo MO - DP
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Liebenberg : Monsieur plus

Parti du MHR le 30 novembre, le Sud-Africain débarquait le même jour à La Rochelle comme joker médical. Trois mois après, il signait un contrat de trois ans. Une réussite fulgurante qui ne surprend pas les Héraultais.

Si Wiaan Liebenberg avait été Jiff, il n’aurait peut-être jamais porté le maillot rochelais. Car c’est ce statut «mortel» à son poste à Montpellier, qui l’a obligé a quitté son club de cœur. Vern Cotter explique : «Ça a été une décision très difficile. Son départ n’est dû qu’à l’équilibre de l’équipe au niveau des nombres de Jiff. On avait une deuxième ligne non-Jiff, Jacques (Du Plessis, N.D.L.R.) jouait un peu en pilier… Il fallait donc que nos Jiff soient en troisième ligne (Ouedraogo, Galletier, Camara, Picamoles). Nous avions aussi pas mal de jeunes joueurs français talentueux qu’on devait former ainsi qu’un joueur dans son profil de plaqueur-gratteur (Bardy). On ne pouvait donc pas lui assurer du temps de jeu (neuf matchs avec le MHR cette saison).»

Liebenberg sous le maillot montpelliérain
Liebenberg sous le maillot montpelliérain - Icon Sport

D’un commun accord, l’intéressé et le club décident de modifier avant le début de saison, le contrat qui les lie. Engagé jusqu’en juin 2019, le Sud-Africain signe un bail d’une durée de trois mois comme joueur additionnel. Après avoir fini le précédent exercice en prêt à Béziers (deux matchs). «Il a débuté la saison comme capitaine avec nous. On regrette l’homme et le joueur», poursuit le manager.

Coéquipier modèle

Après deux dernières saisons délicates, perturbées par des blessures, Liebenberg ne parviendra donc pas à se relancer dans le club qui l’a révélé à 23 ans. Il quitte l’Hérault le 30 novembre (55 rencontres et 39 titularisations et trois essais), le cœur lourd selon son ami Paul Willemse : «Ça a été un moment difficile à vivre pour lui. Surtout qu’il venait juste de se marier et que sa femme ne pouvait pas le suivre les trois premiers mois, car elle n’avait pas terminé ses études. Les premiers temps étaient compliqués pour lui là-bas. Mais je suis certain que personne n’a su chez les Rochelais qu’il vivait une période délicate. Car lorsque Wiaan arrive au stade il se donne à 100 % pour l’équipe et son intégration.»

Liebenberg, ballon sous le bras à Marcel-Deflandre
Liebenberg, ballon sous le bras à Marcel-Deflandre - Icon Sport

Arrivé comme joker médical de Lopeti Timani, le flanker dispute sa première rencontre en Jaune et Noir une vingtaine de jours plus tard à Pau. Dès lors, il ne quittera presque plus le XV de départ maritime. Et signe un contrat de trois années à la mi-mars. Une ascension et une intégration fulgurantes (20 matchs, 18 titularisations et cinq essais), qui ne surprennent pas son ex-coéquipier : «Nous avons été champions du monde moins de 20 ans ensemble (en 2012, N.D.L.R.) et colocataire. C’était mon capitaine. Je le considère comme mon frère et je ne suis pas du tout surpris par son intégration rapide. Car je n’ai jamais vu un étranger faire autant d’efforts pour s’intégrer à la culture et maîtriser le français. C’est un mec bien, humble, avec qui tu peux parler facilement et qui discute avec tout le monde. Il donne tout à l’équipe et c’est un leader exemplaire facile à suivre.»

Combattant infatigable

Sur le pré, Liebenberg est un élément précieux qui se complaît dans l’ombre. Cotter explique : «Wiaan est très généreux, honnête dans tout ce qu’il fait. C’est surtout un gros bosseur. Il est dur au mal et a encore terminé le match face au Racing le visage recouvert de sang. C’est un flanker qui travaille énormément sur le terrain et multiplie les tâches en défense. En étant aussi pénible dans les rucks. Il a l’air de s’épanouir et c’est tant mieux pour lui.»

Percée du Rochelais face à Clermont
Percée du Rochelais face à Clermont - Icon Sport

Désormais comblé à La Rochelle, le «pitbull», étincelant face au Racing en barrage, a retrouvé cette saison son niveau de 2015 (27 matchs joués l’année de son arrivée). «Il avait un gros abattage, arrivait souvent premier dans les zones de rucks, mais il devait durcir son jeu pour être décisif. Désormais, je le trouve plus costaud et plus rapidement en place. Un joueur comme lui doit être capable «d’arrêter» le match sur turnover ou d’accélérer le jeu. Là, il analyse aussi mieux les situations et est plus précis.»

Une mission prioritaire à accomplir samedi pour Wiaan Liebenberg, dans l’espoir de contrer les fulgurances offensives toulousaines selon le technicien héraultais : «Il sera très précieux sur l’occupation de l’espace en défense et les soutiens proches quand La Rochelle aura le ballon. Avec son jeu, il amène beaucoup d’intensité. Les Rochelais devront être très constants dans l’effort, car dès que Toulouse sans une équipe faiblir ou un joueur mal placé, ils ont cet instinct d’attaquer le maillon faible. Ce sera à Wiaan de leur mettre la pression pour leur enlever des options.»

Midi Olympique
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